PTU

Hong Kong... Simon Yam... Lam Suet... et la nuit.

C’est la nuit sur Hong Kong et les équipes du Police Tactical Unit (PTU) sont déposées aux quatre coins de la cité. Ponytail, jeune mafieux de son état, s’installe à une table pour dîner. Le repas se déroulerait bien pour le délinquant, si seulement le Sergent Lo n’avait pas fait irruption dans le même restaurant. L’affrontement est inévitable et après un court échange de mots doux, les acolytes de Ponytail quittent le restaurant, suivis de près par Lo.

Tandis qu’une poursuite pédestre s’engage entre l’inspecteur et les petites frappes, Ponytail, esseulé, se fait poignarder dans le dos dans tous les sens du terme (en voyant la scène vous comprendrez ces mots !!).

Essoufflé, Lo reste méfiant et préfère ne pas suivre les malfrats dans cette ruelle sombre. Prudemment il fait le tour du pâté de maison et c’est à ce moment là que le sort va s’acharner sur lui. Une bonne peau de banane et voilà notre sergent étendu sur le sol, inconscient.

Pendant ce temps, Ponytail essaye tant bien que mal, d’arriver à l’hôpital au volant d’un taxi "emprunté". Mais la quantité de sang qu’il a perdue est bien trop importante. Ponytail meurt au moment même où Lo reprend conscience, le visage tuméfié et surtout, surtout sans son arme de service.

Rapidement, Lo prévient le Capitaine Mike Ho et remplace l’arme volée par un jouet à billes. Il est plus de minuit et la nuit ne fait que commencer pour tout le monde, flics et voyous. Dans un Hong Kong vide de ses habitants, la Chasse est ouverte.

"Quoiqu’il advienne, c’est de rentrer chez soi qui importe" - Capitaine Ho du PTU.

Quand on s’appelle Johnnie To Kei-Fung et que l’on possède une carrière remplie de films époustouflants, se renouveler n’est pas chose aisée. Mais là où le tour de force réside, c’est que PTU n’a pas été conçu comme un énième polar. En fait PTU ne correspond à aucun genre ou code connus : c’est une création totalement originale de la part du maître.

PTU, c’est tout d’abord un lieu : Hong Kong. Hong Kong la nuit. Hong Kong complètement vide. Hong Kong une ville qui ne demande qu’à être envahie par des hordes de zombies assoiffées de cerveaux frais (Umberto, Lucio où êtes-vous ??). Au lieu de ça, c’est un Hong Kong envahi par deux populations uniquement : des policiers et des malfrats. A croire que les citoyens lambdas ont été bannis de la ville. Les patrouilles du PTU se télescopent avec le CID (rien à voir avec le Complément d’ Ibjet Direct), qui eux se heurtent aux flics en civils et sous couverture. Et tout ce beau monde tombe nez à nez avec les Triades.

PTU, c’est aussi une ambiance. La nuit, froide, moite, bleue. Une nuit à la Ringo Lam, à la Michael Mann. Non en fait c’est une nuit à la Johnnie To, jamais vue au cinéma auparavant. Une nuit où tout peut arriver, où tout arrive. Une nuit où le plus petit détail, la plus infime erreur, coïncidence, jouent un rôle primordial. C’est un voyage au bout de la nuit, au bout de ses nerfs.

L’ambiance dans un film c’est aussi la musique. Et croyez-moi celle-ci est excessivement, génialement, mythiquement mortelle. A l’image de celle écrite par Elliot Goldenthal pour le parfait Heat, Chung Chi-Wing a choisi de se servir de guitare électrique jouée en sourdine, derrière l’action, en y ajoutant quelques coups de crécelle bien placés. On devrait toujours employer une crécelle pour une musique de film. Plus sérieusement, pour PTU il n’y a pas de thème à proprement parler. D’habitude on a le droit à une mélodie arrangée à toutes les sauces (voir James Horner ou Hans Zimmer). Ici c’est loin d’être le cas et ça j’adore.

