Roaring Currents

Jamais dans le domaine de la guerre tant d’hommes n’avaient eu une telle dette à l’égard d’un nombre d’individus si réduit. La phrase de Winston Churchill adressée des pilotes de la Royal Air Force en août 1940 pourrait très bien s’appliquer à l’amiral Yi Sun-sin et ses marins, dont Roaring Currents retrace le combat inégal contre la flotte japonaise à la fin du 16ème siècle.

A cette époque, la capitale du Royaume de Corée est en danger à la suite de plusieurs victoires militaires des japonais, qui ont débarqué sur la péninsule. Emprisonné et torturé par le roi après avoir été victime d’intrigues, Yi Sun-sin est pardonné. Il est désormais à la tête des 12 bateaux qui ont survécu à la terrible bataille navale largement gagnée par les Japonais pendant son éloignement du front. L’amiral refuse d’obéir aux ordres du roi de désarmer ses bateaux pour que les marins se joignent à l’armée qui doit défendre la capitale. Yi Sun-sin croit pouvoir vaincre les Japonais malgré un rapport de force très nettement en sa défaveur, les envahisseurs disposant de plus de 300 bateaux. Il est aussi confronté à l’opposition de ses capitaines qui jugent suicidaire un tel combat, mais rien ne le fera changer d’avis.

N’y allons pas par quatre chemins, Roaring Current n’appartient pas à la catégorie des films à grand spectacle qui a mes faveurs. Le réalisateur Kim Han-min utilise des recettes de mise en scène éculées, à commencer par une musique grandiloquente. Les scènes de discussions sont filmées en majorité en gros plan et si émotion il y a, elle est surlignée via des ralentis. Dès qu’il commence à y avoir un tantinet de tension ou d’action, Kim Han-min utilise la méthode désormais standard dans le cinéma actuel consistant à ne plus stabiliser la caméra. Autre pratique cinématographique devenue presque systématique, les combats sont montés sur un rythme ultra-rapide : un coup d’épée, une coupe au montage... Le spectateur est emporté par le courant de cette frénésie de coupes au lieu de le laisser se baigner dans la mêlée des combats.

Roaring Currents est ainsi paradoxalement un film très mainstream dans sa réalisation, alors qu’il glorifie dans le même temps un personnage rentré dans l’histoire pour avoir eu raison seul contre tous ou presque.

Le film reposant principalement sur les combats et les dissensions internes aux deux camps, le réalisateur a essayé qu’il soit plus fédérateur en intégrant l’histoire d’un couple, un des éclaireurs de l’amiral et sa femme. Cet ajout, complètement artificiel, dont le but est de susciter l’émotion des spectateurs et spectatrices, frise le ridicule lors de son dénouement. Ce qui a suscité plus sûrement l’adhésion du public coréen [1], et ne marchera pas en France, est la ferveur nationaliste dans lequel baigne le film, comme son précédent, War of the Arrows. A ce titre, et également par les importants moyens mis en œuvre (décors, luxueux costumes....), Roaring Currents fait penser aux grandes fresques nationalistes sorties des studios du voisin chinois ces dernières années.

Rendons cependant justice au réalisateur de savoir suffisamment bien mener sa barque pour amener à bon port les spectateurs, sans que ces derniers soient lassés par une navigation trop longue. Le film redresse en particulier la barre lors de multiples scènes de combat naval. Le réalisateur a disposé des moyens techniques pour lui donner l’ampleur qu’elles méritaient, en mélangeant effets spéciaux et construction en dur. Le spectateur ne se sentira pas floué, les scènes – si on aime la façon dont elles sont montées – d’éperonnages, d’abordages, de combats individuels, sont nombreuses et spectaculaires.

Roaring Current a été projeté lors de l’édition 2014 du Festival du Film Coréen à Paris (FFCP).
Remerciement à l’équipe du festival, notamment à Marion Delmas.

[1Roaring Currents est devenu le plus important succès de l’histoire du cinéma coréen.

aka The Admiral : Roaring Currents - 명량 | Corée du Sud | 2014 | Un film de Kim Han-min | Avec Choi Min-sik, Ryu Seung-ryong, Cho Jin-woong, Kim Myung-gon, Jin Goo, Kwon Yul, No Min-woo, Kim Tae-hoon, Ryohei Otani, Park Bo-gum
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