Le Transporteur II

Avec le temps, les productions Besson deviendraient-elles meilleures ? Telle est la question que l’on peut se poser après la vision du Transporteur II. Là où tout le monde attendait une nouvelle bouse dans la lignée des Taxi - à savoir du vite fait mal fait -, Besson nous sert un plat certes pas original mais réalisé avec soin par l’un de ses nombreux réalisateurs « vedettes », Louis Leterrier . Déjà responsable du très agréable Danny the Dog, ce jeune réalisateur semble bien décidé à confirmer tout le bien que l’on pense de lui.

Mais venons en au fait ; à savoir le film. Si vous voulez un vrai scénar qui vous restera dans la mémoire, passez votre chemin illico, vous n’êtes pas à la bonne porte. Par contre si vous voulez un héros charismatique, de la castagne de bon niveau et une bonasse histero qui passe 98% du film à moitié à poil en train de flinguer des gens, vous êtes là où il faut. Le Transporteur II affiche une théorie simple : celle du toujours plus. Cela fait parfois un peu too much à digérer, mais avec un peu de bonne volonté on y arrive relativement facilement. La faute à qui ? Sans aucun doute à Jason Statham. N’y allons pas par quatre chemins, cela faisait longtemps que l’on n’avait plus de héros comme lui au ciné, des mecs qui en jettent, avec une véritable gueule de malade. Capable d’assurer les ¾ de ses cascades lui-même, Statham amène à son personnage une aura que beaucoup d’autres acteurs n’ont pas. Pour faire simple, quand on le voit dans ce rôle on y croit. Se retrouver face à un héros qui ressemble vraiment à un héros fait plaisir. Comme le vrai héros qu’il se doit d’être, il respecte une simple règle : je distribue la mandale plus que je ne parle. Une chose est évidente à la fin de ce joyeux ride d’1h30, c’est que la mandale, le bougre la distribue avec amour, le tout magnifié par les chorégraphies au diapason de Corey Yuen. La plupart de ces dernières surpassent aisément celles présentes dans le premier opus des aventures du Transporteur.

Mais si l’on devait parler de la très bonne chose de ce film (oui c’est le pervers qui est en moi qui parle ici), cela serait Kate Nauta la bad bad girl de service. Non contente d’être outrageusement et diaboliquement désirable, elle hérite en plus d’un personnage qui est une sorte de pendant féminin maléfique du Transporteur. Comment ne pas tomber sous le charme d’une telle soubrette lubrique ? Elle ne vit que pour le sexe et l’adrénaline. Dès sa première confrontation dans l’hôpital avec Statham le tempo est là, elle est dangereuse et va lui en donner pour son argent, et pour le notre par la même occasion. Pour son premier grand rôle, Kate Nauta ne cherche pas ici à jouer la retenue, elle va à fond dans son personnage. L’outrance n’est plus une limite pour elle, et la performance qu’elle offre s’en trouve magnifiée. Depuis la fin du film je me persuade avec force que, si l’enfer est rempli de diablotines de son genre, je suis prêt à me faire damner en quatrième vitesse.

Alors il est évident que l’on peut se plaindre de la prestation en carton pâte du grand méchant de service, de la simplicité biblique du scénario, de l’envie à la limite de l’indécence de coller des baffes au gosse tellement il joue mal. Mais tout cela serait nier un simple et pourtant si évident fait : Le Transporteur II est ouvertement con et gravement fun. L’action y est là à gogo, et même parfois en dépit du bon sens (la séquence de la bombe sous la voiture) mais pour faire passer la pilule on a un héros qui a la classe. Jason Statham assure grave et ne se la raconte même pas ; que demander de plus pour l’été à part deux ou trois biatchs, quelques mojitos et une plage privé sur une île paradisiaque... franchement je ne vois pas.

Marcus Burnett | 16.08.2005 | Hors-Asie

Le Transporteur II est encore sur vos écrans, et bientôt du côté de chez l’Oncle Sam !!!

aka The Transporter II | France | 2005 | Un film de Louis Leterrier et Corey Yuen | Avec Jason Statham, Amber Valletta, Alessandro Gassman, Kate Nauta, Hunter Clary, Jeff Chase, François Berléand
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