Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ?

Avertissement : Cet article est de nature à choquer la plupart des gens qui le liront, en raison de sa non objectivité et de son style très libre (un peu n’importe nawak en fait !!) et surtout du fait de son incompréhensibilité la plus totale. L’Histoire même du monde fut changée de nature à rendre cohérent ce qui ne l’est finalement pas. Vous comprendrez le pourquoi du comment de mon fétichisme envers la femme et d’avance je m’en excuse. Veuillez donc être plus indulgent que jamais envers votre serviteur, qui reste un simple passionné à l’esprit rendu malade par la vision très précoce de L’enfer des Zombies de Lucio Fulci (7 ans à titre indicatif).

Bien avant notre naissance physique et électronique existait un fabuleux pays, dans lequel régnait une merveilleuse joie de vivre. Un pays ensoleillé, lui aussi coupé en deux par une frontière invisible : le nord industriel et le sud paysan. Un paese possédant des paysages lombardiens incomparables ; une terre calabrese d’un rouge puissant, une langue chantante, un passé empirique exceptionnel, un pays où même les contours cartographiques révèlent un certain raffinement. Véritable berceau mondial des courants de pensées et d’expressions les plus invraisemblables qui aient jamais existé.

Au début du siècle quand naquit le cinéma, personne n’avait osé présager que ce truc qui bouge sans aucun son, allait chambouler la quasi totalité du monde connu. Dès lors se mit en place tout un système de tournage à la chaîne ; des studios avec des acteurs sous contrat firent leur apparition. Les grosses machines commencèrent à écraser les plus petites ou celles n’ayant pas pignon sur rue. Mais à l’orée des 60’s quelque chose se tramait. Les studios se disloquèrent et à force d’imiter les courants artistiques ayant pour provenance un autre pays, ils perdirent la confiance du public. Chacun se mit à produire dans son coin, essayant telle ou telle nouvelle technique et parfois il y avait de l’idée. Et cette idée, voir concept, fut inventée dans le pays précité. Un pays qui avait déjà à son actif la création du péplum et le renouveau du western.

Mais alors que manquait-il au cinéma pour pouvoir aller de l’avant ? Quelle nouvelle voie emprunter pour satisfaire à la fois le public et soi-même ? Quoi...? Comment...? Qui...? Que faire ? Prendre le train en marche ou bien devancer la révolution sexuelle qui s’annonçait dévastatrice ? Un pays releva le pari ! Un seul pays décida de se lancer à fond !! Ce royaume c’est l’Italie, son concept est le giallo, son maître est Argento, son Roi est Mario Bava et sa Cour est constituée d’Aldo Lado, Giuliano Carmineo, Antonio Bido, Lucio Fulci, Umberto Lenzi, Lamberto Bava... et bien d’autres oubliés ou inconnus de ma personne.

En ayant réalisé et co-écrit (avec ses comparses de l’époque Giuseppe Barilla, Marcel Fonda et Marcello Fondato) Sei donne per l’assassino (Blood and black lace à l’étranger / Six femmes pour l’assassin en France), Mario Bava est le véritable père de ce courant. Surtout que dans la foulée il peaufina son style avec des films comme Cinque bambole per la luna d’augusto et Hatchet for the honeymoon (Une Hacha para la luna de miel). Dario s’efforça quant à lui de rendre jouissif le giallo, avec sa trilogie dite de l’ "animal" : L’Ucello dalle piume di critallo, Quattro mosche di velveto grigio, et Il Gatto a nove code, et par la suite avec son chef-d’œuvre Profondo Rosso - notons qu’il reste le seul artisan du giallo de nos jours. Tout seigneur étant singé et tout filon exploité, le giallo devint très fréquent sur les écrans et tous les réalisateurs italiens voulurent apporter leur pierre à l’édifice giallesque. Tous y parvinrent avec plus au moins de panache, en ajoutant plus au moins leur patte ; ou en intégrant plus de scènes érotiques ou des scènes de meurtres molto più salvaggi - époque bénite de la non-censure.

