Memento Mori

Pour le public non habitué aux films asiatiques et coréens en particulier (comme moi, par exemple), Memento Mori reste un paradoxe. Postulat numéro 1 : Memento Mori est un film d’horreur (pour les puristes, disons un film à suspense tirant vers l’angoisse), peuplé d’adolescentes, dont l’action se déroule dans un lycée d’une Corée plutôt contemporaine et, bizarrement, assez occidentalisée. Un "slasher movie", donc. Postulat numéro 2 : Memento Mori bénéficie d’une réalisation très travaillée, d’une bande originale de toute beauté et surtout d’un réel travail sur la lumière. De l’art, donc. Un peu contradictoire, me direz-vous ? Certainement, mais tellement bienvenu.

Il saute aux yeux que tout est extrêmement soigné dans ce film, à l’image du journal intime - au cœur de l’histoire - qui allie la grâce de l’écriture coréenne à la naïveté touchante des collages et dessins typiquement asiatiques (à la Kikujiro). Un journal intime découvert par une jeune lycéenne et qui raconte les premiers pas amoureux de deux de ses camarades féminines. Lorsque l’une d’entre elle trouve la mort dans des circonstances suspectes, l’atmosphère qui règne dans l’établissement bascule petit à petit dans l’horreur, au fil des pages... Memento Mori, Souviens toi de la Mort, qui revient parfois rôder, en fantôme malveillant.

La construction originale du récit, passionnante, joue sur plusieurs niveaux - temporels, spatiaux et humains. Le journal intime, omniprésent, fait le lien entre ces différentes ramifications. Si les flash-back racontent en images ce qui y est écrit - le passé - , les actions et émotions de la lectrice font, elles, avancer l’histoire dans le présent. Si les plans d’extérieur - où le journal est retrouvé pour la première fois - sont colorés, lumineux et presque gais, les plans d’intérieur - dans l’atmosphère confinée du lycée - sont pâles, presque monochromes et étouffants. De la même manière, le journal intime semble le fil conducteur permettant de démêler l’ambiguïté sexuelle qui existe chez les deux jeunes filles, à travers leurs relations intimes mais aussi celles qu’elles peuvent avoir avec les autres, masculins et plus âgés.

Enfin, le souci esthétique est présent tout le long du film, à travers l’éclairage et les couleurs. C’est particulièrement remarquable dans les séquences à l’intérieur du lycée, où se noue l’intrigue. L’éclairage pâle - parfois même à la limite du bleuté - s’ajoute aux tons noir et blanc des uniformes étudiants et aux murs immaculés du bâtiment pour donner cet aspect monochrome, inquiétant car peu naturel. Au delà des œuvres très "artistiques" qui jalonnent le déroulement de l’histoire (comme autant d’indices dans un jeu de piste) - on peut citer le cahier, mais aussi le piano décoré - la beauté de l’actrice principale (Park Ye-Jin) et de quelques unes de ses camarades fait de ce film un plaisir constant pour les yeux. Sans parler du jeu de ces mêmes actrices, dont les visages sont un puit d’émotions presque sans fond.

Un pur bonheur que d’y plonger sans retenue !

Memento Mori est disponible en DVD et VCD HK PLEIN CADRE, et donc à éviter, mais aussi en DVD coréen (Spectrum) magnifique, bourré de suppléments (BO isolée morceau par morceau, notamment), et sous-titré anglais... le bonheur !!!

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