Man-hole

Seul film du réalisateur Takazuki Suzui, Man-hole est un film en forme de mignonne carte postale en provenance d’Hokkaido (l’île la plus septentrionale du Japon). Un film au côté attachant et inoffensif qui fait que l’on ne regrette pas vraiment de l’avoir visionné, mais qu’on a également tôt fait de l’oublier.

Man-hole ou quand l’anodin exacerbé tente de se constituer en film.

Man-hole fait partie de ces films tellement quelconques qu’ils ont ce curieux pouvoir de désarmer les critiques. Il n’y a en effet rien de détestable, ni même de véritablement maladroit, dans Man-hole. Simplement l’impression de goûter un aliment sans saveur mais pas forcément désagréable (imaginez un marshmallow sans aucun goût).
On peut toujours prétexter que la texture rend la chose agréable mais soyons franc et direct, Man-hole est tout simplement un film ennuyeux et sans originalité. Enfin, ne soyons pas si sévère, il a tout de même fallu aller à Sapporo pour tourner le film. Mais mis à part ce changement de localité et le léger dépaysement qui en découle, Man-hole a tout du parfait petit film japonais gentillet et soporifique (dûment estampillé par le Ministère de la Culture japonais et l’Office du Tourisme local).

C’est bien mignon ces deux personnages attachants qui cherchent une bouche d’égout légendaire où l’on peut accéder à des rêves, mais ça ne fait pas un film. Surtout que Takayuki Suzui n’ose rien d’audacieux ou alors très discrètement comme lorsqu’il grime Tomoro Taguchi en conducteur de taxi-vache, en fait une publicité roulante et à peine déguisée pour le fabricant d’ordinateurs Gateway.
On a l’impression que tout est dit dès les premières minutes et tout ce qui ne l’est pas ne surprend pas. Le film coule lentement comme un fleuve paisible que rien ne peut détourner de son cours langoureux.

Mais le plus gênant dans Man-hole est cette impression tenace d’être au beau milieu d’une publicité pour un détergent quelconque. On baigne en effet dans un océan de propreté clinique où tout le monde il est beau il est gentil. Une vieille dame s’habille comme son chien (ou est-ce l’inverse ?), la lumière du soleil omniprésente renforce le sentiment de propreté, une mère inquiète envoie des pommes de terre à son fils policier, la colère s’exprime en renversant le carton des dites pommes de terre et les salarymen sortent gentiment au karaoké avec des adolescentes sans penser à mal... la liste est longue.

Il reste donc de Man-hole une vision bien trop naïve et trop belle de la vie pour être vraie - les problèmes ont la curieuse propriété de se résoudre par eux-mêmes et en douceur, et tout le monde a un bon fond. Loin de la saleté que l’on pourrait s’attendre à trouver dans un égout, c’est au vide du trou que l’on est confronté avec une impression de calme et de candeur finalement pas si désagréable... cinq minutes avant que l’on s’assoupisse.

Zeni | 18.02.2004 | Japon

Dispo en VHS au Japon.

Site officiel du film : http://man-hole.infosnow.ne.jp/

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