L’appellation giallo provient de la couleur des couvertures des livres érotico-policiers italiens édités par Mondadori qui étaient giallo. Son point d’ancrage est 1964 (Sei donne...) et son apogée fut atteinte dans les années 70. Les films portant cette appellation ont pour squelette scénaristique des meurtres sanglants de jolies jeunes filles - qui parviennent à nous dévoiler presque à chaque fois une partie de leur anatomie avant de succomber - par des personnes habillés d’une longue gabardine, d’un chapeau vissé sur la tête, et d’une paire de gants noirs ainsi qu’un masque opaque de préférence. Certes des divergences de style sont à noter, des enfants et des hommes peuvent tout à fait être les victimes, mais c’est moins drôle. En tout cas, une chose est certaine Torso est un chef d’œuvre !!

Parmi ces soldats de l’espérance, un homme flotta au dessus des autres le temps d’un film. C’est ce réalisateur et surtout ce film qui nous intéressent aujourd’hui. Vous savez, tout courant a besoin d’égérie, si possible bien pulpeuse et ne refusant jamais de se dénuder. La reine des reines reste sans conteste Edwige Fenech. Ah !!! Edwige... Y’a qu’à regarder les photos et l’article sur la Prof...!! Quelle présence à l’écran, quelle cambrure !! Et ce regard obscur et profond, cette fossette au menton, ce corps splendide et ce cheveu ébène. Edwige c’est toute l’Italie ; celle du nord et du Sud, de la Sardaigne et de la Sicile.. Edwige comment dire... eh bah "elle est pas piquée des hannetons !!", et puis voilà !!!.

L’architecte d’un immeuble huppé, Andrea Antinori, est bien embêté. En effet, quelqu’un a pris le fâcheuse habitude de trucider les jolies locataires de ses appartements. Pas plus inquiété que cela, il décide de les remplacer rapidement par des jeunes femmes tout aussi charmantes, Jennifer et Marilyn. Ces dernières en quête de logement acceptent sans sourciller. Peu à peu, une idylle naît entre Jennifer et Andrea, tous deux détenteurs de terribles secrets. L’une possède un passé trouble au sein d’une secte prônant l’amour à plusieurs ou un truc dans le genre ; l’autre prend la mouche dès que l’on plaisante avec la mort, et devient autiste à la vue du sang. Malgré cela le couple reste uni, mais les cadavres s’entassent autour d’eux et de l’immeuble. Parmi toute la faune de l’étage, qui est suspect, qui ne l’est pas ? Le vieux violoniste, la voisine lesbienne, le voisin mystérieux qui ne sort jamais de chez lui, la veuve, ou encore l’architecte ?? Peu aidée par la police, Jennifer mène son enquête au sein de la ville...

Attendez je vais vous faire un résumé plus exhaustif.

Une jeune femme appelle d’une cabine téléphonique. Une voix féminine lui dit de monter la rejoindre. D’un pas décidé elle se dirige vers un immeuble, le sourire aux lèvres. Tout ceci est d’ailleurs agrémenté d’une musique hallucinante signée du chef-d’orchestre attitré d’Ennio Morricone, Bruno Nicolai. Autant vous casser le morceau d’emblée, à l’écoute de l’orchestration et des instruments choisis, la musique sent le Morricone à plein nez, mais bon il faut savoir qu’en Italie, du moins à l’époque, les compositeurs n’étaient payés que selon le succès du film en salle, alors vous savez écrire un chtit thème comme ça à la volée était monnaie courante. Arrivée au 18éme étage, la jeune femme se fait scalpéliser l’abdomen et égorger. Mizar,une stripteaseuse noire, découvre le corps, mais n’étant pas plus chamboulée que cela, se rend à son travail en laissant le vieux professeur de violon et la veuve s’occuper des détails suivant ce genre d’événement : appel de la police, interrogatoires...

Andrea rend visite à son ami, photographe de charme de son état, dans le but de dénicher une nana bien roulée pour qu’elle l’aide à vendre ses appartements. Le photographe lui monter une photo de Mizar, mais Andrea n’écoute plus depuis longtemps : il est subjugué (comme nous !!) par Jennifer vêtue d’un short moulant et de rien d’autre... enfin si sa poitrine est entièrement peinte. Zooms sur les regards, plan bancal, et le thème du film viennent nous confirmer la dimension spectaculaire - n’ayons pas peur des mots - que va prendre le film. Nous retrouvons Mizar en plein show. Son show, justement, consiste à convaincre l’un des hommes de l’assistance à venir se battre et s’il dompte la belle, il pourra faire ce qu’il veut d’elle. Scène totalement gratuite et racoleuse, je vous l’accorde, puisque le bonhomme ne pense qu’à arracher le bikini de la panthère et profiter de la situation pour la lèchouiller et la tripoter. Mais le malheureux manque de claquer étouffé et abandonne le combat.

