Maicchingu Machiko Sensei

Iya-n, Maicchinnnnnnnnnnnnnnn-gu !!...

C’est le premier jour de classe pour Machiko Mai, jeune professeur qui remplace au pied levé un poste vacant dans le lycée de la ville. D’un naturel plutôt décontracté, la jeune femme prend un bain, pas stressée pour un sou malgré l’enjeu de ce premier jour, pour finalement se rendormir. Lorsqu’elle se réveille et s’aperçoit qu’elle est en retard, elle bondit hors de son appartement, ne prenant même pas la peine d’enfiler ses sous-vêtements. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que dans sa classe se trouvent Ken et Kameo, les deux plus gros obsédés du lycée qui l’attendent... de sexe ferme [1] !

...mais par où commencer ?! Sûr qu’avec comme base scénaristique une histoire de ce type, ce produit formaté cul-gentillet destiné au marché de la vidéo nippon est fin prêt à entrer au panthéon des œuvres dont la porté politico-sociale a changé le cours de l’humanité ! Mais hormis toute considération sanchesque, il faut bien avouer que ce Maicchingu Machiko Sensei version "film" a tout pour troubler le spectateur alors vierge de toute image s’y rapportant. J’en vois déjà qui se disent : "Ouh là ! ça sent le scénar hyper travaillé tout ça !"...oui, et bien pour ne pas vous mentir, c’est exactement ce que je me suis dit en visionnant cet étrange objet filmique pas vraiment identifiable, éventuellement catalogable dans la famille très fermée des direct to video "éroticomiques", sorte de réponse improbable aux farces libidineuses italiennes des 70/80’s - qui ont fait, notamment, les beaux jours d’Edwige Fenech (cf. La "Prof" Connaît la Musique)...

bref, et pour revenir à ce que je qualifie de scénario légèrement plus haut, sachez qu’il faut être sur-motivé du bulbe pour y penser (au scénario !) pendant que s’offre à nous ce spectacle à la fois étrange, incongru, ultra-bis, sur-joué (ou sous-joué, c’est au choix !), coquin (c’est le terme !), tantôt drôle ( ?) ou très ennuyeux, et qui a le mérite de provoquer une véritable réflexion (ou une prise de conscience) du type "mais que fais-je ??? où suis-je ???", propulsant Machiko, en prof de philo... malgré elle !

...mais avant toute chose, pénétrons - brièvement - la genèse de Mademoiselle Mai. Au commencement, Machiko Sensei est un personnage créé par Takeshi Ebihara qui apparut dans le manga Machiko Sensei no Panti (litt. "la culotte du professeur Machiko") en mars 1980 ; rapidement va naître Maicchingu Machiko Sensei, manga culte et coquin qui aura l’honneur de se voir adapter sur le petit écran sous la forme d’une série animée - 95 épisodes, diffusés entre le 8 Octobre 1981 et le 6 Octobre 1983. 2003. Le Japon n’est pas épargné par le revival 80’s - de la sempiternelle vague nostalgico-mercantile qui apparaît à chaque nouvelle décennie - qui se déploie partout à travers le Monde. Musique, manga, mode, cinéma, tout y passe... TMC, boîte spécialisé dans le direct to video érotique, a donc la bonne idée de sortir une adaptation du manga/dessin-animé cul(te) Maicchingu Machiko Sensei, à grands renforts publicitaires.

Pour incarner Machiko Mai, Minoru Kawasaki s’alloue les services d’une gurabia aidoru (gravure idole) assez célèbre : Kaori Nakatani. Principalement connue pour son passé d’ex-hôtesse de l’air chez JAL et pour n’avoir pas froid aux yeux, puisqu’elle a posé plus d’une fois "heanuudo", entendez par là "hair nude", dans diverses publications et vidéos. Voilà, on a l’actrice principale, le scénar... allons-y !

...alors oui, Maicchingu Machiko Sensei est un produit plutôt déroutant ; à la manière du manga original, le film est chapitré en petites scénettes/sketchs (cinq pour une durée totale de soixante-quinze minutes) qui forment plus ou moins un tout... un film "entier" aurait certainement été insupportable. Bon de toutes façons, dès le générique le ton est donné ; sur des images videos faisant passer Jean-Christophe Averty pour un mec engoncé dans la conventionalité, mademoiselle Nakatani/Machiko chante( ?), d’une voix parfois hésitante... mais bon, on sent la bonne volonté de tenter de monter dans les aiguës. Pas mal, pas mal... bon passons outre certains détails tels le "jeu" des acteurs, le lycée en images de synth... euh, dessiné sur ordinateur, mais aussi sur le fait que certains étudiants aient trente-cinq piges, ou encore les phases course poursuite à la Benny-Hill, pour nous focaliser sur cette œuvre qui semble déjà mémorable.

