Lee Myung-se | Ha Ji-won

Lee Myung-Se peut être remercié pour avoir fait découvrir le cinéma populaire coréen, avec son précédent métrage, Nowhere to hide. Après une tentative infructueuse à Hollywood, le réalisateur revient avec une adaptation d’un manwa : Duelist. Oeuvre ciselée, ce film ne laissera pas indifférent.

Sancho : La bande dessinée, dont le film est adaptée, n’est pas connue en France, pouvez-vous la présenter et nous expliquer ce qui vous a conduit à la porter sur grand écran ?

Lee Myung-Se : Au centre de cette BD se trouve une policière qui enquête sur une histoire de contrefaçon d’argent. Parallèlement, il existe une histoire d’amour avec un autre policier. Cette BD a d’abord été adaptée en feuilleton à la télévision, avant de l’être pour le grand écran. Ha Ji-won jouait déjà dans ce feuilleton très célèbre. Or pour faire des expérimentations personnelles, j’avais besoin d’une histoire déjà connue par le grand public.

Adapter une BD pour l’écran est un exercice particulier, j’aurais souhaité connaître vos partis pris de mise en scène ?

J’aime beaucoup l’auteur de la bande dessinée, mais quand j’ai écrit le scénario et tourné le film, je n’ai plus pensé à son travail.

Vous avez une approche très graphique de la mise en scène. Où puisez-vous votre aspiration ?

C’est l’accumulation de ce que j’ai vu et auquel j’ai réfléchi. Tout cela sort finalement lorsque je réalise le film.

Plusieurs rythmes se chevauchent au cours du film. Quelle est l’importance du rythme dans votre mise en scène ?

Le rythme est pour moi comme le souffle. On peut être essoufflé lorsque l’on ressent un sentiment d’amour. Et c’est le souffle aussi que je suis quand je monte le film. Je cherche une harmonie entre des éléments carrément opposés.

Comment avez-vous abordé votre interprétation du rôle par rapport à celle que vous avez livrée sur la série ?

Ha Ji-won : Au départ, Lee Myung-Se m’a demandé d’apprendre les chorégraphies. C’était nécessaire pour les combats, mais aussi pour mon allure. Il a insisté que le mouvement était très important dans le film. Nous avons donc énormément répété, ce qui a été assez difficile pour moi. Pour les dialogues, cela a été la même chose. Par exemple, je devais dire un long dialogue sans respirer. Par la suite, j’ai compris que cela constituait le rythme du film, mais au début c’était dur.

Lors de la présentation du film, vous avez souligné qu’il ne s’agissait ni d’un film de sabre chinois, ni d’un film de sabre japonais. Qu’est-ce qui fait le caractère coréen du film ?

Je voulais dire que les occidentaux ont tendance à assimiler les films d’époque coréens aux films chinois et japonais. Or les films coréens existent eux aussi !

Ha Ji-won : Lee Myung-Se a toujours dit qu’il s’agissait d’une histoire d’amour racontée avec des sabres. Et c’est vrai qu’à la fin du tournage, j’avais plus l’impression d’avoir tourné un film mélodramatique que d’action. C’est peut être l’importance des sentiments qui différencie Duelist des autres films d’arts martiaux.

Aviez-vous un objectif précis en situant Duelist à l’époque Chosun ?

Lee Myung-Se : Mon ambition lorsque je réalise des films, c’est d’aller au-delà d’une définition spatio-temporelle. Je souhaite qu’ils plaisent aussi aux non-coréens. Ce n’est pas important que le film se déroule à l’époque Chosun. J’ai avant tout choisi une époque pendant laquelle les gens se servaient beaucoup du sabre, et où l’éclairage artificiel n’existait pas.

L’histoire d’amour tient une place centrale dans votre film, mais vous travaillez également sur l’inversion des genres : la femme se comporte comme un homme et l’homme est très féminin.

On a des idées reçues sur ce que doit être un homme et ce que doit être une femme. La lutte permanente de pouvoir entre les hommes et les femmes fait avancer même l’histoire, mais pour moi cela n’a pas beaucoup de sens. La lumière cohabite avec les ténèbres. Par exemple dans la scène de combat dans la rue sombre, on distingue à peine les personnages. C’est ce genre de point de vue que j’ai voulu exprimer.

Interview réalisée le dimanche 12 mars 2006 au cours de la 8ème édition du Festival du Film Asiatique de Deauville. Remerciements à Jeong Eun-jin pour la qualité de sa traduction. Photos : Kizushii.

"Je cherche une harmonie entre des éléments carrément opposés."
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