Rendan

L’éclatement de la cellule familiale selon Naoto Takenaka ; en avant la musique...

La famille Sasaki est un peu particulière... Shotaro (Takenaka), le père, est un homme au foyer, passionné par ses diverses tâches ménagères. Minako (Yuki Amami), la mère, est quant à elle une femme de poigne à la tête de la branche design d’une grande société de travaux publics. Ils ont deux enfants ; Mari (Keika Fukitsuka) l’aînée, entre de plein pieds dans les méandres de l’adolescence, tandis que Toru (Yuta Minowa) est un petit garçon comme tant d’autres. Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes... Minako trompe son mari avec un collègue de travail (Yasushi Kitamura) ; Shotaro, est au courant de cette liaison et ne cesse de se disputer avec sa femme. Un jour, alors qu’il emmène son fils dans un restaurant de nouilles, la petite amie de l’amant de sa femme y fait irruption et montre des photos "compromettantes" mettant en scène sa mère au pauvre petit ; Toru, marqué par ce spectacle désagréable pour un enfant, rejette toute sa haine sur sa mère et se ferme totalement à elle. Mari, quant à elle, s’inquiète plus de la tournure de son récital de piano : elle doit jouer une danse hongroise de Brahms à quatre mains, avec sa mère. Cette dernière, qui souhaite récupérer la garde de sa progéniture, se retrouve dans l’incapacité de communiquer avec son fils ; elle se réfugie alors dans les bras de son amant, et le lendemain, apporte les contrats de divorce à Shotaro qui, dans un dernier soubresaut tente de la ramener à la maison...

Alors perçu comme ça, Rendan peut sembler être une espèce de drame familial de bas étages, vu et revu des dizaines et des dizaines de fois au cinéma... et pourtant non. Pourquoi ? Peut-être simplement parce que Naoto Takenaka réussit tour à tour à nous faire rire et à nous émouvoir grâce à sa grande sensibilité ; sensibilité que l’on retrouve chez bon nombre de "marrants"... C’est d’ailleurs avant tout la bonne humeur que dégage ce film qui est frappante ; les adultes sont outranciers et gamins, contrairement aux enfants qui finalement font preuve de plus de maturité... leur discernement quant à la situation de leurs parents est assez impressionnant et ce sont eux les véritables moteurs de cette jolie histoire.

Pour son quatrième film (Muno no Ito /1992, 119 /1994 et Tokyo Biyori /1997) Naoto Takenaka, acteur génial vu aussi bien chez Takashi Ishii (Gonin, Nûdo no Yoru, Freeze Me,...) et dans un cinéma "confidentiel" (Rampo) que dans des hits du box-office nippon (Shall we Dance ?), s’est entouré d’amis comme à son habitude. Outre la talentueuse et charmante Yuki Amami (Kuro no Tenshi vol.2, Inugami), et les deux enfants qui en sont les véritables révélations, on croise tout au long du film le chanteur Mitsuhiro Oikawa (Hyoryugai - The City of the Lost Souls) en prof de piano convoité un moment par la jeune adolescente qui se cherche, Yasushi Kitamura (Freeze Me, Onibi) en amant voleur de maman, Yasue Sato (Bounce Ko-Gals) en employée/réceptionniste du mini conservatoire... et même Shinya Tsukamoto, réalisateur des Tetsuo et autre Tokyo Fist dans un rôle plutôt inattendu de rocker/beauf’ assez chef-d’oeuvrissime... bref, du beau monde faisant partie de la "famille" Takenaka.

Notre ami réalisateur/interprète s’attaque ici à plusieurs sujets : la perception du monde des adultes par deux enfants, l’éducation, la difficulté d’élever seul ses rejetons, un père confronté aux questions posées par ses bambins concernant les agissements de leur mère et à la puberté naissante de sa fille... des thèmes universels qui, traités par Takenaka, deviennent émouvants et drôles à la fois ; il y laisse libre-court à sa fibre paternelle et jamais ne hausse la voix sur ses enfants. Rendan a ce coté "irréel" qu’ont les comédies musicales (tous les personnages chantent, et ce qu’ils chantent est fonction de leur humeur), tout en restant ancré dans la réalité, justement grâce aux enfants et à leurs états d’âme, qui dans leur quête de la compréhension des adultes se voient offrir ce qu’ils croient être des exemples à suivre... à tort, et ils s’en rendront compte par eux-mêmes. Naoto Takenaka a compris une chose essentielle, et en une scène très courte, il parvient à saisir l’amour qui lie un enfant à sa mère... un très beau film qui nous montre le bonheur dans toute sa simplicité.

Kuro | 11.10.2001 | Japon

DVD | Shochiku Home Video | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:85 - 16/9 | Images : Un pressage anamorphique sans défauts qui nous permet d’apprécier les images colorées de Yasushi Sasakibara. | Son : Bonne stéréo, r.a.s. | Suppléments : Spots T.V, Trailer, Making of, interviews, mini-documentaire Rendan in Berlin, video promo, scènes coupées (16/9), commentaire audio, mini-bio/filmos des acteurs et d’une partie du staff technique, et l’affiche du film - pliée - (verso contenant les paroles des chansons et des informations sur le film)... comme c’est malheureusement souvent le cas, ce DVD ne contient pas de sous-titres.

aka Quartet for Two | Japon | 2000 | Un film de Naoto Takenaka | Avec Naoto Takenaka, Yuki Amami, Keika Fukitsuka, Yuta Minowa, Mitsuhiro Oikawa, Reiko Matsuo, Yasue Sato, Yukito Mizoguchi, Yasushi Kitamura, Sawa Suzuki, Hairi Katagiri, Noboru Iguchi, Ryo Iwamatsu, Shinya Tsukamoto, Jôji Matsuoka
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