Kureyon Shinchan - Hendârando no Daibôken

L’avenir de l’humanité entre les mains d’un obsédé sexuel de cinq ans ?! Hé hé hé...

Hender Land, un nouveau parc d’attraction, vient d’ouvrir ses portes. Tous les enfants en sont fous et rêvent d’y aller... évidemment, Shinnosuke le premier ! Une fois à l’école, lui et sa classe ont droit à une ultime surprise préparée par leurs instits : ils vont faire une sortie à Hender Land. Bourré de manèges, jeux et spectacles plus fous les uns que les autres, c’est le paradis de tous les enfants. Alors que Shinnosuke flâne seul au milieu du parc, il découvre qu’il est en fait dans la base secrète d’étranges extra-terrestres qui veulent envahir la planète...

...Shinchan, plus qu’un sobriquet, une institution ! Le sale gosse le plus génial du Japon, héros d’un manga, d’une série télé (473 épisodes à ce jour), de multiples jeux videos, de onze long-métrages et d’un nombre incalculable de produits dérivés... devant la prestance et l’importance historique d’un tel personnage, un petit rappel des faits me semble nécessaire...

Shinchan et moi (ou comment passer pour un étrange français qui voue un culte aux aventures d’un petit garçon de cinq ans, obsédé sexuel notoire dont le passe temps préféré est de dessiner des oreilles d’éléphant autour de son zizi tout en remuant ses fesses au nez des gens !)...

...et c’est donc en 1992 que le jeune Shinnosuke Nohara voit le jour, sous forme d’un manga (dans l’hebdomadaire Action Magazine), puis d’une série télé quasiment au même moment - le premier recueil de Kureyon Shinchan paraît le 11 Avril, tandis que la série télé démarre le 13. Créé par Yoshito Usui, Shinchan est un petit garçon de cinq ans dont les préoccupations sont, dans le désordre, les jouets, les jeunes femmes, la nourriture et ses séries télé préférées... Shinnosuke promène sa grosse tête en forme de haricot en déblatérant bêtises sur bêtises, ce qui a le don d’énerver tout le monde autour de lui, principalement sa mère, la pauvre Misae (que Shinchan appelle très souvent par son prénom)...

Misae: Shinnosukeeeeeeeeeee!!!!!
Shinnosuke: Oh-oooooooooooooiiiiiiiiiii...

...Shinchan aime son corps - à un point inimaginable ! - , et il aime le montrer !... Ainsi, l’un de ses jeux favoris est de dessiner des oreilles d’éléphants sur son bas-ventre, pour que son zizi ait l’air d’une - petite - trompe ! Il exhibe ainsi son bel éléphant dont il est généralement très fier. Mais son gimmick est beaucoup plus... intéressant ! Shinchan baisse sa culotte, et remue ses fesses frénétiquement en lançant des "buri buri" [1] à tout va... sans oublier qu’il ponctue la plupart de ses phrases par d’incongrus et inimitables sons...

Shinnosuke vit avec ses parents - il a cinq ans hein ! - Misae donc, sa mère, Hiroshi son salaryman de père - qui possède le même amour pour les jeunes femmes aux formes épanouies que sa progéniture - et son chien Shiro. Quelques temps après sa création, Shinnosuke est passé du statut de fils unique à celui du grand frère, avec la naissance de la petite Himawari ("Tournesol")...qui est l’équivalent féminin de Shinchan (elle apprécie tout particulièrement les hommes beaux et musclés... je rappelle qu’il s’agit d’un bébé...) au désespoir de ses parents ! Se côtoient également dans ce petit monde merveilleux ses grands-parents - de joyeux psychopathes ! -, mais aussi ses amis d’école, ses instituteurs/trices, les commerçants, les amies de sa mère... Bref un personnage incontournable plus qu’attachant, dont l’univers joyeusement décadent n’avait toujours pas été traité par Sancho...

