Ping Pong

Que vaudrait la vie sans amis ?...

... Enter the Hero...

Peco et Smile sont les deux meilleurs amis du Monde.
Depuis leur plus jeune âge, ils jouent au ping-pong ; l’un conçoit ce sport comme une finalité, tandis que l’autre prend ça uniquement pour un jeu qui lui permet d’être près de son ami et modèle...

Les deux enfants grandissent. Peco, malgré son arrogance, possède un don évident... même si une trop grande confiance en ses capacités l’empêche d’être le meilleur. Smile quant à lui, reste dans l’ombre de son ami et ne développe pas son jeu. ButterFly Joe, leur coach, sait que Smile est très doué et tente de lui faire comprendre qu’il peut devenir un champion... même si ce dernier montre un désintérêt alarmant pour le tennis de table...

... I can fly !...

Précédé d’une réputation d’objet culte partout à travers la planète, Ping Pong est LE film évènement dont tout le monde parle depuis les premiers teasers disponibles sur le net, il y a près d’un an. Telle la rumeur, colportée par les quelques chanceux l’ayant découvert dans un festival ou au pays du soleil levant, Ping Pong s’est forgé l’image, plutôt positive, d’un film visuellement impressionnant grâce à une technique maîtrisée de bout en bout. Soit...

...commençons par le commencement. Au départ, Ping Pong est un manga tout bonnement génial créé en 1996 (5 volumes parus entre 96 et 97) par Taiyou Matsumoto [1] - mangaka né le 25 Octobre 1967 à Tôkyô, il puise son inspiration chez Moebius et Enki Bilal pour ne citer qu’eux. 2002, Fumihiko Sori [2], fan du style très particulier du manga décide de passer derrière la caméra afin d’en réaliser l’adaptation. Son passé au sein de l’industrie des effets spéciaux aidant - il a travaillé sur les effets visuels de Titanic (James Cameron /1997) ou encore d’Andromedia (Takashi Miike /1998) -, il parvient à monter le film avec l’aide de Kankurô Kudô (scénariste de Go - Isao Yukisada /2001) au scénario... Voilà pour la genèse, en deux/trois mots.

Et effectivement, le spectacle qui s’offre à nous pendant près de deux heures est manifestement sublime, et techniquement irréprochable... oui mais il y a bien pire que ça... Ping Pong est... Ping Pong est un... Ping Pong est un chef-d’œuvre !!!... Oups ! c’est dit... je vais donc devoir m’expliquer... tout du moins "tenter" de m’expliquer...

A vrai dire, cet ersatz d’article risque plus de faire preuve d’un ressenti cinématographique [3], plutôt que d’une quelconque analyse en profondeur des thèmes abordés dans le film... vous êtes prévenus (et un peu habitués maintenant quand même) !

Ping Pong traite avant tout de l’amitié, sujet maintes et maintes fois traité sur grand écran... S’il est présenté comme une comédie sportive pleine d’action super speed, c’est surtout un film magnifique auquel on a affaire... Onirique, émouvant, poétique, touchant... Ping Pong prend aux tripes. Ping Pong donne envie de vivre ses rêves. Ping Pong émeut. Ping Pong fait sourire. Ping Pong fait pleurer. Ping Pong est le reflet de la vie... personne n’est tout noir ni tout blanc... ses héros ont des peurs, des rêves, des frustrations ; ils sont humains... Ping Pong est un film rempli d’une humanité dans le noble sens du terme, un beau film qui vous fera voyager dans les esprits de jeunes gens qui entrent dans la vie...

Deux personnages apportent plus particulièrement une émotion au film ; les deux entraîneurs, à savoir ButterFly Joe et Obaba. ButterFly Joe, ancien champion déchu, se révèle être le personnage le plus émouvant... son histoire, touchante, va être le vecteur déclencheur d’une prise de conscience des deux jeunes héros, l’élément qui va les faire grandir, comprendre le sens de la vie. Une des scènes les plus belles de Ping Pong, est justement le moment où ButterFly Joe décide de stopper sa carrière... l’image employée est simple, belle, triste mais positive, elle en dit beaucoup sur l’homme qu’il est. Quant à Obaba, elle représente à la fois l’autorité parentale qui manque à Peco, et le lien qui le raccrochera à "la vie"...

Fumihiko Sori, fan absolu du manga d’origine, à mis un point d’honneur à ce que les acteurs ressemblent le plus possible aux dessins de Matsumoto ; c’est donc tout naturellement que l’on retrouve l’excellentissime Yôsuke Kubozuka dans le rôle de Peco, jeune acteur que l’on a vu notamment dans les films Oboreru Sakana (Yukihiko Tsutsumi /2000), Tomie Replay (Tomijiro Mitsuishi /2000), Go (Isao Yukisada /2001), Laundry (Junichi Mori /2001), Keimusho no Naka (Yoichi Sai /2002), Kyôki no Sakura (Kenji Sonoda /2002) et en avril prochain dans le remake du film de Kinji Fukasaku Makai Tenshô, sans parler des dorama SOS - Strawberry On the Shortcake, et surtout Long Love Letter, l’adaptation du manga Hyôryu Kyôshitsu de Kazuo Umezu, aux côtés de Takako Tokiwa...

