Le Cocher

Réalisé en 1961 par Kang Taejin, Le Cocher est un mélodrame qui ne brille pas par son originalité. Trop souvent le réalisateur fait “sonner” les violons et joue du gros plan pour faire passer l’émotion. Au-delà de la mise en scène, c’est un film plein d’humanité sur le petit peuple de Corée. On notera que ce film a bénéficié d’une reconnaissance internationale en recevant un ours d’argent spécial au festival de Berlin en 1961.

Veuf, le cocher doit, grâce à sa carriole et au cheval qu’il loue, subvenir aux besoins des trois enfants qui vivent encore sous son toit. L’aîné prépare un concours administratif, sa plus jeune fille cherche à “s’affranchir”, et le petit dernier est un écolier chapardeur. Quant à la fille aînée, muette, elle se fait battre et tromper par son mari, et revient périodiquement trouver refuge au sein du cocon familial.

Le récit s’ouvre alors que le destin des membres de la famille est sur le point de basculer. Le plus jeune fils plonge dans la délinquance juvénile, la fille ne supporte plus cette misère et tente de piéger un homme riche afin de se marier. Après plusieurs tentatives infructueuses à son concours, le frère aîné est prêt à jeter l’éponge et à reprendre la besogne de son père. Ce dernier doit rembourser une dette mais également nourrir sa famille avec ses maigres gains.

Le film échappe au misérabilisme grâce au personnage du père, qui est absolument convaincu de la réussite de son fils. Ce succès permettra à la famille dans son entier de sortir de l’ornière. Pour cela il est prêt à endurer les sacrifices et les humiliations. Sa situation est d’autant plus difficile que le monde autour de lui traverse une mutation économique et sociale, pour laquelle il n’est pas préparé.

Le cocher et sa rossinante sont concurrencés dans le transport de marchandises par les véhicules à moteur, camions et triporteurs. Il reste également prisonnier de sa relation avec le propriétaire de son cheval, qui tient de celle d’un noble et de son serf. Chaque soir, il va lui verser une part de ses courses en compagnie des autres cochers. Cette relation est placée sous le signe de la soumission. Pas question pour lui de s’opposer, ou de contredire le “maître”. Même quand celui-ci a tort, comme lors de l’accident où le cocher sera blessé. D’autant plus que sa position est fragilisée, le cheval est son principal outil de travail et sans lui l’espoir disparaît. Seul le fils osera affronter directement le “maître”.

Finalement, on ne réalise pas, surtout dans des pays comme la France qui se sont débarrassés violemment de leur système féodal, que ce type de rapport de soumission social va continuer à prévaloir jusqu’au grand choc que va constituer la Seconde Guerre Mondiale.

La partie la plus réussie et la plus touchante du Cocher reste la description de la relation pleine de tendresse qui s’instaure entre le cocher et la servante de sa maîtresse. Une relation qui débute par de petits signes de bienveillance. Le soir, tandis qu’il vient verser son “seigneuriage”, et qu’il demande de l’eau, elle lui sert de l’alcool dans une calebasse. Petit à petit, elle va se transformer en véritable fée pour la famille.

Kizushii | 4.02.2005 | Corée du Sud

Film présenté au cours de la rétrospective "50 ans de cinéma coréen" à la Cinémathèque Française (05.01-26.02.05).

aka Mabu - The Coachman - The Stableman | Corée du Sud | 1961 | Un film de Kang Taejin (Kang Dae-Jin) | Avec Kim Sungho, Sin Yonggyun, Hwang Chongsun, Cho Miryong, Om Haengnan, Hwang Hae
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