Nouvelle séance de photo et nouvelle scène gratuite. Jennifer, maintenant habillée d’une nuisette moulante et transparente se laisse mitrailler sur un lit ; quand tout à coup elle remarque un homme dans le studio qui ressemble à s’y méprendre à Adam - nous on sait pas qui c’est, mais elle oui !!. Après un léger malaise, Jennifer rentre chez elle, mais tombe nez à nez avec Adam, qui lui rappelle certaines choses et ça tombe bien parce que cela va nous éclairer. Ohh là là !! Oh là là là là là !!! Attention, Attention ! Deuxième mise en scène mortelle :

Adam : "Je croyais que tu aimais les fleurs !!"

Zoom sur la bouche d’Adam et sur les yeux de Jennifer. Nouveau thème d’Ennio Nicolai. Flashback : Adam torse nu jette des lys sur Jennifer nue, puis la relève et lui montre un des lys :

Adam : "Ce sont les symboles de ce dont notre groupe est constitué. Un corps fait de plusieurs membres, tout comme les pétales de cette fleur."

Adam donne la fleur à Jennifer :

Adam : "Ceci est ton corps. Ton corps ne fait qu’un avec nous."

Jennifer est entourée d’Adam et de plusieurs hommes et femmes :

Jennifer : "J’appartiens au groupe et le groupe m’appartient."

Adam : "Tu nous appartiens maintenant. Tu nous as prêté serment et juré... tu es ma femme, souviens t-en !!"

Jennifer : "N’attends pas plus de moi ! S’il te plaît je suis fatiguée de cette pression."

Adam : "Je veux que tu nous revienne, je n’ai besoin que de toi !!"

Jennifer : "Tu ne m’as jamais aimée, tu n’as fait que prétendre, tu meurs de jalousie... je ne pourrais plus supporter de faire l’amour avec tous les autres."

Tous les membres de la secte sont nus et endormis. Adam rejoint Jennifer :

Adam : "C’est le seul moyen pour que tu sois vraiment libre, belle comme une fleur sauvage, tu n’es pas la femme de quelqu’un en particulier, parce que n’importe quel homme peut te prendre."

Jennifer : "Mais me je sens honteuse, j’ai besoin d’appartenir à quelqu’un ! Et personne d’autre. Laisse moi tranquille, s’il te plaît, je ne suis plus la même femme, s’il te plaît laisse moi."

Adam la saisit et lui tord le bras : "Réponds juste à ça ! Qui est-il ? Qui ? Parle moi de cet homme."

Adam brandit une seringue : "Ceci t’aidera à te souvenir de ce qu’était l’amour et tu oublieras les autres hommes !!"

Jennifer parvient à s’enfuir :

Adam : "Je jure que tu me reviendras en rampant !!"

Bah dis donc, on a plein d’informations dans tout ça, des théories intéressantes et en plus ça le fait. Adam se prend pour le messie, il drogue les membres féminins de sa secte en les baratinant et les offre à ses autres congénères masculins. Au moins c’est pas un ouf malade, ni le scénariste d’ailleurs !! Mais reprenons, de retour chez elle, Mizar se fait attaquer et ficeler nue dans sa baignoire, meurt noyée sous les yeux du tueur ressemblant étrangement au propriétaire du scalpel précité.

Ah !! L’entrée en jeu des policiers. Descendants directs des Dupond, de Laurel et Hardy et de Harry Klein, les deux policiers représentent le ressort comique du film. Le lieutenant est gaffeur et passe son temps à bouffer, et le commissaire profite des fouilles pour s’approprier des timbres et compléter sa collection. Ils ne sont d’ailleurs certainement pas en mesure de résoudre l’enquête, puisqu’ils préfèrent s’acharner sur le propriétaire du bar de stripteases et sur Andrea, et se contentent de se déplacer sur les lieux du crime quand il y a meurtre. Le commissaire ne se gêne pas pour engueuler Jennifer quand celle-ci l’appelle pour lui faire part des soupçons qu’elle a envers ses voisins de pallier. Oui, parce qu’entre temps, Jennifer et sa copine Marilyn ont emménagé dans l’appartement de Mizar, maintenant froide et enterrée.

