Nin × Nin - Ninja Hattori-kun the Movie

Smap ninja !

Par delà les montagnes et les forêts, se trouve la terre d’Iga. Kanzô Hattori, dernier descendant de la lignée de ninja Iga, reçoit l’ultime apprentissage de son père, Jinzo. Hattori-kun doit cependant passer un dernier test : aller à Edo (Tôkyô) et parvenir à y perpétrer le code des ninja, à savoir n’être vu que par son maître... Après un long voyage, Hattori-kun arrive enfin à destination ; il doit désormais trouver un maître parmi les millions d’êtres qui vivent dans la mégalopole. Parfaitement au hasard, Hattori-kun atterrit dans la chambre de Kenichi, un garçon d’une dizaine d’années sujet aux railleries des enfants de son âge. Au même moment, de mystérieux « crimes » sont commis aux quatre coins de la ville, plongeant les victimes dans un coma profond sans aucune trace de brutalité, ni blessure. Apparemment, rien ne semble lier les victimes, si ce n’est qu’elles possèdent toutes un tatouage au niveau du poignet, et qu’une dague de ninja se trouve près d’elles... A l’école, la classe de Kenichi se voit confier à un nouvel instituteur, Monsieur Satoh...

...que ce soit aux Etats-Unis ou au Japon, on peut dire que ce début de siècle est "riche" en adaptations cinématographiques de comics/manga ; de Spider-Man à Cutie Honey, en passant par Hulk et autres Devilman, on peut dire que des deux côtés du Pacifique, les idées neuves et originales ne sont pas légions chez les gros studios, et lorsque l’on considère les films en post-production ou déjà terminés (Fantastic Four, Iron Man, Ghost Rider pour les USA ; Azumi 2, Touch, Tetsujin 28Go pour le Japon), ce n’est pas près de s’arranger ! Bref, à l’Ouest comme à l’Est, rien de nouveau...

Nin × Nin - Ninja Hattori-kun the Movie est donc l’adaptation d’un manga crée par Fukio Fujio A (comparse de Fujiko F. Fujio) dans le mensuel Gekkan Shonen en 1964 ; rapidement, la popularité du personnage et de ses aventures devient telle, que la télévision s’intéresse de très près au petit ninja. Deux ans après sa première publication Ninja Hattori-kun se verra adapté dans une série live -géniale !- aujourd’hui devenue culte. Succès aidant, une série d’animation voit le jour en 1981 pour ne s’arrêter qu’en 1987 au bout de 694 épisodes ! Diffusées et rediffusées jusqu’à overdose sur le petit écran nippon, les aventures de Hattori-kun vont subir presque toutes les adaptations, du long-métrage d’animation en passant par les jeux video...

Pour fêter les quarante ans de bons et loyaux services du petit ninja anachronique, la Toho décide de le remettre au goût du jour en surfant sur cette vague d’adaptations cinématographiques. Pour rajeunir le concept quadragénaire conçu par Fujiko Fujio A, le scénario est confié à l’excellent Magy, ex-leader du collectif Jovi Jova, artiste multi-facette boulimique, réalisateur/acteur/musicien/scénariste. Reste donc à trouver le réalisateur et la distribution... nous revoici dans une phase que les studios doivent apprécier tout particulièrement ; choisir un metteur en scène "capable" de s’adapter à un sujet donné sans déroger aux règles pré-établies, doublé d’un homme qui n’ait pas un style visuel trop reconnaissable. Ce rôle est donc confié à Masayuki Suzuki, réalisateur ayant fait ses armes sur Fuji TV, connu pour avoir signé l’adaptation live de GTO... Il ne manquerait plus que le réalisateur ait un tant soit peu d’imagination pour qu’il fasse tout louper ! Avec Suzuki derrière la caméra, la Toho n’a rien à craindre, et se protège du "lamentable accident" type Cat’s Eye réalisé par Kaizo Hayashi (cf. article) ! Ouf ! le studio peut respirer...