Machiko est donc une toute jeune prof, plutôt jolie, légèrement naïve, mais surtout très gentille. Evidemment, son côté je montre mes fesses et mes seins à tout va, va vite devenir le sujet principal des conversations qui alimentent ce petit monte estudiantin... Il faut dire que Machiko possède un pouvoir qu’elle seule maîtrise : la Maicchingu Pozu ! Cette "pose Maicching" a un effet immédiat sur la gent masculine, qui se caractérise en un mot, par une érection. Un vil homme envoie alors dans le lycée une arme secrète censée contrecarrer le pouvoir de Machiko ; Michiko sensei. Un chouya moins "classe" que notre prof préférée, Michiko possède une autre arme : la Gomacchingu Pozu !...un combat va alors avoir lieu dans l’enceinte du lycée. Un combat dont l’enjeu - vital - est de savoir laquelle des deux est la plus... bandante (en gros hein) ! Qui de Machiko ou Michiko proposera les poses les plus attractives ? la lutte sera rude et longue (qui a dit pour le téléspectateur ?!)...

Bon alors, j’aime vraiment beaucoup la frimousse de Kaori Nakatani, qui interprète à merveille son rôle de jeune femme naïve et mignonne, mais je dois bien avouer qu’à une exception près ("le" striptease !) elle est aussi sexy qu’un tamanoir nageant dans de la purée de poids cassés ! Certainement sa manière de se mouvoir, quelque peu pataude... mais bon, passe encore. Le principal reproche que je ferai à Maicchingu Machiko Sensei, est l’insertion de scènes de danse/chant d’une longueur éhontée mais surtout d’un ennui à mourir ! Machiko au carnaval de Rio, Machiko hard-rockeuse, Machiko en France avec ses "merci ! maicchinguuuuuuuu !" ou encore "oui ! maicchinguuuuuu !" à tout va (Nakatani parle le français)... remplissant facilement 50% du film, elles le freinent véritablement.

Bon alors au final, Maicchingu Machiko Sensei est un direct to video dont on peut allègrement se passer (c’est même conseillé !)... quant à moi, je préfère n’en garder qu’une image, positive celle-ci : le sourire de Kaori, auquel il est difficile de résister.

Note : une suite de ce film est sortie en video le 22 septembre 2003 : Maicchingu Machiko Sensei - Let’s ! Rinkai Gakko avec en guest de charme, Maiko Kazano.

Kuro | 22.02.2004 | Japon

DVD | TMC - Oscar | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:33 - 4/3 | Images : Très bonne définition, de belles couleurs... rien à redire ! | Son : Bonne stéréo.

Suppléments : 30 minutes qui comprennent un making of, des interviews, un bêtisier ainsi que le trailer.

Ce DVD ne comporte pas le moindre sous-titre.

Existe également en VHS (NTSC) au Japon.

Les musiques et chansons du film sont disponibles sur CD (3 éditions collectors aux couvertures différentes) [réf. HAPPY-1A/B/C].

Bonus
Site Officiel des films: http://maicching-machiko.com
Site Officiel de Maicchingu Machiko Sensei: http://www003.upp.so-net.ne.jp/maicching/index2.html"
Site Officiel de Kaori Nakatani: http://www.nakatanikaori.com

[1Traduction "soft" du jeu de mot vaseux qui se trouve au dos de la jaquette du film...

aka Maicching Machiko Sensei - Maitchingu Machiko Sensei - Maicching Machiko Teacher | Japon | 2003 | Un film de Minoru Kawasaki | D’après le manga Maicchingu Machiko Sensei de Takeshi Ebihara | Avec Kaori Nakatani, Megumi Asou, Emi Kitagawa, Natsuha Misaki, Tomomi Hayashi, Kaori Maruyama, Shinnosuke Horiuchi, Tetsuya Inagawa, Daisuke Souka, Eiji Shimamura, Hideaki Matsunaga, Maho Inoue, Kazuyoshi Miura
Headshot
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