Comme précisé au-dessus, Andrea et Jennifer ne tardent pas à roucouler, mais restent le centre d’intérêt de pas mal de monde : les flics, le meurtrier, Adam, et le reste des résidants de l’étage. Mais comment donc tout ça va-t-il finir ? Allons nous assister à d’autres scènes bien gratuites ? Andrea va-t-il surmonter sa phobie du sang ? Combien de cadavres vont-ils encore s’entasser devant la porte de cet immeuble ? Est-ce que le photographe porte une perruque ou a-t-il juste les cheveux gras en permanence ? L’accent grave sur le nom de famille de l’acteur qui incarne Adam est-il juste une coquetterie ? Et Edwige Fenech dans tout ça, tient-elle son meilleure rôle ? Et puis de quelle façon terminer cet article ????

Peut-être en remerciant William Lustig et son Anchor Bay qui nous remplit le cœur et la tête de joies immenses en éditant tous ces films aux genres si différents et d’une qualité cinématographique le plus souvent déconcertante.

George Hilton se défend bien malgré son visage endivesque des 70’s. Ben Carrà est inquiétant à souhait en tortionnaire d’Edwige. Et la réalisation ne manque pas de trouvailles : décadrer soudain pour laisser apparaître d’autres personnages, des jeux de miroirs, une maîtrise du son indéniable, bref un chef-d’œuvre il me semble !!

Giuliano Carmineo est un peu plus qu’un simple artisan. Il n’a peut être pas donné ses lettres noblesses au genre, mais il reste un technicien du genre des plus intéressants.

Le scénario de Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ? est à mettre à l’actif d’Ernesto Gastaldi, sublime écrivain qui collabora avec Bava sur La Frustra e il Corpo (Le corps et le fouet / The Whip and the Body - 1963) et à qui l’on doit le formidable Torso dont je vous parle depuis longtemps.
La musique quant à elle est introuvable puisqu’elle n’existe pas en CD et n’a pas existé en vynil. Elle n’est sur aucune compilation de Bruno Nicolai et elle ne demande qu’à être éditée.

Takeuchi | 12.09.2002 | Hors-Asie

Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ? est le DVD offert dans le box Giallo Collection édité par Anchor Bay et comprenant deux films ayant pour théâtre Venise : Chi l’ha vista morire d’Aldo Lado et Solamente Nero d’Antonio Bido ; ainsi qu’un quatrième film qui n’a pas grand chose à voir avec le giallo pur : Malastrana toujours d’Aldo Lado.

Le pressage - ainsi que les trois autres - est très propre et même exceptionnel par endroit. Ils ne sont qu’en mono mais on ne saurait se plaindre par les temps qui courent. Le film est présenté en 2.35:1.

Bande-annonce et filmographie de Giuliano Carmineo en seuls suppléments. Ah non il y a une scène rallongé d’un plan aussi. La mort du réalisateur nous prive de la featurette présente sur les autres DVDs du box.

aka Erotic Blue - The Case of the Bloody Iris - Les Rendez-vous de Satan - Rendez-vous with satan - Pourquoi ces traces de sang sur le corps de Jennifer ? - What are those strange drops of blood doing on Jennifer’s body ? | Italie | 1972 | Un film de Giuliano Carmineo (Anthony Ascott pour l’exportation) | Musique de Bruno Nicolai | Avec Edwige Fenech, George Hilton, Paola Quattrini, Giampero Albertini, Ben Carrà, Carla Brait, Annabella Incontrera, George Rigaud, Franco Agostini
The Bodyguard
Antiporno
Dernier train pour Busan
Hôtel Singapura
Les Garçons de Fengkuei
Green Green Grass of Home
Nid de Guêpes
XX : Beautiful Hunter
Art Museum by the Zoo
Tetsuo : the Bullet Man
Super Car Criminals
Black Mama, White Mama
Girlfriends
Yurisai
Ravenous
La Colline aux coquelicots
No Mercy
Birdcage Inn
The Musical Vampire
Shinde mo ii
Tombe de Yakuza, Fleur de Gardénia
Kabhi Khushi Kabhie Gham
Pinocchio 964
Beijing Bicycle
Au Revoir l’été
800 Fantasy Lane
Man-hole
Oil City Confidential
Picture Bride
The Center of the World