Magnificent Warriors

Ca alors ! Après avoir constaté il y a quelque temps que SdA laissait dangereusement de côté la filmographie de Jackie Chan, voici que je m’aperçois qu’il en est de même pour celle qui fut longtemps considérée comme son homologue féminin : Michelle Yeoh. Vous me direz que Chow Yun-Fat par exemple n’est pas beaucoup mieux loti ; c’est vrai, mais chaque chose en son temps...

Revenons donc plus de quinze ans en arrière, à l’époque où l’ex-Miss Malaisie (1983) vit aux côtés de Dickson Poon, fondateur de la compagnie D&B Films Co. Ltd (la série des In The Line of Duty, les deux premiers Black Cat).
C’est aux côtés de Poon que Michelle Yeoh convaincra ses premiers fans en tant que véritable action star, avant de se séparer du producteur et de disparaitre des écrans pendant 5 ans.
Sa deuxième carrière commencera en 1992 avec le premier "gros film" de Stanley Tong (Supercop aka Police Story 3), que l’actrice a d’ailleurs connu en tant que chorégraphe sur le film que nous allons traiter aujourd’hui, Magnificent Warriors...

Un an après que Jackie Chan ait connu les faveurs du public en aventurier type Indiana Jones dans Armour of God (Mister Dynamite - 1986), c’est au tour de Michelle de s’équiper d’un fouet et d’adapter le personnage au féminin (l’affiche originale HK est d’ailleurs très explicite quant à cette source d’inspiration).
Dans Magnificent Warriors, elle endosse la bonhomie de Ming-Ming, mercenaire de son état, envoyée par son grand-père et les autorités chinoises dans un village convoité par les japonais - et plus particulièrement le Général Toga - pendant la seconde guerre mondiale. Sur place, elle doit s’allier à un certain agent 001 pour sauver le leader local, Youda (Lowell Lo). Avant de trouver le bon coéquipier néanmoins, elle s’attirera rapidement des ennuis en rencontrant un "con man" redoutable interprété par Richard Ng...

Magnificent Warriors est un film hongkongais typique des années 80 : anti-japonisme primaire, affrontements violents à qui mieux-mieux et cascadeurs maltraités, un mélange savant d’humour bas de plafond et d’aventures... de là à être nostalgique, il n’y a qu’un pas ! Il faut dire aussi que, derrière ce film, il y a le travail conjoint d’une équipe hors du commun : David Chung (Web of Deception, In The Line of Duty, I Love Maria) à la réalisation ; Stephen Tung (The Blade, Shanghai Grand, A Better Tomorrow) et Stanley Tong à la mise en scène et chorégraphie des scènes d’action, ou encore Tsang Kan-Cheung (God of Cookery, King of Comedy, Shaolin Soccer) au scénario... difficile de livrer un mauvais film dans de telles conditions, non ?
Autant dire qu’effectivement, Magnificent Warriors est une véritable réussite. Divisé en trois parties, le film navigue entre la comédie loufoque, le film d’arts martiaux et même, à peu de choses près, le film de guerre médieval avec le fantastique et interminable siège qui clôt la mission de Ming-Ming et ses compagnons. Les personnages sont tous bien développés, à l’exception peut-être du véritable agent 001 interprété par Derek Yee ; Richard Ng quant à lui est le seul à avoir un véritable traitement sur plusieurs niveaux (humour, drame, et même action), tandis que Michelle Yeoh se taille bien évidemment la part du lion lors des innombrables scènes d’action du film.

Il faut dire aussi que les chorégraphes se sont ici surpassés : les situations de combat sont aussi nombreuses que variées, et offrent à Michelle Yeoh l’occasion de développer la quasi-totalité de ses facettes de combattante sur grand-écran. Pour les mettre en valeur, la réalisation est absolument parfaite, et le montage - qui sait user de ralentis sur les gestes les plus remarquables sans jamais ralentir l’action elle-même - fait certainement partie de ce qui se faisait de mieux à l’époque (Rigthing Wrongs anyone ?).
Pour terminer de livrer à leurs spectateurs un véritable film d’aventures, David Chung et Tsang Kan-Cheung ont même réussi à insérer des chevaux, des chars... et même un dogfight opposant Michelle Yeoh à un Zero japonais ! Autant dire qu’au final, Magnificent Warriors est incroyablement dense, et qu’il était sans doute impossible de faire plus dynamique en moins de 90 minutes !

Magnificent Warriors reste donc aujourd’hui non seulement un magnifique témoin de la richesse du cinéma d’action hongkongais des années 80 et de son incroyable vitalité, mais aussi l’un des films de Michelle Yeoh qui a le plus exploité son potentiel, apparemment illimité. Quel bonheur que ces petits voyages dans le temps !

Akatomy | 19.02.2003 | Hong Kong

Magnificent Warriors est disponible en DVD et VCD HK, ou alors en DVD zone 2 UK (Pal) chez HK Legends.
Il va sans dire que c’est ce dernier que je vous conseille sans hésiter : la copie est mangifique, la bande-son 5.1 irréprochable, et les suppléments contiennent non seulement une interview récente de 14 minutes de Michelle Yeoh (en anglais), mais aussi sa première apparition à l’écran dans une publicité pour des montres Guy Laroche - aux côtés de Jackie Chan, bien sûr !

Hong Kong | 1987 | Un film de David Chung Chi-Man | Avec Michelle Yeoh (Yeung Chi-King), Richard Ng Yil-Hon, Matsui Tetsuya, Derek Yee Tung-Sing, Lowell Lo Koon-Ting
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