Sawasdee Bangkok

Les films hommages à des villes se répandent sur la surface du globe : de Paris à New York en passant par Chengdu (I love you). A ces films, il faut désormais ajouter Sawasdee Bangkok, un omnibus conduit par la fine fleur du cinéma thaïlandais, hormis Apichatpong Weerasethkul resté sur le bord de la route.

Mettons tout de suite les choses au point, Sawasdee Bangkok ne roule pas sur la même file que les autres films de ce nouveau genre. Il ne s’agit pas d’un film hommage car la cité des anges n’est pas montrée sous son meilleur jour. Dans la conscience collective, la Thaïlande est associée au tourisme de masse en Asie du Sud Est (Leonardo DiCaprio y va même à la plage), mais le pays traverse une passe difficile depuis quelques années. La Thaïlande est un pays fracturé. Le sud du pays est secoué par une insurrection musulmane, et Bangkok par des affrontements à intervalles réguliers entre le gouvernement et les chemises rouges, partisans de Thaksin Shinawatra, premier ministre déchu par un coup d’État.

La première histoire est celle d’une SDF aveugle, dont le guide est un ange autoproclamé qui lui décrit une capitale de légende. Wisit Sasanatieng, réalisateur des Larmes du tigre noir, semble vouloir nous mettre en garde que la vision de Bangkok dans l’ensemble des "sketch" est hautement subjective.

Dans ce film finalement très porté sur les sens, Aditya Assarat suit deux jeunes expatriés de retour au pays. L’un des amis tente de se réconcilier avec sa copine. Pendant qu’il l’attend au bas de l’immeuble, le second enregistre les sons de la cité et fait connaissance avec une jeune femme. C’est une intimité perdue avec la ville que ces deux étudiants cherchent à retrouver.

La troisième partie raconte la rencontre, une nuit, entre un jeune provincial et une prostituée. Ce récit est une sorte d’avertissement sur les mirages de la ville.
La dernière bobine, celle de Pen-ek Ratanaruang, est la plus politique et ma préférée. Une jeune femme de la bonne société thaïlandaise rentre chez elle après une soirée. Sa Mini tombe en panne dans un endroit perdu où vit un mendiant muet et des plus crasseux. Il souhaite l’aider, mais n’arrive pas à se faire comprendre tandis que la demoiselle est repoussée par son apparence. En filmant cette brève rencontre entre deux personnes qui n’auraient jamais dû communiquer, Pen-ek Ratanaruang prône la réconciliation entre l’élite du pays et les classes populaires. Les coups de feu entendus dans le lointain et la référence à la couleur du chemisier d’une des amies sont les seuls indices de l’affrontement qui secoue le pays. D’un côté les chemises rouges, partisans de Thaksin Shinawatra qui se recrutent chez les moins favorisés, et de l’autre, les élites qui soutiennent le gouvernement en place.

Pen-ek Ratanaruang nous fait de plus un cadeau avec un générique karaoké ; lui et son équipe chantant et dansant sur les lieux du tournage dans une bonne humeur contagieuse.

Sawasdee Bangkok faisait partie du Panorama de la 12ème édition du Festival du film asiatique de Deauville (2010).

Thaïlande | 2009 | Un film de Wisit Sasanatieng, Aditya Assara, Kongdej Jaturanrasamee et Pen-ek Ratanaruang | Avec Everingham Ananda, Horwang Ploy, Jayanama Nopachai, Kongmalai Bongkot, Scott Louis, Supalak Nemayothin Kalorin, Thongkamnerd Namo
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