La Grande casse

Sous couvert de travailler comme enquêteur pour des assurances lors d’accidents de voitures, Maindrian Pace (H.B. « Toby » Halicki, auteur, réalisateur, producteur, cascadeur et acteur de ce film) dirige une bande de voleurs de voitures. Un mafieux sud-américain lui passe commande de quarante huit voitures de luxe et de collection, à voler en cinq jours. Dans une Cadillac qu’ils dérobe, Pace découvre, dans le double fond du coffre, de l’héroïne en importante quantité. Contre l’avis de son beau-frère, il détruit la voiture avec l’héroïne au lieu de la refourguer. Dans la liste des voitures à voler figure par ailleurs une Ford Mustang Mach 1 de 1973, dernier modèle en date, que Pace parvient à se procurer. Mais après que son propriétaire ait passé une annonce comme quoi sa voiture n’était pas assurée et qu’il ne porterait pas plainte si elle lui était restituée, et sous la pression de sa petite amie, Pace décide de la rendre, en ayant auparavant repéré une autre. C’est alors que son beau-frère, pour se venger, informe la police de l’endroit où doit se dérouler le vol...

Ce qui précède n’est pas tant un scénario - celui-ci tient sur un ticket de parking - qu’un prétexte à une avalanche de cascades et la plus longue poursuite de l’histoire du cinéma : trente quatre minutes - a priori le record tient toujours.

Autant dire que le film se résume à célébrer le culte du dieu Automobile, mais pas n’importe comment ! Avec des perruques et des fauches moustaches, le tout sur du funk ! Sans doute est-ce là la source d’inspiration du clip de Sabotage des Beastie Boys.

Ce film est réalisé en totale indépendance. Aucuns des acteurs n’est un professionnel. Ce sont des cascadeurs, des pilotes de courses, des amis et des membres de la famille de H.B. « Toby » Halicki. Les dialogues sont improvisés. Autant dire que ça ne joue pas souvent très bien, même si Halicki s’en sort pas mal. L’atelier personnel du cascadeur sert au tournage, qui sera interrompu afin qu’Halicki puisse y réparer des voitures pour financer le film. De vrais accidents, quasi mortel pour l’un d’entre eux, figurent à l’écran.

La Grande casse est le résultat de la débrouillardise et du fantasme d’un cascadeur. Le plus surprenant étant que ce n’est pas si mal réalisé. On ne voit pas passer la première heure, même si rien de marquant ne s’y déroule. Puis arrive la course poursuite de trente quatre minutes et sa frénésie de cascades et de voitures détruites. Les cascades, qui à l’époque devaient faire date, paraissent un peu datées au regard des possibilités des effets spéciaux aujourd’hui, mais néanmoins brillent par leur qualité et leur authenticité. Ce n’est pas de L’Agence tous risques, où, en roulant sur un choux fleur, une jeep se retrouve à faire un bond de quinze mètres en effectuant une vrille, suivie d’un double salto, pour finir par un triple lutz.

Pour conclure, La Grande casse est une curiosité, qui, sans transcender quoi que ce soit, intéressera surtout les mordus de bagnoles en vrac sur pellicule, ou de postiches, voire les deux à la fois !

Projeté à l’occasion de la 18ème édition de L’Etrange festival (2012), La Grande casse fut un temps disponible en DVD zone 2 chez TF1 Vidéo, aujourd’hui retiré des bacs. Reste des éditions US et UK, cette dernière étant particulièrement abordable.

aka Gone in 60 Seconds | USA | 1974 | Un film de H. B. Halicki | Avec H. B. Halicki, Eleanor, Marion Busia, Jerry Daugirda, James McIntyre, George Cole, Ronald Halicki, Markos Kotsikos
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