...Hendârando no Daibôken est le quatrième long-métrage consacré au petit trublion nippon. S’il reprend les codes établis dans le manga et dans la série télévisée, le scénario concocté par Mitsuru Hongou et Keiichi Hara apporte un côté peu développé à l’accoutumé. Shinchan va y être confronté à des prises de décision dont dépendront la vie d’autrui... Un film qui fait office d’étape dans la vie de Shinnosuke, qui y gagne en "maturité" (bon ok, le mot est peut être un peu costaud !), puisqu’il devra faire face à la perte d’un être cher, et connaître la tristesse... C’est d’ailleurs le dernier film dans lequel Shinchan est fils unique. Mais avant tout nous sommes dans un Kureyon Shinchan, et ça, ça implique beaucoup ! Beaucoup de délire, de gags uro/scatos, de fesses qui remues de manière syncopée, de zizi dans tous les sens, de "Ooooooooh..." à toutes les sauces, des cris de sa mère, bref, du Shinchan comme on l’aime !...

...et puis les méchants... Les méchants extra-terrestres, complètement barrés tel leurs deux chefs, habillés en danseurs/danseuses - il s’agit de 2 "hommes" -, mais aussi un loup-garou/monsieur Loyal, une pin-up aux mensurations inimaginables, ou encore l’étrange Su Nôman Pâ, un bonhomme de neige doté de rollers à réactions ! Pour faire face à ces énergumènes venus d’une autre dimension, Shinnosuke va faire appel à tous ses héros ! Akushion Kamen le super héros masqué, Kandamu Robo ou encore Buriburi Zaemon le cochon ronin, tous vont s’unir afin de l’aider dans sa quête !...

...mais le combat va s’avérer bien plus difficile qu’il n’y paraît, et Shinnosuke va devoir entrer dans une bataille sans merci avec ses parents, pour sauver la Terre de l’invasion prévue... Combats de danse effrénés, partie de poker d’une tension incroyable, ou poursuites névrotiques, la famille Nohara va en voir de toutes les couleurs...

Réalisé par Mitsuru Hongou, Hendârando no Daibôken possède une mise en scène audacieuse (oui oui !), dont les nombreux partis pris confèrent un aspect étrange, frôlant la poésie pure lors de certaines séquences, propulsant cet "épisode" des aventures de Shinnosuke dans les plus hautes sphères du cinéma mondial d’animation !...

Kureyon Shinchan, à la fois critique de la famille japonaise et du mode de fonctionnement de sa société, vécu à travers les yeux d’un enfant, sorte de condensé vivant de tous les travers reprochés au habitants du pays du soleil levant, est une création totalement subversive, pamphlétaire et génialement barrée, dont l’humour décalé est la force principale... qu’il s’agisse de ce Hendârando no Daibôken, d’un épisode de la série télé, ou du manga, faites attention, pénétrer dans l’univers de Shinnosuke est un acte dangereux : vous risqueriez de ne jamais en sortir... pour votre plus grand bonheur !

PS : Croyez moi, Kureyon Shinchan se regarde en version originale uniquement, grâce à l’excellents composition de Akiko Yajima, la doubleuse de Shinnosuke !

Kuro | 1er.07.2003 | Japon, Animation

VHS (Japon) | Bandai Visual | NTSC | Format : 1:1:85 | Son : Dolby Surround

Cette VHS est en version originale et ne contient pas de sous-titres.

Bonus
Site Officiel TV Asahi: http://www.tv-asahi.co.jp/shinchan
Site Officiel éditions Futabasha: http://www.futabasha.co.jp/sinchan/index.html
Site Officiel Bandai Visual: ://www.bandaivisual.co.jp/shinchan

[1Onomatopée qui reproduit - notamment - le son que fait le caca liquide... enfin la diarrhée si vous préférez !

aka Crayon Shin-chan - Hender Land no Daiboken - Kureyon Shinchan - Hendaarando no Daibouken | Japon | 1996 | Un film de Mitsuru Hongou | D’après le manga Kureyon Shinchan créé par Yoshito Usui | Avec les voix de Akiko Yajima, Miki Narahashi, Keiji Fujiwara, Hideyuki Tanaka, Yoshitada Ôtsuka, Toshio Furukawa, Shinpaji Tsuji, Sanae Fukayuki, Yuriko Fuchisaki, Sôichirô Hoshi, Noriji Yanami, Rokurô Nouya, Yumi Takada, Michie Tomizawa, Mari Nashiba, Tamao Hayashi, Mie Suzuki, Chie Satou, Tomoko Ôtsuka, Tetsuaki Genta, Shinya Ôtaki, Kento Shiozawa, Akiko Hinagata
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