Kung Fu Hustle

Un apprenti gangster, dont la nullité n’a d’égal que son immense talent pour se mettre dans les situations les plus affreuses, découvre au contact de maîtres d’arts martiaux tous plus loufoques les uns que les autres, le vrai potentiel qui est en lui. C’est derrière ce pitch version express que se cache le nouveau film de Stephen Chow : Kung Fu Hustle.

Inutile d’y aller par 4 chemins. Nous sommes face à ce que l’on peut clairement nommer un pure moment de folie hautement contagieuse. Mais le plus incroyable est que derrière cette apparente folie se cache une deuxième couche de lecture, sorte de réflexion sur l’art magnifique du Kung Fu et de ses racines dans la culture chinoise. Mais pour être honnête je ne vais pas m’appesantir sur le côté intelligent du film, mais plutôt sur l’incroyable croisement entre Dragon Ball, Matrix et Tex Avery que représente la dernière prod de Mister Chow.

Shaolin Soccer n’était clairement qu’un galop d’essai (oui je sais je vais en faire hurler...) comparé au spectacle que nous offre Kung Fu Hustle. Dés le début du film, tout est fait pour que le spectateur soit sur un petit nuage. Non content d’avoir désormais les moyens de ses énormes ambitions, Chow nous offre un film réalisé de main de maître, à la mécanique et au casting si impeccables que la première vision de ce film ressemble à s’y méprendre à un dépucelage en règle.

Une partie du casting de Shaolin Soccer refait son apparition dans ce nouveau film, mais le point du casting le plus jouissif reste sans aucun doute le personnage de The Beast (Leung Siu-Lung), un tueur psychotique et hautement malade. Depuis qu’il est devenu tueur numéro 1 dans le monde de la pègre chinoise, la découverte d’adversaires à sa hauteur est désormais sa seule quête. Une quête qui va prendre un nouveau sens, lorsque le chef du gang des hachettes, après s’être fait humilier par les maîtres Kung Fu, vient le chercher pour en finir avec ces gêneurs. Et c’est clairement à partir de son entrée en jeu que le film prend sa pleine puissance. Sa folie n’a d’égal que son talent dans le kung fu. Le fait de voir son attaque spéciale basée sur la technique du crapaud vaut son pesant de cacahuètes.

Mais qu’en est il du cœur du film à savoir les chorégraphies ? La réponse tient en un seul nom : Yuen Woo-Ping. La finesse de son esprit de chorégraphe, associée au timing comique de Chow, tape dans le mille. Certaines séquences entrent directement au top 5 des plus gros délires du ciné asiatique. On y dénombre : la 1ère mise à l’épreuve des maîtres Kung Fu (pour faire simple une baston dantesque à 3 contre 100... oui exact, 3 contre 100), vient ensuite la plus dingue de toutes pour moi, le combat contre les tueurs à la guitare magique (je n’en dirais pas plus sous peine de gâcher une des meilleures séquences), et la plus barrée de toutes reste quand même le finish entre The Beast et Bruce Lee... euh non je voulais dire Stephen Chow. Quoi que dans mon esprit, après avoir vu la filmo du monsieur le doute persiste... ne serait-il pas le descendant du petit dragon ?

Une chose est certaine : ce film est une déclaration d’amour au Kung Fu et à Tex Avery. Au travers de ces 2 heures incroyables, Chow nous montre les multiples facettes de son talent. Aussi bien dans la sensiblerie - pour l’histoire d’amour entre lui et la vendeuse de bonbons (certes c’est très court, mais ô combien efficace !) - ou au travers d’une course poursuite anthologique, sorte de version live d’un épisode de Bib Bip et Wile Coyote. Putain Stephen, grâce à toi j’ai découvert la beauté intérieure du Kung Fu et la force de la main de Bouddha (après avoir vu le film votre mantra sera le suivant : DON’T FUCK WITH BUDDHA HE WILL BITCHSLAP YOUR ASS !!!!). Allez je me rase le crâne, j’enfile un kimono et je rejoins ton dojo mec.

Maître, j’arrive !!!

Kung Fu Hustle sortira en salles aux USA en mars, et en France le 8 juin prochain. Un DVD HK est attendu pour le 31 janvier.

aka Gong Fu | Hong Kong | 2004 | Un film de Stephen Chow Sing-Chi | Avec Stephen Chow Sing-Chi, Lam Tze-Chung, Yuen Qiu, Yuen Wah, Huang Sheng-Yi, Danny Chan Kwok-Kwan, Tin Kai-Man, Feng Xiaogang, Dong Zhi-Hua, Hsiao Liang, Chiu Chi-Ling, Leung Siu-Lung, Xing Yu, Lam Suet, Yuen Cheung-Yan
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