Le Dieu de la guerre

Les sept samouraïs à la sauce Wang Yu...

1556, les troupes japonaises ont envahi les côtes chinoises. Elles pillent ville après ville, et ceux qui tentent de leurs résister sont impitoyablement massacrés. Un jour surgit un mystérieux étranger du nom de Hsiao Feng, qui vient en aide aux habitants de la ville de Ly, auxquels les japonais réclament une rançon de vingt milles taels. Après avoir défait le cortège, Hsiao Feng décide d’organiser la résistance du village et d’arrêter l’avancée des japonais. Pour cela il recrute les meilleurs combattants de la région : quatre guerriers, tous spécialistes dans différentes armes de combat. Avec leur aide, Hsiao Feng entraîne les villageois au combat et truffe la plage et le village de pièges mortels. Bientôt les japonais, emmenés par un redoutable chef de guerre du nom de Shinobu Hashimoto, font leur apparition. La bataille peut commencée ; elle sera longue et sanglante...

Bien qu’inspiré des Sept samouraïs (et logiquement des Sept mercenaires), Le dieu de la guerre est un wu xia pian historique qui met en valeur le courage du peuple chinois face à l’envahisseur japonais (nous y reviendrons). Aux commandes d’un film centré en grande partie sur son personnage (là je suis très gentil), Wang Yu incarne une fois encore un justicier taciturne et violent, dont l’inspiration est à chercher du côté du western Spaghetti, et en particulier du personnage incarné par Clint Eastwood dans la trilogie de Leone (l’arrivée de Wang Yu dans la ville Ly fait écho à celle d’Eastwood dans Pour une poignée de dollars).

La structure du film reste identique au film de Kurosawa ; la première partie voit donc le personnage de Wang Yu recruter quelques combattants qui ont la particularité d’utiliser plusieurs techniques de combats (boucliers, lances... ou encore un lanceur de couteaux qui rappelle le personnage de James Coburn dans Les sept mercenaires), afin qu’ils préparent les villageois au combat qui les attend. Classique mais sans réelle surprise, cette partie souffre toutefois d’un manque de développement aux niveaux des guerriers accompagnant Wang Yu (contrairement justement aux Sept samouraïs), réduits à de simples archétypes reconnaissables à leurs armes de prédilection, auxquels on ne s’attache donc jamais vraiment (le héros c’est Wang Yu et ça se voit).

Plus mouvementée, la seconde partie réjouira tous les amateurs de combats débridés. Elle débute par une séquence insolite où les japonais avancent de nuit sur la plage, et sont stoppés par des bornes surmontées d’énormes têtes à larges sourires. Celles-ci renferment des pièges plus dangereux les uns que les autres, et les japonais finiront en rampant à quatre pattes, sur une musique volontairement humoristique. Puis on assiste au gros morceau du film, avec une demie-heure de combats particulièrement violents, sans interruption. Les soldats des deux camps se découpent, se transpercent avec une sauvagerie incroyable et sans une once de pitié pour l’adversaire (un soldat chinois, bien que transpercé, n’hésite pas à saigner à mort un japonais en le mordant au cou). On assiste à une véritable hécatombe, où les meilleurs combattants de chaque camp (qui à eux seuls exterminent la moitié des figurants) finissent par s’affronter dans des combats longs et intenses.

Malgré son aspect série B assez sympa, le film est toutefois handicapé par son côté nationaliste exacerbé (qui n’est pas s’en rappelé celui de La fureur de vaincre), qui devient désagréable à la longue et finit par se retourner contre un film manichéen à outrance. Les japonais sont montrés comme des êtres violents, cupides, méprisables et capables de toutes bassesses : ils n’hésitent pas à exécuter un dirigeant chinois en lui coupant la tête, ou à frapper leur ennemis dans le dos à la moindre occasion. Même leur chef, soit disant un grand guerrier, utilise ses sabres pour aveugler son adversaire lors du combat final. Tout ceci est encore accentué par Wang Yu, qui visiblement ne porte pas les japonais dans son cœur (il luttait déjà contre eux dans Chinese Boxer et One Armed Boxer), et qui en rajoute avec son personnage revanchard, voire haineux et ultra patriotique (il suffit de voir la grimace qui barre son visage quand il se trouve face à des japonais, pour comprendre les sentiments que ces derniers lui inspirent).

Au final, Le Dieu de la guerre est un film sans prétention, mais qui réjouira avant tout ceux qui aime l’action, l’action et encore l’action.

Torrente Wong | 14.05.2003 | Hong Kong

Le Dieu de la guerre existe en vidéo chez HK.

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