Qayamat

Après la fresque historique (Asoka), la comédie romantique (Mere Yaar Ki Shaadi Hai), le film de potes (Dil Chahta Hai) et la tentative fantastique (Bhoot), me voici aux abords d’une nouvelle contrée sur le territoire Bollywod : le blockbuster musclé, à savoir Qayamat qui n’est autre que le remake indien de The Rock, souvenir cinématographique intense.

Le plot reste sensiblement le même si ce n’est qu’il change de continent : un groupe terroriste assiège l’ancienne prison d’Elphinston, séquestrant ainsi 213 otages, et menace de lancer sur la ville de Mumbai sept missiles chargés d’un virus extrêmement dangeureux. Les membres du gouvernement décident alors d’envoyer un commando armé pour résoudre la situation ; sur ce même groupe d’action se greffent un jeune scientifique - spécialiste du virus détenu par les terroristes - et un prisonnier, ancien détenu d’Elphinston et seul personne à s’en être jamais évadé...

Dès le générique de début, la parenté avec le film de Michael Bay est clairement affichée : utilisation à outrance des ralentis, photographie filtrée de terrains désertiques, montage plus que généreux en syncopes, gros plans sur un robinet qui goutte... Deux minutes de pellicule et c’est déjà la fête du clippeur. N’allons pas jouer la fine bouche tout en sachant que ce style s’accorde plutôt bien avec le genre et que les réalisateurs indiens sont loin d’être complexés ; accrochons-nous donc plutôt à notre fauteuil et paluchons-nous joyeusement.

Les acteurs... Ajay Devgan - une star locale pour ceux qui l’ignorent encore - reprend le rôle de Sean Connery, à savoir celui du prisonnier, et lui donne une dimension monocorde que probablement seul Will Smith aurait pu égaler ; certes, son jeu de poseur lui est en partie imposé puisqu’il est censé être muet pendant toute la seconde moitié du film, suite à un traumatisme psychologique passé, mais autant dire que ça lui réussit. Sa prestation m’a d’ailleurs fait prendre conscience que la moustache est incontestablement une grande amie du poseur, tout autant qu’une cigarette peut habiller un plan.

Dans le rôle du scientifique embarqué malgré lui, Nicolas Cage est ici remplacé par un nouveau venu, Aashish Chowdhry, pour une déclinaison davantage sidekick du personnage tandis que les yeux glacés d’Ed Harris se scindent en trois jeux de regards psychopathes (Sanjay Kapoor, Arbaaz Khan et Isha Koppikar) bien moins crédibles. Fort heureusement, la seule présence à l’écran de Neha Dhupia - c’est-à-dire Miss India 2002 - suffit à combler nos attentes en terme de casting.

Si les quelques chansons du film ne s’intègrent pas vraiment à l’intrigue et se placent davantage en interludes musicaux, vous ne pourrez rester insensibles à la première d’entre-elles, Qayamat : un gimmick vocal qui s’accroche bien dans le crâne, une chorégraphie digne des grandes heures de Champs-Élysées, du tee-shirt mouillé, des réminiscences visuelles de Moulin Rouge, du triolisme sous-entendu, des étincelles de soudure... La bande originale n’est pas en reste, jouant sur les orchestrations classiques du genre, même si le thème principal est un peu trop utilisé à mon goût.

Quant aux nombreuses scènes d’action, elles sont tout simplement jouissives, Harry Baweja n’ayant pas oublié d’emprunter à Michael Bay son interrupteur temporel ; les combats gagnent en fluidité, accompagnés de bruitages too much qui dynamisent parfaitement ces scènes.

Qayamat est donc un film d’action ambitieux et réussi qui ne fait que confirmer l’importance de Bollywood sur la scène de l’entertainment cinématographique mondial. Hollywood, gare à tes fesses !

J-Me | 24.03.2004 | Inde

Qayamat est disponible en DVD, sous-titré en anglais.

aka City Under Threat | Inde | 2003 | Un film de Harry Baweja | Avec Ajay Devgan, Sunil Shetty, Ishaa Koppikar, Sanjay Kapoor, Neha Dhupia, Arbaaz Khan
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