Pirates of the Caribbean : The Curse of the Black Pearl

"Et pourquoi pas les aventures au cinéma d’un cadeau de boîte de céréales ?" Voilà, en gros, en quoi a dû consister ma réaction le jour où j’ai entendu dire que l’attraction Disney Pirates of the Caribbean, allait faire l’objet d’une adaptation cinématographique. Avouez tout de même que c’est un choix étonnant ; surtout après que le dernier vrai film de pirates produit par Hollywood, mon Ile aux pirates adorée, se soit planté au point de faire couler Carolco. Autre choix étonnant pour un budget calibré autour des 125 millions de dollars, celui de Gore Verbinski dans la chaise du metteur en scène. Soit La Souris est excellent, Le Mexicain a bien marché, et sa version occidentalisée de The Ring est très bien fichue, mais de là à promouvoir Gore (arrêtez-vous tout de même un instant pour mesurer le poids d’un tel prénom) à la tête d’une telle entreprise, destinée à sortir en pleine guerre estivale ? Au moins, le casting est de premier choix puisque Johnny Depp et Geoffrey Rush se partagent le haut de l’affiche, aux côtés de la belle Keira Knightley (Bend It Like Beckham) et du jeune Orlando Bloom (Lord of the Rings). Soit, mais moi je connais un film avec John Malkovich, Steve Buscemi, John Cusack, Colm Meaney, Danny Trejo et Nicolas Cage - Con Air pour ne pas le citer - qui est tout de même très mauvais, alors...

...alors rien du tout, si j’avais besoin d’une preuve qu’il est stupide de tirer des généralités d’évènements isolés, autant que de se faire une idée préconçue de la qualité d’un film pour quelque raison que ce soit, ça y est, je l’ai : Pirates of the Caribbean : The Curse of the Black Pearl messieurs dames, est bien plus qu’une surprise estivale, une véritable réussite.

S’il veut sauver la belle Elizabeth Swann (Keira Knightley) - accessoirement fille du Gouverneur de Port-Royal convoitée par le Commodore Norrington - des mains du redoutable Capitaine Barbossa (Geoffrey Rush) et de l’équipage du Black Pearl, Will Turner (Orlando Bloom) n’a d’autre solution que de s’allier dans l’illégalité à Jack Sparrow (Johnny Depp), pirate nonchalant, poseur et excentrique. Ce dernier en effet, semble prêt à tout pour mettre la main sur ce navire dont l’équipage, après avoir dérobé un trésor légendaire, est frappé d’une horrible malédiction : chaque soir, la lune révèle leur terrifiante nature, exclus non seulement du monde des vivants mais aussi de celui des morts...

Je parlais à l’occasion de Terminator 3, de cet équilibre rare et précieux atteint par certains blockbusters, à la fois spectaculaires, subtils, riches et pourtant purement commerciaux... N’y allons pas par quatre chemins : Pirates of the Caribbean est de cette race là. Sur une base forcément simple car réduite à une expression sous forme d’attraction, les scénaristes du film (qui ont plongé les mains aussi bien dans The Mask of Zorro que dans Shrek, Small Soldiers ou... Godzilla) sont parvenus à livrer une trame cohérente et étonnante, foisonnante d’idées, sans que la moindre possibilité offerte par les quelques concepts qui lui servent de base soit oubliée en cours de route. Et le tout de plus, sans que le spectateur ait jamais une impression de trop plein, de volonté d’extraire le maximum d’un minimum : l’aventure old school narrée par le film de Verbinski est parfaitement dosée, rythmée - en un mot : maîtrisée, au moindre rouage prêt. Comme le train fantôme d’un parc d’attraction.

Car oui et c’est un point essentiel : Pirates of the Caribbean est le film de vaisseau fantôme dont vous avez toujours rêvé (moi oui en tout cas !). Vous vous souvenez des redoutables squelettes que Renaud, leader des Petits Hommes, affronte dans l’excellent Le vaisseau fantôme de Seron ? Vous imaginez un film d’aventures qui, non content d’être un film exaltant, beau et drôle sur fond de piraterie, se double d’un film de zombies, glissant au passage sur la vague des morts-vivants aquatiques lancée avec brio par Lucio Fulci en 1980 dans ce chef-d’œuvre italien qu’est L’Enfer des zombies ? Le film de Verbinski se contentera certes d’être beau sans verser une goutte de sang ou étaler de chairs outragées ; il n’empêche que cette séquence apocalyptique, confrontant soldats et pirates, vivants et morts, est l’une des plus belles toiles morbides qu’il m’ait été donné de voir sur grand écran depuis longtemps.

Les squelettes en moins la plupart du temps, tout le film est à l’image de cette séquence maintes fois fantasmée. Léché, original et spectaculaire, drôle et effrayant : Pirates of the Caribbean représente un foisonnement de sensations simples, pures et exaltées, parfois même épiques (et Hans Zimmer, même s’il copie souvent sa partition de Gladiator, n’y est pas pour rien). Johnny Depp et Geoffrey Rush y cabotinent avec merveille, la charmante Keira Knightley et Orlando Bloom n’y souffrent pas, pour une fois, du syndrome des seconds rôles réduits à l’état de faire-valoir sans saveur. Même au niveau des personnages vous voyez, le maître mot de ce blockbuster époustouflant est bien, au risque de me répéter, un parfait équilibre. Comme celui dont fait preuve Jack Sparrow dans sa déjà mythique entrée, au port et en scène, naviguant entre le majestueux et l’humour avec un talent unique.

Akatomy | 27.08.2003 | Hors-Asie

Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl est sorti sur les écrans français le 13 août 2003.

aka Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl | USA | 2003 | Un film de Gore Verbinski | Avec Johnny Depp, Geoffrey Rush, Orlando Bloom, Keira Knightley, Jack Davenport, Jonathan Pryce, Lee Arenberg, Mackenzie Crook, Damian O’Hare, Giles New
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