Marî no Emono

Trahison, vengeance, sexe et...euh... SEXE !!!

Marî est une mystérieuse et belle jeune femme. Mais Marî ne s’est jamais remise de la mort de sa mère, assassinée devant ses yeux alors qu’elle n’était qu’une enfant. Aujourd’hui, Marî est une tueuse professionnelle. Sa nouvelle mission, consiste à infiltrer la mafia hongkongaise, et à éliminer un certain Kô. Mais rapidement, elle va se retrouver dans un gigantesque piège, auquel son père se retrouve étrangement mêlé...

...dès les premières nanosecondes de cette super(mortelle)production vidéo estampillée Legend Pictures cuvée 96, le ton est donné : une scène de... coït ! Ah bah tiens, ça c’est original ! Tak tak boum boum ! On découvre la même jeune femme - lors d’un mémorable fondu enchaîné sur des fleurs (!) - avec un homme en fauteuil roulant ; cette jeune femme, c’est Marî, et l’homme son père. Pas le temps de dire "ouf !", en un clin d’œil nous retrouvons la belle affublée d’une casquette et d’un fusil à lunette. Ok, j’ai compris. Marî est un(e) sniper/tueuse professionnelle. Ah ben là tout de suite ça va mieux ! Un générique sublime - merci aux titrages vidéo, garants du charme très 80’s d’un film de la seconde moitié des années 90 ! - nous indique que nous nous trouvons dans un direct to video répondant au titre de Marî no Emono...

Pour son troisième film, Keiichirô Yoshida choisi d’adapter le manga éponyme et culte de Kiyokazu Chiba (Marî no Emono donc), en en adaptant lui-même le scénario. Yoshida est un grand habitué des directs to video, et il va le prouver durant les quatre-vingt huit minutes qui constituent ce Marî no Emono... hop ! hop ! entrons directement dans le vif du sujet, à savoir si ce produit vidéoforme tamponné en lettres rouges WWG - women with gun - se dégage haut la main du lot impressionnant de directs to video nippons qui sortent chaque année ?!... hmmmm...

Yoshida, en pro du V-cinema, nous ballade à travers bon nombres de clichés incombant au Genre. Maître d’œuvre honnête du petit Monde de la video nippone, il ne choisit pas la tergiversation et va droit au but, sans fioriture aucune ! Pour interpréter sa belle héroïne, il offre le rôle - taillé sur mesure ! - de Marî à la magnifique Makiko Kuno, elle aussi grande habituée de ce genre de productions que l’on a pu voir notamment dans le XX-Utsukushiki Hantâ de Konuma... et si le film possède un point fort, c’est bien elle ! Makiko Kuno possède un réel talent de comédienne... oui, oui, pas la peine de me regarder comme ça ! A vrai dire, plus qu’une aptitude à jouer la comédie, Kuno possède un petit quelque chose qui fait d’elle l’actrice parfaite pour interpréter "la" Femme Fatale, aussi habile à manier son physique qu’une arme à feu. Makiko Kuno est Marî, et Marî est Makiko Kuno - voilà pour l’aparté.

Marî est un personnage torturé, une femme "à la (Takashi) Ishii", à l’esprit hanté depuis sa petite enfance par les images d’un mère assassinée... une douleur enfouie au fond d’elle qui ressurgie lorsqu’elle est confrontée à la violence qui l’entoure. Cette douleur psychologique, elle va l’exorciser petit à petit, tout au long de son voyage "initiatique" aux allures de descente aux enfers. De désillusions en incompréhensions, Marî va se trouver ; son envie d’être aimée, d’être mère... la Vampe va devenir Femme en rencontrant l’Amour...

...bon, reprenons un ton plus léger ! Si le personnage de Marî est certainement l’élément le plus intéressant de Marî no Emono, ce direct to video "des familles" n’est pas réellement un fleuron du genre, non, efficace serait plutôt le terme adéquat pour qualifier ce film qui a - malheureusement - trop souvent des allures de soft-porn de rez-de-chaussée. Mais attention, Yoshida ne prend jamais le spectateur en traître, ainsi chaque scène "chaude" est annoncée par... une seule et unique chanson - interprétée, s’il vous plaît, par Monsieur Jô Yamanaka ! - tout au long du film (quatre ou cinq fois, je ne sais plus) !... bon, d’un autre côté, ça nous repose les oreilles de la bouillie synthétique qui assène nos oreilles lors des séquences d’action ! En revanche niveau casting, Yoshida ne s’est pas moqué de nous, puisque l’on retrouve pêle-mêle Takeshi Yamato (Tokarev), l’inénarrable Ren Ôsugi, Kenichi Endô (Visitor Q), le comique Kanpei Hazawa, ou encore la charmante actrice d’AV - Adult Video - Hitomi Shiraishi.

...alors Marî no Emono, bon ou mauvais film ? A vrai dire, si le scénario est plutôt linéaire et la réalisation globalement aussi classique que la neuvième de Beethoven - si l’on excepte une montée crescendo durant les vingt dernières minutes -, ce direct to video possède un charme, certes désuet mais incontestable, notamment grâce à la prestation de son actrice principale. Marî, petite fille traumatisée devenue une femme marquée par le destin, voit tous ceux qu’elle aime disparaître, jusqu’à la délivrance psychologique personnifiée en une enfant qui elle aussi a tout perdue... Non vraiment, Marî no Emono n’est peut-être pas un grand film, ni même un grand direct to video, mais il possède ce petit quelque chose de beau et désespéré qui le rend tout simplement attachant... moi, j’y retourne !

Kuro | 1er.02.2004 | Japon

VHS (NTSC) au Japon.

DVD (HK) | Asia Video Publishing | NTSC | All Zone | Format : 1:1:85 - 4/3 | Images : Pas de défaut de pressage, mais un net manque de définition... | Son : Bonne stéréo.

Suppléments : nada ! même pas de menu... ouch !

Ce DVD ne comporte que des sous-titres chinois optionnels.

Bonus
Site (de fan) consacré à Makiko Kuno: http://www.geocities.co.jp/Hollywood/2248/

aka Marii no Emono - Marî no Gêmu - Marii no Geemu - Marî no Game - Mari’s Game - Hunter’s Game | Japon | 1996 | Un film de Keiichirô Yoshida | D’après le manga Marî no Emono de Kiyokazu Chiba | Avec Makiko Kuno, Takeshi Yamato, Ren Ôsugi, Kenichi Endô, Teppei Shibuya, Taisaku Akino, Masami Someya, Hitomi Shiraishi, Kanpei Hazawa, Sakae Umezu, Ryûji Katagiri, Shohei Hino, Jô Yamanaka
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