Reform School Girls

Ah, la belle époque ! Moi, je regrette souvent de ne pas être né dix ans plus tôt... surtout quand j’ai l’occasion de voir (ou revoir) des films tels que Reform School Girls - ou toute autre production New World... Des années 70 à la fin des années 80, cette société de production a en effet eu à sa charge bon nombre de productions Corman (dont The Big Doll House de Jack Hill, autre film de prison de femmes notoire, et Death Race 2000), mais aussi CHUD, Elvira, Mistress of the Dark, Hellraiser 2 ou encore Cannonball, et même le Black Moon Rising de Harley Cokeliss, d’après un scénarion de John Carpenter. Au même titre que la Cannon, par exemple, la New World est donc l’une des figures emblématiques d’une époque regrettée par beaucoup de cinéphiles dégénérés dans mon genre. C’est que Joseph Zito me manquerait presque, vous savez...

Reform School Girls fait donc partie de ce sous-genre méconnu du grand public qu’est le W.I.P (Women in Prison). En y réfléchissant bien, je crois même que l’on peut déclarer que c’est l’un des plus caricaturaux de tous. Pour tous ceux qui souhaiteraient pouvoir aborder Showgirls avec un état d’esprit favorable, je vous conseille donc la vision de ce film, majeur à sa façon... Pourquoi ? Laissez-moi vous convaincre, je n’ai besoin que de quelques petites minutes...

Jenny Williams se retrouve plus ou moins injustement arrêtée pour attaque à main armée - c’est en fait son petit ami qui a commis le crime. Après un prégénérique incroyable se concluant sur une image figée de Jenny (Linda Carol) hurlant au travers d’un pare-brise explosé, qui accompagne le défilement des gens impliqués dans ce monument de classe cinématographique, un gentil juge prononce la sentence : 3 ans d’enfermement dans la "Reform School" d’une certaine Sutter. "Bienvenue au Club Meditérannée !" s’exclame Edna (Pat Ast) à l’arrivée de la nouvelle fournée de jeunes détenues. Tu m’étonnes... C’est parti pour 93 minutes de harcèlement moral, malnutrition, imolation de peluches, écrasage de chat, scènes de douches, émeutes, bastons de lesbiennes, le tout dans un cadre très hard rock eighties - aussi bien au niveau sonore que visuel, d’ailleurs...

Avant toute chose, il faut bien préciser que j’ai eu la chance de visionner le film en VF - et donc sous le titre Les Anges du mal 2 - ce qui améliore encore l’impact de l’ensemble... Des traductions chef-d’oeuvre ("I knew I smelled something fishy" devenant bien sûr "Je savais bien que ça sentait le poisson") aux insultes-gigogne extraodinaires ("Putain-saloperie-tas de merde"), Reform School Girls place la barre de l’expression à un niveau très élevé. Comme dans tout ce qu’il aborde, tiens : de la prestation tout en finesse de Pat Ast (cette grosse Edna, immonde, qui pietine des petits chats) à celles de Wendy O. Williams (la très trash Charlie Chambliss, favorite d’Edna et constamment en string et bottes en cuir) et Sybil Danning (nous y reviendrons dans quelques instants), en passant par le record du monde du nombre de micros à l’écran... Reform School Girls les collectionne ! Qui plus est, Tom DeSimone fait tout ce qu’il peut pour remplir les conditions d’appartenance au W.I.P, et tous les passages obligatoires du genre sont (ultra-) présents, pour notre plus grand plaisir...

Dans sa promotion, Reform School Girls joue très largement sur la présence de Sybil Danning dans le rôle de la "Reine Mère" de cette "prison pour ados". Dommage qu’on ne voit pas plus cette ancienne star du film d’action et de la série B, qui fut tout de même pressentie pour être James Bond Girl dans Octopussy... A son actif, la dame compte plus de 70 apparitions - cinéma ou vidéo - de Erotic Adventures of Siegfried à Howling 2 (Stirba the Werewolf Bitch dans son titre UK - ça calme, non ?), en passant par Meteor, Battle Beyond the Stars, Chained Heat, Young Lady Chatterley 2, et j’en passe... A la télé, elle est apparue dans la crème de la crème des séries, de Derrick à Street Hawk (Tonnerre Mécanique) en pasant par V et The Fall Guy (L’Homme qui tombe à pic). Avec un CV comme ça, Sybil enterre pas mal de nymphètes, non ? A tel point qu’elle a hérité, fut un temps, du surnom de "Female Clint Eastwood"... Et bien n’empêche que là, Sybil arbore une perruque et une tenue en hommage à la reine du W.I.P malsain, Dyanne Thorne aka Ilsa herself, fume le cigarillo comme un homme et pue le fond de teint même à travers l’écran de la télévision... Ca le fait, mais bon, n’est pas Ilsa qui veut, n’est-ce pas ?

Quoiqu’il en soit, Reform School Girls est un très bon W.I.P, forcément kitsch, démesurément vulgaire et mal joué, résolument jouissif - un film comme il est malheureusement aujourd’hui absolument impossible d’en voir en salles... Sybil, Dyanne,... revenez sur nos écrans, s’il vous plaît !!!!!!

Akatomy | 30.04.2002 | Hors-Asie

Reform School Girls est disponible en DVD zone 1 NTSC chez... Anchor Bay, qui d’autre ???

aka Les Anges du mal 2 | USA | 1986 | Un film de Tom DeSimone | Avec Linda Carol, Wendy O. Williams, Pat Ast, Sybil Danning, Charlotte McGinnis, Sherri Stoner, Denise Gordy, Laurie Schwartz, Tiffany Helm
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