Protégé de la Rose Noire

Donnie Yen réussit là où Wong Jing échoue...

Gillian est une jeune fille souffrant d’un « trop plein de dons », qui aurait aimé poursuivre ses études alors qu’elle en a pourtant fait plusieurs fois le tour. Sa principale caractéristique ? Elle devient berserk quand on prononce son nom complet. Charlene est persuadée d’être une extraterrestre (dôtée de dons sensoriels qu’elle pratique à la manière d’une danse de la pluie), et traîne de foyer en foyer à la recherche de quelqu’un qui s’occupe d’elle. Les deux filles se croisent alors qu’elles visitent un appartement ; Charlene tente de faire baisser un loyer inadmissible tandis que Gillian s’étonne de ne pas retrouver sa mère ni la moindre de ses affaires, dans cet appartement où elle vivait autrefois... Les deux filles deviennent immédiatement amies. Elles tombent sur une petite annonce ; quelqu’un recherche une jeune femme belle, talentueuse, etc. - comme elles, bien sûr ! Après une bonne vieille chamaille, nos Twins préférées se rendent ensemble à l’entretien, avec l’aide d’un benêt chauffeur de taxi, Jim Lo (Ekin Cheng). Sur place, elles tombent dans une série de pièges tendus par leur employeur potentiel : nulle autre que la légendaire Black Rose ! Une Black Rose seule et vieillissante, qui a un peu perdu les pédales depuis que son mari et Robin l’ont quittée, et qui souhaite former Gillian et Charlene afin qu’elles deviennent les nouvelles Rose, et affrontent le gang de jeunes filles qui terrorise l’underworld local...

Et bien messieurs-dames, du « non-film » en voulez-vous en voilà ! Après le lamentable The Spy Dad en début de semaine, Gillian remet le couvert du non-sensique accompagnée de sa copine Charlene, pour un résultat des plus heureux en comparaison de l’arnarque orchestrée par Wong Jing. Car oui, il y a non-film et non-film, et Donnie Yen l’a bien compris...

... ou pas d’ailleurs, tant il semble que Protégé de la Rose Noire n’ait pas réellement été écrit. Ou alors si, mais au quotidien, au fil des trouvailles destinées à promouvoir les multiples talents de Gillian et Charlene. Les dix premières minutes du film sont à l’avenant, on passe de Gillian qui démolit son proviseur à coups de pieds parce qu’il a décliné son identité complète, à Charlene qui rêve de sa mère extraterrestre avant de se faire renvoyer d’un foyer pour femmes enceintes parce qu’elle ne l’est toujours pas, puis à la rencontre des deux copines suivies de bastons cablées et autres courses au milieu de champs de crottes de chiens... arrive un Ekin Cheng dopé à la niaiserie qui joue le gentil neuneu coquin comme personne... puis une Rose Noire cinglée... au secours ! Aucune trame narrative à l’horizon, aucun objectif cinématographique si ce n’est de tourner autour des Twins de toutes les façons possibles !

Et dans le domaine, on peut dire que Donnie Yen pousse le concept jusqu’au bout. Pendant la première demi-heure, Charlene et Gillian sont quasiment tout le temps seules à l’écran, passent leur temps à faire des bêtises et globalement être mignonnes... jusqu’à ce qu’Ekin enfile le costume de Robin pour éviter de se faire couper la zigounette par le robot de Rose, et se fasse passer pour le regretté compagnon de l’héroïne masqué. A partir de là le film dérape encore plus sur fond de gang de jeunes écolières super-canon - parmi lesquelles la petit sœur de Donnie, adepte du nunchaku en mini-jupe -, de comédie musicale abérrante consistant à dénouer les enjeux sentimentaux de Rose et de Gillian en déclinant la mélodie de « Douce nuit » à toutes les sauces, ou encore de parodies de Drunken Master et Snake in the Eagle’s Shadow courtesy of les Twins, qui assurent grave en boxe ivre. Et je ne vous parle pas même pas du duel final, riche en catch féminin, qui oppose notamment Gillian à la boss du gang et comporte une séance interminable de fessées vengeresses, hallucinante !!!

Protégé de la Rose Noire ne peut donc pas plus prétendre à l’oscar du meilleur scénario que The Spy Dad. Seulement voilà, il a le mérite improbable de s’affranchir de la moindre décence cinématographique pour offrir un festival twinesque de grande envergure, auquel Ekin Cheng prête une main forte qui impose le respect. Il faut le voir avouer son amour à Charlene uniquement à la force de son regard ! Donnie Yen nous offre un peu le Dark Knight débile du personnage de Black Rose - Dark Rose Returns, quoi ! Tout ça est bien sûr vide de sens, mais quel pied ! Made in Hong Kong c’est certain - et ça n’existe nulle part ailleurs ! Vive les Twins !

Akatomy | 13.08.2004 | Hong Kong

DVD HK disponible chez Universe, tout beau comme il faut !

Hong Kong | 2004 | Un film de Donnie Yen Ji-Dan & Barbara Wong Chun-Chun | Avec Charlene Choi Cheuk-Yin, Gillian Chung Yun-Tung, Ekin Cheng Yee-Kin, Teresa Mo Sun-Kwan, Faith Woo, Chris Yen Chi-Ching
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