Postal

Uwe Boll contre l’Amérique.

Farce iconoclaste, Postal est le refoulé des humeurs noires de son auteur. Uwe Boll a une mentalité d’assiégé - lui contre le reste du monde - et ce film est sa déclaration de guerre.

"Postal dude" habite dans l’un de ces trailer park symbole des déshérités de l’Amérique. Au chômage sans pouvoir toucher son chèque, trompé par son obèse de femme, il accepte de participer à un vol organisé par son oncle, gourou d’une secte, qui a un besoin rapide d’argent pour payer les impôts. Mais ils ne sont pas les seuls à convoiter le magot. Ben Laden et ses sbires, qui s’avèrent vivre dans la même ville, Paradise, à l’arrière d’un convenient store, veulent également s’en emparer. "Postal dude" va se trouver pris dans le feu croisé de ces différents groupes et de la populace armée jusqu’aux dents...

Avec Postal, Uwe Boll hisse le drapeau noir à tête de mort et ne fait pas de prisonniers : Ben Laden, George Bush, les fêlés d’Allah, de Jésus, de la gâchette, les flics véreux, les entreprises...Tout le monde passe à la moulinette de son humour ravageur. Un film au mauvais goût réjouissant et assumé. De l’humour qui tache, aussi gras que peut l’être la junk food américaine. Il en fait des tonnes et même des kilotonnes.

Il ne se ménage pas non plus, revêtu d’une culotte de peau, il joue le patron d’un pseudo parc d’attraction, Little Germany. Uwe Boll nous avait expliqué dans son interview qu’il était important de ne pas s’épargner quand on fait un film comme le sien. Le passé de son pays natal lui donne l’occasion de faire preuve de l’humour le plus féroce. Clairement, ces saillies humoristiques et les premières minutes du film seront une ligne jaune pour de nombreux spectateurs.

Et c’est ce qui fait de Postal un film très réjouissant. Personne n’obtient de passe-droit. Le réalisateur allemand se paye même le luxe de nous faire croire un moment qu’il pourrait y avoir une fin consensuelle comme dans ces blockbusters qu’il honnit tant, mais c’est pour mieux terminer en apocalypse.

Adaptation d’un jeu vidéo (on ne va quand même pas changer complètement le bonhomme), un jeu de tir subjectif (FPS pour les gamers dont je ne fais pas partie), Postal nous offre des scènes de gunfight à intervalle régulier. Signe qu’Uwe Boll était prêt à tout, il a même conservé l’usage réservé aux chats dans le jeu. Facilement l’un des moments les plus drôles du film pour ceux qui ne connaissent pas le jeu vidéo.

Mais ces fusillades rentrent, volontairement ou non de la part du réalisateur, dans le cadre du film, tant la violence semble être une des méthodes de prédilection des américains pour régler leurs problèmes. Les fusillades de ce début novembre 2009 en apportent une nouvelle preuve. Rien de plus banal à ce que que les protagonistes du film se baladent en ville avec leurs flingues de petit ou gros calibre !

Bonne chance à Barack Obama !

Postal a été diffusé dans le cadre de l’édition 2009 de L’Etrange Festival. Le film est disponible, mais pas en France, en DVD et même en Blu-Ray.

USA | 2007 | Un film d’Uwe Boll | Avec Zack Ward, Dave Foley, Chris Coppola, Jackie Tohn, Lindsay Hollister, J.K. Simmons, Ralf Moeller, Verne Troyer, Rick Hoffman, Brent Mendenhall, Michael Paré, Seymour Cassel, Uwe Boll, Vince Desiderio
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