My Hero

Sur l’affiche des mots dans cet ordre : absurdité, amitié, meurtre, complot, destinée. Et une phrase : "That’s just the film". En un mot comme en cent, tout est dit.

Sing-Chi incarne un serveur dont le passe-temps favori se résume à lire des bandes-déssinées d’action. Et c’est bien souvent que son employeur doit le rappeler à l’ordre. C’est alors qu’un jour une fusillade a lieu devant ses yeux. Le parrain des triades visé ne doit sa vie qu’à l’intervention de Stephen. Durant l’agression Chiau est subjugué par la répartie gun-esque de Chun (Wilson Tam), l’un des gardes du corps du chef mafieux. L’opportunité d’accéder au statut de célébrité puis de nabab des triades lui est enfin offerte. Mais lorsqu’il se rend compte qu’il n’a été engagé que pour être le sous-fifre de service, son sang ne fait qu’un tour et il décide de tout mettre en oeuvre pour réaliser son rêve. Pour ce faire il va se lier d’amitié avec Chun (son idole et accessoirement le sosie de Chow Yun-Fat - en plus endive certes) dans une scène mémorable de danse et de chant aux côtés d’Ann Bridgewater. Des liens très fort vont se tisser entre eux trois.

Parallèlement à cela, Chiau et Chun volent de "succès" en "succès" et s’attirent les bonnes grâces de leur "uncle" et même de Shing Fui-On (l’homme aux 12541 films) qui ne voyait pourtant pas d’un bon oeil l’arrivée de Stephen. Les trois comparses deviennent inséparables à leur tour suite à un petit voyage en Thaïlande très mal "organisé" (pour les détails et si et seulement si vous brûlez de savoir le fin mot de l’histoire allez voir un brin plus bas). Outre les activités quotidiennes d’un membre des triades, le trio de choc doit faire face à une nouvelle épreuve : leur boss veut passer la main. Chacun leur tour Shing Fui-On, Chun, et Chiau déclinent l’offre du parrain et préfèrent le convaincre de laisser sa succession à son fils. Mais le vieux briscard ne l’entend pas de cette oreille et...

D’emblée on essaye de nous faire croire à une comédie, la présence de Chiau Sing-Chi y faisant beaucoup. La jaquette scandaleusement affublée d’un Chiau débonnaire et jovial ne fait que nous induire en erreur un peu plus. Et pourtant comme s’il s’agissait d’une volonté de la part du réalisateur Leung Ka-Yan - qui s’est lui même distribué le rôle du parrain - de désamorcer tout au long du film la dramaturgie de la scène par la seule présence du "King Of Comedy". Ces coups dans l’eau ne servent à rien car nous sommes trop pris par la destinée de Stephen, censé faire le pitre. On est définitivement devant un bon film. Tous les protagonistes deviennent vite attachants. Prennons Shing Fui-On. Dès l’instant où on nous fait rentrer dans son intimité, sa maison, sa femme, ses enfants (8 filles !!), son chien, son personnage devient plus grave et on s’inquiète d’emblée pour lui ; alors que 20 minutes auparavant il n’était qu’un second rôle sans véritable relief. Son caractère est rigoureusement identique à celui de Tsui Kam-Kong dans le chef d’oeuvre de Derek Yee, Viva Erotica.

Le personnage d’Ann Bridgewater n’est pas ou peu traité (en même temps vu le nom ?!!) Son rôle le plus notoire reste celui de la petite amie de Chow Yun-Fat et d’Anthony Wong Chau-Sang dans le Full Contact de notre ami Lam Ling-Tung. Wilson Lam (qui aurait sa place sur un étal de fruits et légumes) reste un personnage assez effacé face à un Stephen Chiau sublime et criant de réalisme.

Ouvrons d’ailleurs une large parenthèse et remettons les choses au point. Il est bien dommage qu’au jour d’aujourd’hui cet incroyable acteur ne soit reconnu que pour ses pitreries (magnifiques bien entendu) et non pour ce qu’il est vraiment : le plus fantastique et le plus touchant des artistes de notre temps. Aussi c’est avec un certain niveau de mécontentement que j’ai remarqué l’intérêt soudain accordé à cet homme et à son dernier film, Shaolin Soccer. Attention pas de méprise !!! Que les gens s’ouvrent au cinéma asiatique est une chose, mais que ces mêmes personnes ne découvrent qu’an bout de presque deux décennies le talent fabuleux de ce Dieu vivant, me révolte. Car si Shaolin Soccer (voir article) représente pour ses spectateurs un chef d’oeuvre - et là je le dis bien haut : - ce n’est rien comparé à l’exceptionnellement mortel King Of Comedy. Notons au passage que le film pré-cité n’a reçu qu’un accueil des plus glacial (une vautre magistrale en d’autres termes !!!). En tout cas j’espère que le public s’ouvrira encore plus et n’aura de cesse de découvrir l’homme et ses secrets.

Pour en revenir au film, sachez que tout fan se doit de le voir et de l’avoir. Qu’il s’agit pour ma part d’une agréable surprise et que le titre ainsi que la jaquette furent bien mal choisis et ne reflètent en rien le sujet et la force du film. Play it again monsieur Chiau Sing-Chi.

Takeuchi | 18.10.2001 | Hong Kong

VCD et DVD Mei-Ah. | Le prix exhorbitant du DVD - 90 francs - ne doit pas dissuader les fans. Bon alors c’est Mei-Ah et en plus c’est l’un des tous premiers ce qui veut dire : des suppléments inexistants, un 5.1 approuvé par le Capitaine Caverne, et des sous-titres anglais passables.

Hong Kong | 1990 | Un film de Leung Ka-Yan | Avec Stephen Chiau Sing-Chi, Anti Bridgewater, Wilson Lam, Leung Ka-Yan, Shing Fui-On
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