Lady Snowblood - Love Song of Vengeance

And now for something completely different... Forcément, alors que tout le monde est persuadé que Yuki meure à la fin du premier épisode, ce second Lady Snowblood ne peut que surprendre le spectateur. Il me semble avoir lu un peu partout sur le web que ce film, bien que très joli, était aussi tout à fait anecdotique, voire purement mauvais. Vous allez peut-être dire (remarquez, vous seriez loin d’être les premiers) que je suis super bon public - que nous le sommes presque tous chez Sancho, d’ailleurs - mais il n’en est bien évidemment rien. Le truc, c’est que ce Lady Snowblood : Love Song of Vengeance n’a finalement, en dehors du personnage éponyme, que très peu de points communs avec son prédécesseur. Mais comment pouvait-il en être autrement, quand la raison même d’exister de Yuki meure avec sa dernière victime dans le premier film ?

De façon totalement inexpliquée (et finalement, c’est sans doute mieux comme ça), Yuki survit donc au premier épisode. Seulement voilà : le livre qui a servi à attirer l’une de ses dernières victimes dans sa toile a aussi révéler les activités mercenaires de Shurayuki Hime aux forces de l’ordre, et Yuki vit en fugitive, combattant sans cesse les soldats du Japon de l’ère Meiji. Un jour, alors qu’elle s’enfuit dans la forêt après avoir combattu des hommes près du cimetière où git sa mère, le mari de celle-ci, mais aussi le moine qui l’a élevée, Yuki met le pied dans un piège à loup. Elle est receuillie par un homme seul qui la soigne. Peu de temps après être remise sur pieds, Yuki se promène sur la plage quand elle est assaillie, une fois de plus, par une horde de soldats. Epuisée, celle chez qui la soif de vengeance s’éteint peu à peu se rend aux autorités.
Condamnée à la mort par pendaison, Yuki est acheminée jusqu’au lieu de son exécution quand des hommes à cheval attaquent son escorte. Elle est amenée devant le chef de la police secrète, qui la force à s’infiltrer chez Ransui, un anarchiste notoire, pour l’éliminer mais aussi pour mettre la main sur un document secret de la plus haute importance pour le gouvernement. Mais Ransui n’est pas dupe, et ne tarde pas à révéler à Yuki, devenue sa servante, qu’il connaît sa véritable identité. En lui exposant son cas et celui de ses compagnons, il ravive la haine qui dormait chez la jeune femme...

Lady Snowblood - Love Song of Vengeance, un film politique ?
Tout à fait. Ici, il n’est plus du tout question de vengeance au sens chevaleresque du terme, et du coup - en dépit de nombreuses scènes de sabre au début et à la fin du film - ce second épisode joue dans un registre totalement différent de son prédécesseur. Yuki n’est plus véritablement le personnage central du film ; ici, la femme incarnée par Meiko Kaji (toujours aussi incroyable, quoiqu’il en soit) symbolise la population délaissée de la fin de l’ère Meiji, sa colère la lutte qui oppose le peuple des bas-fonds à un gouvernement prêt à tout pour obtenir l’ordre.

Lady Snowblood - Love Song of Vengeance, un film gore ?
Pas qu’un peu. Plus encore que le premier opus de la Blanche-Neige damnée, même. Toshiya Fujita monte les enchères d’un cran, renvoyant Herschell Gordon Lewis jouer avec ses Gore Gore Girls (1972, avant-dernier film du "papa" du gore avant le récent Blood Feast 2 : All U Can Eat). Fujita jouerait ici plutôt dans la cour de Lucio Fulci : poignard dans l’oeil en gros plan, tortures épouvantables (découpage de joue au scalpel, scalp ébouillanté) et j’en passe... Bref, après l’incroyable Jigoku de Nobuo Nakagawa (1960), la question se pose une fois de plus : et si le gore venait non pas des USA ou d’Italie, mais véritablement du Japon ? Un sujet pour un prochain article, peut-être...

Lady Snowblood - Love Song of Vengeance, un film maîtrisé ?
Mon Dieu, oui ! Toshiya Fujita délaisse quelque peu les cadrages manga pour une approche plus "Fukasaku" de la réalisation : flash-backs en diaporamas, caméra à l’épaule, incroyables combats en plans séquences (suivant l’action de face, à reculons)... Pour résumer, Fujita fait preuve d’un véritable don pour la réalisation (ce que l’on devinait déjà dans le premier épisode, mais qui est ici confirmé par la richesse de la mise en scène), qui colle parfaitement aux différents tons de son sujet - qui va tout de même, parfois, très loin dans le glauque (la peste bubonique volontairement inoculée à un rebelle pour contaminer les bas-fonds, par exemple). Peut-être faudrait-il essayer de mettre la main sur d’autres films du réalisateur...

Lady Snowblood - Love Song of Vengeance, une séquelle honteuse ?
Et bien non, puisque ni véritablement une séquelle, ni honteux.Il est vrai que le personnage de Yuki est fort attachant - à moins que ce soit Meiko Kaji elle-même ; toujours est-il que le film aurait été aussi bon sans aucune affiliation avec Lady Snowblood, premier du nom.

Peut-être est-ce cela qui dérange les fans de la première heure... Mais ne soyons pas difficiles, car ce second Lady Snowblood, en choisissant délibérément de ne pas "combler nos attentes", se paye le luxe d’être un film cruel et beau, et avant tout intelligent. Et avec la fin des aventures de Yuki, arrive la fin de l’Ere Meiji... Toute une époque représentée, dans sa complexité, en l’espace de deux films aussi différents que passionants !

Akatomy | 15.07.2002 | Japon

C’est rigolo, mais je peux me fendre, presque mot pour mot, du paragraphe fourni en complément du premier épisode :
DVD zone 2 PAL absolument repoussant : copie VHS troisième génération pressée sur DVD, sans doute l’une des galettes les plus hideuses (avec le premier épisode) qu’il m’ait été donné de voir...
Même la cassette Animeigo (NTSC) est bien plus belle !
Mais le top reste pour l’instant le LaserDisc Animeigo, légèrement recadré (2.20:1 au lien de 2.40:1), avec son image hallucinante - surtout la seconde face en CAV !!!
Avis aux collectionneurs !

aka Shurayuki Hime : Urami Renga | Japon | 1974 | Un film de Toshiya Fujita | Avec Meiko Kaji, Yoshio Harada, Kazuko Yoshiyuki, Kishida Shin, Juzo Itami
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