Pour faire des entrées, il faut un casting qui donne envie aux spectateurs de se déplacer ; un acteur qui remporte un capital sympathie auprès de la majeure partie du public, toutes tranches d’âges confondues, n’est pas évident à trouver... Shingo Katori, mais c’est bien sûr ! Le plus jeune des SMAP (27 ans au moment du tournage), relativement psychopathe et gentiment déjanté, est apprécié des petits (grâce à son personnage de Shingo Mama), des ados/post-ados (c’est un SMAP et il est cool !), des adultes (il est excellent dans Shinsengumi, le feuilleton fleuve -‘taiga dorama’- cuvée 2004 de la NHK) ; nous tenons là notre rôle principal ! A ses côtés, la fraîcheur personnifiée, j’ai nommé la jolie Rena Tanaka, ainsi que l’un des comiques les plus in de l’année 2004, Gori (du duo Garage Sale), l’un des chantres de Wannai (excellente émission diffusée tous les mercredis soir sur Fuji TV)...

...ok, j’avoue avoir été quelque peu sarcastique dans les paragraphes précédents ; il faut dire que toutes ces adaptations sans saveur de héros de papier destinées au "grand public" sont bien loin de valoir des productions moins médiatisées, pourtant également tirées de manga (Koroshiya Ichi, Aoi Haru, Iden & Tity, Keimusho no Naka, Munô no Hito, pour n’en citer que quelques-unes parmi les plus connues et les plus abordables). Bon, là n’est pas le sujet... Nin × Nin - Ninja Hattori-kun the Movie est un vrai film "familial", dans le bon sens du terme, destiné à un large public ; "dans le bon sens" car le film de Suzuki a au moins le mérite de ne pas prendre ses spectateurs pour des imbéciles, même si l’intrigue n’a rien de réellement original. Il s’agit plutôt là d’un conte, qui possède outre sa morale, tous les ingrédients inhérents à ce type de production sans tache ni débordement... La mise en scène, sans bavure, comporte malheureusement quelques effets de style, comme ces nombreux accélérés/ralentis abominablement branchouilles. L’utilisation d’images de synthèse plus ou moins adroite, renforce l’idée "cartoonesque" du film, tout comme Katori, l’homme caoutchouc par excellence, aux 20 000 expressions à la minute !

...à vrai dire, il m’est difficile d’avoir un avis véritablement tranché sur Nin × Nin - Ninja Hattori-kun the Movie, divertissement réussi couplé d’un typique film d’été qui ravira les plus jeunes, il lui manque pourtant quelque chose pour être aussi "puissant" qu’un Never Ending Story, dans un registre proche. Peut-être aurait-il fallu en confier la mise en scène à Takao Nakano !? Ce dernier a d’ailleurs réalisé sa propre adaptation, BIN × BIN - Ninja Hamedori-kun, un peu moins "grand public" celle-ci (sic !). Inutile également de chercher à comparer Nin × Nin aux classiques du film de ninja ; cela n’aurait pas le moindre sens puisqu’il ne s’agit en aucun cas d’un ninja eiga à proprement parler, mais plutôt d’une fable teintée d’une parabole sur l’adolescence (et sur le rapport de la jeunesse à la tradition). Nin × Nin est un petit film, sympa, et réussi si on le considère pour ce qu’il est, un divertissement pour petits et grands, qui n’aspire à rien d’autre...

Kuro | 8.02.2005 | Japon

DVD (Japon) | Geneon Entertainment | Zone 2 - NTSC | Format : 1:1:85 - 16/9 | Images : Parfaites ! | Son : Au choix 5.1 ou DTS ; tonitruant dans les deux cas ! | Suppléments : Trailers, TV spots, avant-première, et un deuxième disque (uniquement présent sur la Premium Edition) qui contient 107’ de documentaires, émissions TV et interviews diverses...

Ce DVD comporte des sous-titres anglais optionnels.

Site Officiel : http://www.nin-nin.com/

aka Ninja Star - Nin × Nin - Ninja Hattori-kun za Mûbî | Japon | 2004 | Un film de Masayuki Suzuki | D’après le manga créé par Fujiko Fujio A | Avec Shingo Katori, Yûri Chinen, Rena Tanaka, Gori, Shirô Itô, Takeshi Masu, Takashi Akaji, Mikihisa Azuma, Kazuyuki Asano, Keiko Toda, Ren Ôsugi, Yôji Tanaka, Asaka Seto
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