C’est Arata qui prête ses traits à Smile ; on a pu le voir, entre autres, dans deux films de Hirokazu Kore Eda, Wandafuru Raifu (After Life /1998) et le magnifique Distance (2001). Gravitent autour de nos deux héros tout une cohorte d’acteurs, tous aussi talentueux les uns que les autres, de Shidou Nakamura (Koibito wa Sunaipâ 2) à Koji Ogura (Otogiriso), en passant par le hongkongais Sam Lee (Made in Hong Kong, Beast Cops), ou encore Naoto Takenaka qui, même s’il est toujours parfait, donne ici à son interprétation une émotion rare, qui rend son personnage touchant, tout comme l’est la grande et belle Mari Natsuki (Satomi Hakkenden, Samurai Fiction), mais chut... j’ai volontairement décidé de ne pas "rentrer" trop en détail dans l’histoire, parce que finalement, je pense que tout le monde a envie de le voir ce Ping Pong, non ?

Que puis-je dire de plus ? Oui, tout un tas de trucs en fait, ça c’est sûr, d’autant plus que je n’ai pas dit grand’chose !... Hum ! vous m’en voyez navré... J’ai pu lire par-ci par-là, des critiques concernant l’aspect "lent" du film, qui en faisait un mauvais "sport movie"... Peut-être n’ai-je alors rien compris à ce Ping Pong, fable humaniste sur l’amitié et la confiance, un film sur la vie, ses instants durs et ses petits plaisirs... La vie est courte, profitons de tous ces petits moments agréables qui sont autant de bonheur...

Ah, j’avais oublié ! Ping Pong rend heureux !

Kuro | 24.02.2003 | Japon

DVD | Asmik Ace Entertainment | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:85 - 16/9 | Images : Magnifiques, parfaites, sublimes... bref, un pressage exemplaire qui prouve que la perfection existe ! | Son : Enôôôôôôôôrme !!! | Suppléments : Un 2ème DVD littéralement bourré de suppléments aussi divers et variés qu’un commentaire audio, des trailers, teasers et TV Spots en pagaille, making of, scènes coupées, featurette, interviews...

Ce DVD contient des sous-titres anglais optionnels.

Il existe (enfin à priori plus maintenant !) un Ping Pong Memorial Box, sublime, pressé à 15 000 exemplaires (ce qui est très peu au regard de la taille du marché japonais), à l’intérieur duquel on trouve un poster, des cartes postales, un morceau de pellicule 35mm, un masque, un pochoir, 100 photos (!), etc... bref un bien bel objet, déjà collector, puisqu’épuisé.

Site Officiel: http://pingpong.asmik-ace.co.jp

[1Ping Pong est la deuxième adaptation cinématographique d’un manga de Matsumoto, la première étant Aoi Haru de Toshiaki Toyoda avec Ryuhei Matsuda, en 2001.

[2Sori a également réalisé un court-métrage, Kung Fu Master, en 2000.

[3Cf. articles Gojoe et Pistol Opera.

aka Pin Pon | Japon | 2002 | Un film de Fumihiko Sori (Fumihiko Masuri) | D’après le manga de Taiyou Matsumoto | Avec Yôsuke Kubozuka, Arata, Sam Lee Chan-Sam, Shidou Nakamura, Koji Ogura, Naoto Takenaka, Mari Natsuki, Mikio Satô, Kenichi Suemitsu, Kiyotaka Suzuki, Kanji Tsuda, Wong Hua-Rong, Satshi Oe, Takahiro Hirano, Mako Ishino, Koen Kondo, Erika Mabuchi, Suzuki Matsuo, Asumi Miwa, Ayumu Moriyama, Shinji Yamashita, Yoshi Yosi Arakawa, Akira Nishihara
Désir meurtrier
Mon deuxième frère
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Headshot
Désirs volés
The Bodyguard
One Day Fetish
Tortured Sex Goddess of Ming Dynasty
Personne ne sait rien des chats persans
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Hong Kong Requiem
Gusher No Binds Me
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Terminator 3 : Rise of the Machines
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Naruhiko Onozawa : producteur de Masao Adachi
An Empress and the Warriors
Mirai no Omoide - Last Christmas
Les Hommes qui Marchent sur la Queue du Tigre
L’armée oubliée de l’empereur
The Blood of Rebirth
Blissfully Yours
Haunters
Sex is no laughing matter
DOA : Dead or Alive