Bien entendu, PTU c’est aussi une brochette d’acteurs : Yam Tat-Wah et Lam Suet qui portent littéralement le film, que dis-je ce MONUMENT sur leurs solides épaules. Yam avait pris la mauvaise habitude de se faire plus discret devant la caméra, en prenant des seconds rôles dans les dernières réalisations de To Kei-Fung, The Mission et Fulltime Killer. Mais alors là, Sa Majesté Yam 1er a donc décidé de frapper un grand coup et d’incarner ce capitaine du PTU. Tiraillé entre son devoir de flic, son devoir d’homme, le fait de porter cet uniforme, ses principes et dogmes de vie, et par dessus tout, son amitié sincère envers tout policier. Yam est grand, son titre de Robert De Niro chinois est largement pulvérisé. Son Altesse Sérénissime est le Roi pour longtemps !!

Et Lam Suet dans tout ça ? Eh bien, il est loin le temps de la figuration de troisième zone dans l’incommensurable God of Cookery. Ou plus proche de nous dans le temps, ce rôle de ministre efféminé dans l’attachant et musical Wu-Yen. Place maintenant à Monsieur Lam Suet, place à The Mission, place au flic battu et détroussé de PTU. Bienvenue dans la cour des Grands.

En ce qui concerne le quota féminin, nos yeux sont tout écarquillés de voir Ruby Wong se donner du mal pour laisser entendre qu’elle maîtrise la situation. Mais être habillée comme un mec et froncer les sourcils du style je réfléchis à ta façon de traverser la rue, frôle l’hilarité tant son incompétence est flagrante sous le feu des balles. Dommage elle est censée commander une unité. Mais bon, elle est tout de même bien jolie. Allez je vous donne quelques films incontournables de sa carrière. Dans le désordre et pêle-mêle : Runaway, U-Man, Running Out of Time 1 et 2, Double Tap et Expect the Unexpected de Patrick Yau. Ah j’oubliais elle est aussi dans Too Many Ways to be No 1 (Wai Kar-Fai) dont on vous parlera un jour c’est promis !!

Par contre un coup de chapeau gigantesque à Siu Kei-Kei qui tout en retenue assure un très belle prestation. Elle ne compte que peu de films dans sa filmographie mais on peut déjà y élire deux chef d’œuvres : The Longest Nite et PTU, sans parler de 92 Legendary La Rose Noire, dont une pseudo suite [1] porte le nom de Rose Rose I Love You.

Un chef-d’œuvre ne serait pas un chef-d’œuvre sans ses apparitions de luxe. Au programme deux chefs de triades, le premier étant incarné par Wong Ting-Lam. Acteur, producteur, réalisateur, on a pu le voir dans The Mission du même To Kei-Fung, ainsi que A True Mob Story, The Longest Nite, Love on a Diet et Beauty and the Breast. Son rival en affaire n’est autre qu’Eddy Ko. Lui aussi vu dans The Mission dans le rôle de l’homme à protéger. Mercenaire en chef du Heroes Shed no Tears de John Woo, réfugié chinois dans L’Arme Fatale 4, général Wu dans les deux The Bride with White Hair, et puis je ne résiste pas Kung Fu Cannibals.

Voilà c’est tout... ah au fait...

PTU est un chef d’œuvre !!!

Moi à la fin de ce genre de film, je me lève, j’appuie sur le bouton play et je m’installe pour une seconde vision. Ou alors j’utilise la télécommande pour plus de rapidité !!

Sites officiels:
- http://www.ptu.com.hk/
- http://www.simonyam.com (rien que pour la homepage ça vaut le coup d'œil!!)
- http://www.lamsuetenshort.co.jp

DVD All Zone HK édité par Mei-Ah.
Formidable pressage, ça valait le coup de racheter China Star, au moins les DVDs sont sublimes. Le 2.35 est anamorphique et ça, ça pète carrément !!

De courtes interviews de Johnnie et Simon non sous titrées. Dommage !! Une bande annonce du film, et une autre d’un film tourné en vidéo avec la charmante Athena Chu...

DTS cantonais, 5.1 cantonais et mandarin viennent compléter cette édition, ainsi que des sous-titres anglais, chinois traditionnels et simplifiés.

Seul truc sympa, l’intérieur de la jaquette est une fresque avec les visages des protagonistes enfermés dans les lettres PTU. Ah oui : le boîtier est dans un carton reprenant la jaquette.

[1Copyright Kuro !!

Hong Kong | 2003 | Un film de Johnnie To Kei-Fung | Avec Simon Yam Tat-Wah, Lam Suet, Maggie Siu Mei-Kei (Maggie Shaw), Ruby Wong Cheuk-Ling, Raymond Wong Ho-Yin, Eddy Ko Hung, Wong Ting Lam, Lo Hoi-Pang
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