Nerawareta Gakuen

Pouvoirs extrasensoriels et crise d’adolescence...

Yuka Mitamura est une jeune fille de seize ans comme bien d’autres. Elève à la Daiichi Gakuen, elle est appréciée de tous, professeurs compris. Un beau jour, alors qu’elle rentre de cours avec son ami Kouji, un enfant traverse dangereusement la route sur son tricycle ; au même moment, un énorme camion arrive à grande vitesse. Témoin « impuissante » de la scène, elle prie pour que l’enfant ne soit pas écrasé... soudain, le camion entouré d’un champ magnétique se met à reculer, laissant l’enfant traverser sain et sauf... Quelques jours plus tard, Kouji participe à un tournoi de Kendô inter-écoles, et semble mal en point...Yuka se concentre, et Kouji se met à remporter match sur match... Consciente de sa différence, la jeune fille commence à s’en inquiéter, jusqu’au jour où un étrange homme nommé Kyôgoku lui propose de s’associer avec lui afin de dominer le monde...

Septième long-métrage réalisé par Nobuhiko Ôbayashi, Nerawareta Gakuen marque un tournant décisif dans la longue carrière auréolée de succès de l’un des metteurs en scène les plus appréciés du grand public nippon. A la manière de Shinji Sômai (Tonda Couple), Ôbayashi va devenir en une poignée de films, le réalisateur de l’adolescence...

Sous couvert d’une fable aux accents fantastiques, huit ans avant Hayao Miyazaki et son magnifique Majo no Takkyubin (Kiki la Petite Sorcière), Ôbayashi utilise les pouvoirs extrasensoriels d’une jeune fille comme métaphore sur l’adolescence et les transformations du corps... Production typique de ce début des années 80 pour la Kadokawa, qui continue de façonner sa nouvelle star Hiroko Yakushimaru, qui en est à son deuxième film pour la firme après le nihilo-mainstream Yasei no Shômei dans lequel elle partageait l’affiche aux côtés du grand Ken Takakura. Nerawareta Gakuen ne serait donc qu’un prétexte pour promouvoir la carrière de notre jeune amie ?... Ôbayashi n’est pas Fukasaku -qui en 1983, réalisa non sans une certaine désinvolture cynique Satomi Hakkenden avec Hiroko dans le rôle titre-, et il compte bien profiter de cette commande en bonne et due forme du studio le plus tentaculaire de ce début des 80’s pour semer les premières graines de ce qui deviendra sa marque de fabrique, façonnant ainsi les prémisses de son œuvre à venir...

...il faut dire que le matériau de base que constitue le roman de Taku Mayumura est suffisamment consistant pour que le réalisateur laisse exploser ici sa verve cinématographique (on y retrouve même des éléments visuels qu’il reprendra une décennie plus tard dans son magnifique Futari), bourrée d’idées de mise en scène, parfois à la limite du cheap, mais toujours intensément pensée pour le bonheur du public, sans jamais le prendre pour un idiot (...). Si la vie de Yuka est rapidement bouleversée par l’apparition soudaine de ces étranges pouvoirs, l’arrivée d’une nouvelle élève dans la classe va plonger l’école dans une sorte de chaos orchestré.

Michiru Takamizawa est une jeune fille comme bien d’autres... au premier abord. Tout comme Yuka, elle possède des pouvoirs extrasensoriels. Mais contrairement à cette dernière, Michiru utilise son « don » pour transformer ce lieu de vie en une sorte de micro-société où règnent violence et interdiction ; une milice est créée, et les élèves semblent s’être mués en robots...

...comme c’est souvent le cas, Nerawareta Gakuen est un film à divers niveaux de lecture ; bluette nostalgico-fantastique à travers l’adolescence ou critique cynique et intelligente de la société et du système éducatif nippon, on peut dire qu’Ôbayashi s’en donne à cœur joie en brouillant les pistes au nez et à la barbe de ceux qui le critiqueraient...

Au-delà du simple film d’été estampillé « grand public » -il est sorti le 11 juillet 1981 en salles-, Nerawareta Gakuen s’impose en une critique évidente de la société en y pointant un doigt réprobateur, faisant parfois penser à une sorte de Lord of the Flies (Sa Majesté des Mouches /Peter Brook) graphiquement moins violent... à vrai dire, dissimulé sous ses aspects de film pour ados, Nerawareta Gakuen a tout du pamphlet, et n’hésite pas à égratigner au passage le système éducatif nippon, faisant preuve d’un cynisme éblouissant...et on ne peut plus visionnaire.

Note : le générique de Nerawareta Gakuen n’est autre que la cultissime chanson Mamotte Agetai interprétée par Yuming (Yumi Matsutoya)

Kuro | 6.08.2004 | Japon

DVD (Japon) | Kadokawa / Asmik | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:85 - 16/9 | Images : Un pressage anamorphique sans faille pour un rendu très « pellicule ». | Son : 5.1 ou mono. Un re-mixage 5.1 relativement intéressant au niveau de la musique... Très bonne piste mono. | Suppléments : Le trailer du film ainsi qu’un commentaire audio de Nobuhiko Ôbayashi...

Ce DVD ne comporte que des sous-titres japonais optionnels.

Existe également en VHS (NTSC) et LaserDisc (NTSC) au Japon...

aka ねらわれた学園 - School in the Crosshairs | Japon | 1981 | un film de Nobuhiko Ôbayashi | d’après le roman Nerawareta Gakuen écrit par Taku Mayumura | avec Hiroko Yakushimaru, Ryôichi Takayanagi, Masami Hasegawa, Makoto Tezuka, Hiroyuki Funaki, Tôru Minegishi, Katsunori Takahashi, Kazuhiko Miyatera, Tomoaka Sugimoto, Kôichi Miura, Gorô Ôishi, Yûsuke Okada, Kôichi Yamamoto, Miyoko Akaza, Hajime Hana, Noriko Sengoku, Mayumi Hasegawa, Hiromitsu Suzuki, Chiharu Kuri, Izumi Asuka, Kazuyo Aoki, Nobuyo Ôyama, Kiyoko Uno, Yoshirô Satô, Yûji Yasuda, Teruyo Shimazawa, Janbo Sugita, Haruki Kadokawa, Ai Matsubara, Shôichi Hirose, Fumi Dan
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