OLDK

OLDK est à ne pas confondre avec 2LDK de Yukihiro Tsutsumi, bien qu’il partage plusieurs points communs avec ce dernier. D’abord la similarité des titres (LDK signifiant Living Dining Kitchen et le chiffre qui précède, le nombre de pièces additionnelles) mais aussi le fait qu’ils fassent tous deux partie d’un projet (le projet Duel pour 2LDK, Love Collection pour OLDK), et enfin des styles qui sans être identiques se rapprochent parfois.

Keiko, une OL (Office Lady), vit seule dans son OLDK. Le mariage de deux de ses collègues, sa solitude et ses voisins particulièrement exaspérants en plus d’une incapacité chronique à trouver le sommeil et à se faire des amis, ont amené cette dernière au bord du suicide. Prenant des congés afin de passer à l’acte, elle va déclencher une série d’événements au moment même de sa tentative de suicide, le jour de son anniversaire.

OLDK est donc un film DV, un format qui sied parfaitement au style de cinéma qu’a visiblement essayé de nous délivrer son réalisateur, pour qui il s’agit du premier long métrage. Un film à la fois intimiste et rythmé (avec des dérives « cool » typiques des réalisations japonaises actuelles), assez bien maîtrisé même si le dénouement final en forme de points de vue multiples vient atténuer la dimension plus intimiste du film, probablement l’aspect le plus intéressant mais le moins exploité.

Le déroulement nous fait découvrir peu à peu à la fois Keiko et surtout ses pénibles voisins. Il y a celui du 101 qui n’arrête pas de forniquer bruyamment, celui du 103 qui ne cesse d’écouter du death metal à fond tout en se défonçant les narines, et enfin celui du 202, relativement calme mais qui parfois tard la nuit produit d’inquiétants bruits au niveau du plancher (et du plafond de Keiko, qui réside par déduction au 102).

Tandis que Keiko met en place son plan de suicide, l’exaspération due à ses voisins va atteindre son comble, la poussant, elle qui est pourtant plus que timide, à aller se confronter à ces derniers.

En ajoutant d’assez nombreuses scènes plutôt plates liées aux voisins, on devine que Masahiro Hara ne se sentait pas tout à fait à l’aise avec une description plus intime de la vie de Keiko (il se limite également à 70 minutes, ce qui reste relativement long. Sur un format de court métrage un réalisateur doué s’en serait probablement tout aussi bien sorti). Il contourne donc la difficulté en offrant un film où la forme prime sur le fond, souvent proche de la comédie qui devient noire sur la fin, mais qui manque cruellement de substance.

Plaisant néanmoins, surtout pour un premier film, OLDK souffre autant du manque d’expérience de son réalisateur que de son manque de confiance en lui. Divertissement sympathique, il est également le second des trois films visionnés de cette série qui élude le thème de cette dernière, à savoir l’amour.

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