Raiden

Electric pachipuro goes to paradise...

Ôishi est un flic sans histoire marié à une femme attentionnée, consciencieux dans son boulot, jusqu’au jour où tout bascule ; lors d’une altercation avec un petit délinquant, il le tue accidentellement, sans réellement savoir comment. Ôishi donne sa démission sans le dire à sa femme Sachiko, alors enceinte... La cause de sa démission est due à son idiosyncrasie ; Ôishi émet un fort courant électrique lorsque son cerveau est excité, irrité... Un soir, alors qu’il erre seul dans un parc, Ôishi tombe sur une jeune femme, Aya, qui rêve de devenir danseuse professionnelle... Aya le trouble... elle lui rappelle sa petite sœur aujourd’hui disparue. Ôishi traîne dans les rues de Tôkyô, sans réel but, jusqu’au jour où il rencontre Fukasawa, un pachipuro, un "professionnel de pachinko". Rapidement, et grâce à son idiosyncrasie, Ôishi devient imbattable à ce jeu alors qu’il n’y avait jamais joué avant. Fukasawa est un homme secret et maussade... Ôishi découvre alors que ce dernier n’est autre que le père disparu de la jeune Aya...

...et voilà ! une fois de plus, cet appétit boulimico-fétchiste caractéristique d’une certaine Sancho attitude poussant le sancho en question dans des retranchements psychologiques qui ne lui permettent plus de distinguer le bien du mal, le bon du mauvais, le beau du laid, le mainstream de l’underground, produisant chez lui une sorte d’hystérie jubilatoire à la simple vision d’un objet aux allures de saint Graal, déniché non sans difficultés pour atterrir enfin, devant ses yeux déjà conquis... Miki Mizuno : no comment ! enfin si... la jeune femme, actrice nippone récemment trentenaire, connue pour ses nombreux rôles dans des dizaines de dorama (Team, Hatsu/Tai/Ken), mais surtout celui de Kashiwagi dans Odoru Daisôsasen, la série policière la plus culte des 90’s deux fois adaptée sur grand écran, également comédienne de théâtre depuis peu, ayant fait une rapide incursion dans la chanson, débute -après une poignée de direct to video- une carrière cinématographique aux côtés des excellents SMAP, dans le très sympathique Shûto ! en 1994... une année riche en évènements liés au grand écran puisque Miki est à l’affiche de trois films, et le 28 mai voit donc la sortie du deuxième long-métrage "cinéma" la mettant en scène : Raiden...

...si le verso de la jaquette vend un "neo gambling movie" quelque peu réducteur, "genre" d’ailleurs visiblement inventé pour l’occasion, Raiden est plus à rapprocher d’une sorte de comédie dramatique... enfin, à vrai dire le film de Mitsuyuki Yakushiji, réalisateur trois années auparavant du cultissime Bakumatsu Junjouden (avec Riho Makise et Ken Watanabe) a presque tout d’une sorte d’ovni filmique, allant d’un genre à l’autre sans se soucier d’une quelconque cohérence de styles, jouant entre réalisme et fantastique...

...sachant sa femme enceinte, Ôishi tente de retrouver un travail... mais n’y parvient pas, malgré sa bonne volonté, emprisonné par son handicap/pouvoir. Il ment donc à celle-ci, lui faisant croire que tout va bien... jusqu’au jour où elle l’appelle au commissariat, et qu’elle s’entende dire que son mari ne travaille plus ; abasourdie, Sachiko sort de chez elle et est renversée par une voiture. Le beau-père d’Ôishi, hors de lui, l’empêche alors de revoir sa fille... Ôishi n’a plus de vie, plus rien à perdre, et décide de passer son temps à jouer au pachinko. Un an après, la vie de l’ex-flic n’a guère changé... mais lorsqu’il tombe par hasard avec Aya, il découvre une jeune femme ravagée par la drogue qui travaille pour les yakuza comme hôtesse de bar...

Autant vous prévenir tout de suite, loin de moi l’idée de tenter de vous faire croire que Raiden est un chef-d’œuvre ; ce n’est pas le cas, et je ne le pense pas... oui, mais -et oui !- cette petite production quasi-obscure possède un véritable « charme », réellement indéniable, couplé à une mise en scène maîtrisée et à une interprétation elle aussi sans faille. Hidekazu Akai, ex-boxeur qui fit ses débuts d’acteur dans l’excellent Dotsuitarunen de Junji Sakamoto (cf. article) campe ici un Ôishi émouvant, touchant, déroutant... à ses côtés, outre donc la belle Miki Mizuno, on retrouve Renji Ishibashi (Rôningai), comme d’habitude parfait, et un Sabu acteur, deux avant qu’il réalise son Dangan Runner...

Typique film qui -malheureusement- ne restera pas dans les mémoires (mais pour cela, encore faut-il pouvoir le voir !), Raiden possède pourtant cette grâce inhérente à bon nombre de petits films sans la moindre prétention, le transformant en un vrai beau film qui mérite bien mieux que le triste sort que lui ont réservé critiques, public, et son distributeur...

Kuro | 13.10.2004 | Japon

Existe en VHS (NTSC) chez Pony Canyon/Video Champ au Japon.

Japon | 1994 | Un film de Mitsuyuki Yakushiji | Avec Hidekazu Akai, Miki Mizuno, Miyuki Kousaka, Renji Ishibashi, Junko Takazawa, Fumiko Hirai, Gen Idemitsu, Kôichi Ueda, Sabu
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