Manisha Koirala

Manisha Koirala, connue pour son franc parlé, a derrière elle une cinquantaine de films en une petite dizaine d’années de carrière. Elle a travaillé avec les plus grands réalisateurs de Bollywood : Rama Golam Varma, Mani Ratnam... Grande fan de cinéma, elle vient de produire une comédie sans star masculine, Paisa Vasool, et souhaiterait passer derrière la caméra.

Sancho : Qu’est ce qui vous a poussé à devenir une actrice ?

Manisha Koirala : J’ai toujours aimé à la fois le cinéma et jouer la comédie. Je faisais d’ailleurs du théâtre à l’école, c’est ce qui je crois m’a poussée vers le cinéma.

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Comme j’ai joué dans plus de 50 films, j’essaye désormais de choisir des rôles différents de ceux que j’ai déjà interprétés. Par exemple dans le film Company, je joue la petite amie d’un gangster, mais elle a une façon différente de se comporter. Je vais également jouer le rôle d’Indira Ghandi. Je cherche des rôles uniques, et différents les uns des autres.

Existe-t-il des différences entre la façon de jouer en Inde et en occident ?

Je peux seulement parler de ma propre expérience, or je n’ai joué la comédie qu’en Inde. Toutefois, je ne pense pas qu’il existe des différences, le cinéma est le même partout.

Comment préparez-vous vos rôles ?

Dans Company, par exemple, le réalisateur m’a simplement dit que je devais jouer la petite amie d’un gangster, rien n’avait été défini. J’ai discuté avec Rama Golam Varma de sa personnalité, c’est-à-dire de sa façon de se tenir ou de prononcer les dialogues. Est-ce qu’elle sera une personne timide, ou bien quelqu’un avec de la personnalité ? Ce sont le genre de choses dont vous discutez avec le directeur pour définir un personnage.

A propos de Ram Gola Varma justement, est-il est différent ou semblable aux autres réalisateurs indiens ?

J’ai eu la chance travailler avec les meilleurs réalisateur indiens et ils sont tous uniques.

Vous avez produit au moins un film - Paisa Vasool -, pourquoi avez-vous décidé de passer à la production ?

Je crois qu’il est nécessaire d’essayer de faire des choses différentes. C’est une comédie, et c’est la première fois où il n’y avait pas de héros, mais deux héroïnes qui sont amies. Tous le monde me disait, "il n’y a pas de héros, aie !". En Inde, c’est nouveau de faire un film sans héros, c’est pourquoi je souhaitais le faire.

Vous avez d’autres projets de production ?

Oui, il y a quelques scripts que j’ai appréciés, et je vais sûrement les produire.

J’ai lu que vous souhaitiez également passer derrière la caméra...

J’ai plusieurs histoires en tête que je développe et qui sont très proches de la vie réelle. Ce serait des histoires inspirées de la vie réelle, qui seraient fictionnalisées.

Pouvez-nous parler des tournages de vos films ? Comment par exemple se déroulent les scènes dansées ? Sont-elles réalisées par le réalisateur du film ou quelqu’un d’autres ?

Non, il n’y a qu’un seul réalisateur qui est le capitaine du vaisseau. Au niveau du script, le réalisateur et le scénariste le développent ensemble. Le réalisateur décide également qui vont être les acteurs qui vont participer au film. Finalement, le réalisateur fait tout. Toutefois, ce n’est pas lui qui développe les chorégraphies, mais un chorégraphe.

Que pensez-vous du cinéma indien actuel et du fait que de plus en plus de gens en Europe - et je ne parle pas des indiens qui y vivent - s’y intéressent ?

Je pense que c’est très bien. Il est temps finalement, parce que nous avons réalisé de bons films par le passé. Les spectateurs en Inde sont ouverts à tous les types de cinéma, et les réalisateurs leur offrent différents types de cinéma. C’est le cas par exemple de Ram Golam Varma. Nous avons d’autres cinéastes comme Mira Nair qui traitent de sujets différents et que l’audience accepte. C’est très bien pour les réalisateurs, très bien pour le cinéma et très bien que le monde s’intéresse au cinéma indien.

Que représente d’être le symbole du cinéma indien durant votre séjour en France, alors que se tient cette rétrospective ?

Je ne sais pas pourquoi j’ai été choisie moi, (rires) il faudra demander aux organisateurs. Sans doute parce que j’ai fait beaucoup de films différents...

Quels films conseillerez-vous à des spectateurs français qui souhaiteraient découvrir le cinéma indien ?

Il y a un film qui s’appelle Bombay, qui est à la fois un film de qualité et caractéristique du cinéma de Bollywood, au niveau notamment des scènes chantées et dansées. Sinon un film spectaculaire comme Lagaan, qui a disposé d’un budget important, de grands plateaux, de beaux costumes...

Je crois savoir que vous aimez le cinéma, et pas seulement le cinéma indien. Quel est le dernier film que vous avez aimé ?

J’adore les films européens (rires) car ils proposent des histoires et des styles différents. Par exemple, j’ai trouvé fantastique le film de Pedro Almodovar, Tout sur ma mère, dont on peut apprendre beaucoup. Son style visuel et le voyage auquel il nous convie sont très beau. Je vois également des films chinois, japonais. J’ai beaucoup apprécié des films comme Le Facteur, Amélie Poulain, Épouses et Concubines, Adieu ma concubine. J’aime beaucoup le réalisateur allemand qui a réalisé Cours Lola Cours et La princesse et le guerrier (Tom Tykwer, NDLR).

Nous avons interrogé Amitabh Bachchan l’année dernière, et il nous a dit qu’il choisissait ses films pour sa fille ou sa femme. Et vous, à qui demandez-vous conseil dans le choix de vos rôles ?

Parfois, je demande à ma mère et également à mes amis. Heureusement, je leur demande des conseils parce que si je me fiais seulement à mon jugement (rires)... C’est bien d’avoir son propre jugement, mais il faut aussi savoir écouter les autres !

Interview réalisée à Paris à la mi-mars 2004 par l’équipe de SdA, en association avec Elan-Films. Remerciements à Albane Jouis-Maucherat, chargée des relations presse à Beaubourg qui a rendu possible cette interview.

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