Les enfants de Kaboul

Pour son trentième anniversaire, Le festival des Trois Continents a rendu hommage aux Ateliers Varan, portés sur les fonds baptismaux par le célèbre cinéaste-éthnographe, Jean Rouch. C’est dans ce cadre qu’un programme de 5 courts métrages réalisés par des afghans, prenant comme sujet les enfants de Kaboul, a été présenté.

Dans ce pays décimé par une guerre quasi-permanente depuis trente ans, les enfants au cœur de ces films ne le sont que par leur âge. La situation dans laquelle leur pays est plongé les a propulsés directement à l’âge adulte, avec tout ce que cela comprend de responsabilité et de sérieux. La majorité d’entre eux travaille pour soutenir pécuniairement leurs parents, voire tout simplement pour survivre. Tous affichent également leur fierté pour leur pays.

Le premier court métrage a pour sujet la renaissance de la musique en Afghanistan, combattue comme non-islamique par les talibans. Deux frères musiciens, l’un chanteur et l’autre joueur d’harmonium, animent des anniversaires et des soirées. Leur père est leur manager et ils pourvoient ainsi aux besoins de la famille. Si l’un veut continuer dans cette voie, le second souhaite devenir ingénieur. Nous suivons ensuite deux amis qui travaillent dans une usine de fabrication de briques. Ils travaillent noyés dans la fumée dégagée par les fours. Eux aussi ont de grands projets.

Ce n’est pas le cas d’un gamin des rues, Bulbul, qui vit au jour le jour grâce à des petits boulots : nettoyage de voiture, voitures bénies avec des fumigations... Il fait montre d’un caractère affirmé et ne lâche rien. Si les gens ne le paient pas assez, il les maudit et refuse leur argent. C’est sa survie qui est en jeu alors que dans Kaboul, sous la neige, il tente de se réchauffer avec un thé dans une tchaikana.

Les deux films les plus intéressants ont comme sujet deux jeunes filles. Ils nous changent de l’image - pas du cliché car il s’agit d’une réalité - de l’afghane emprisonnée dans une Bourkha bleue. L’intérêt de ces deux courts métrages est aussi sa limite car elles ne font partie que d’une infime minorité.

La première est issue d’une famille d’intellectuels, et a pour projet de traduire des contes pour enfant de l’anglais en afghan, car les seuls livres disponibles sont iraniens et ne sont pas intéressants. Elle désire apporter la culture aux jeunes afghans. Se déplaçant seule en taxi, elle va à la rencontre de jeunes kaboulis pour leur raconter des histoires et voir ainsi leur réaction. C’est peut-être l’adolescente la plus normale de ces films. En effet, comme certaines adolescentes, elle imite les adultes sans en être une, sûre d’elle-même et de sa supériorité par rapport aux autres gamins. Une attitude aussi agaçante la-bas qu’ici.

La personne la plus intéressante est la fille du propriétaire d’un atelier de tissage de tapis. Elle est le bras droit de son père, pour qui elle organise le travail, mais également fixe les prix des commandes : 800 dollars pour un tapis portrait qui représente 1200 heures de travail. Elle travaille, mais va également à l’école avec pour objectif d’entrer à l’université. Un avenir magnifique lui semble promis, se prend on à imaginer. Pas si sûr. La réalité afghane fait brutalement irruption : elle évoque avec une amie sa crainte de devoir restée enfermée entre quatre murs si elle se marie.

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