Senrigan

Senrigan, ou comment mettre à l’épreuve l’objectivité sanchesque...

Deux femmes, l’une lieutenant dans l’armée de l’air nippone, l’autre à la tête d’un institut de recherche psychologique, enquêtent conjointement sur une mystérieuse secte nommée Midori no Saru (Singe Vert) ; ses membres qui semblent être comme hypnotisés, commettent des attentats suicides un peu partout au Japon...

"Mise à l’épreuve de l’objectivité sanchesque". Pourquoi ? Et bien je dois bien avouer que pour une fois, la présence d’un casting alléchant ne fait pas tout...

En fait, le principal problème de Senrigan est de vouloir faire dans le mainstream friqué ; malheureusement, les effets spéciaux made in Oric Atmos ça le fait moyen, il faut bien le dire. Franchement, je n’ai rien contre le cheap au cinéma, bien au contraire, mais dans le cas présent ça fait tache que voulez-vous ! Bon, retombons un peu sur nos pattes pour nous focaliser sur le film en lui-même. Aïe ! Alors les films de zombies j’adore, il n’y a aucun problème... seulement Senrigan n’en est pas un ! Quoi ?! Kuro critique le jeu des acteurs du film ?!! Non, je ne me permettrai pas... il n’y a pas de jeu d’acteur... hum !

Ouh là... Vite un peu d’objectivité à la Sancho !!!

...ok ! Très honnêtement, j’adore, que dis-je, je vénère Miki Mizuno [1]
, et ce Senrigan a un peu des allures de showreel de la jolie demoiselle ; Miki fait du Kung-fu, Miki sauve le Japon, Miki maîtrise les soldats américains, Miki est totally bilingue, Miki aime les enfants, Miki est la logique incarnée, Miki est belle, Miki contre le club des cinq... bref, Miki Mizuno, c’est vraiment une fille mortelle ! Donc aucun problème, puisqu’en plus, elle s’en tire plutôt bien, surtout pour quelqu’un qui est à l’écran pendant une heure quarante non-stop. On ne peut pas en dire autant de...

Aïe !!! là, l’aparté "objectivité à la Sancho" est bel et bien terminé...

...de Toshirô Yanagiba. Oui, je sais c’est dingue ! Mais je l’ai élu zombie en chef du film... Je ne sais pas comment expliquer cette sensation étrange d’être en présence d’une marionnette lui ressemblant... Ah mais en fait ce doit être ça ! Il ne s’agit peut être pas du vrai Yanagiba mais de son clone... ceci explique cela ! Et ça continue de plus belle avec Hitomi Kuroki, qui se ballade d’un bout à l’autre du film... sans qu’on s’en aperçoive réellement. Bon, le hic c’est qu’elle y tient l’un des deux rôles principaux... Passons outre le fait que je viens de me souvenir que Jinpachi Nezu était également de la partie... ah mais oui c’est vrai, son personnage disparaît soudainement ; peut-être qu’il avait rendez-vous chez le dentiste, ou alors il était parti lire un livre dans un coin... histoire de ne pas s’ennuyer ! Nous saluerons notre ami Tomorowo Taguchi qui, quant à lui nous fait son numéro habituel du "je joue moins de cinq minutes dans un film parce que les réalisateurs aiment bien m’utiliser mais ne me donnent jamais de vrais rôles" [2]... mais il le fait si bien !

Petit rappel, en mini filmos éclaires, de qui sont les comédiens dont je viens de parler. Toshirô Yanagiba, génial acteur au demeurant, chanteur à ses heures, vu au cinéma dans Rush !, Saraba Itoshi no Yakuza, Chinese Dinner, et dans les dorama Odoru Daisosasen (y compris dans le film), Ashita ga Arusa ou Koi Suru Top Lady. Hitomi Kuroki, excellente comédienne qui vient tout droit du théâtre que l’on a pu voir au côtés de Koji Yakusho dans Shitsurakuen, mais également Hasen no Marisu, ou dans l’inquiétant Honogurai Mizu no Soko Kara. Bon, Jinpachi Nezu on ne le présente plus, de Kagemusha à Akakage, en passant par Ran, Saraba Itoshiki Daichi ou encore Gonin (et la plupart des Takashi Ishii), ses talents ne sont plus à prouver... Ah oui ! A propos des acteurs, je me pose une question à chaque fois que des comédiens non asiatiques sont dans des films asiatiques justement ; pourquoi jouent-ils si mal ?!... comment ? parce qu’ils ne sont pas dirigés ?!... ah ok...

Bon, avec tout ça, vous allez me dire que j’y suis allé un peu fort avec Senrigan, et que certainement des films "pires" ont eu droit à plus d’indulgence de ma part ; c’est vrai, seulement j’ai zappé pour votre plus grand plaisir, le côté "pathos pathos quand tu nous tiens" qui tient plus de la pub Royal Canin qu’autre chose... comprendront ceux qui le verront...

Au niveau de la mise en scène, là aussi le spectateur est en droit de se poser quelques questions ; l’utilisation que je qualifierai d’éhontée du grand angle à l’épaule, nuit au film en lui conférant cet aspect bizarroïde, sorte de crossover raté de 52 à la une et je sais pas trop quoi en fait. Je tiens à préciser que j’adore le grand angle [3]... mais uniquement lorsqu’il est justifié ou qu’il ne dessert pas le film...

Bon, finalement, Senrigan est selon moi une déception... bien que... en y réfléchissant bien, voir Miki Mizuno à l’écran pendant tout un film, c’est quand même le bonheur, ça c’est un fait ! Disons pour conclure que Senrigan est à conseiller avant tout aux fans de Miki, quant aux autres... oh allez, regardez le quand même ; cent minutes de mademoiselle Mizuno après tout, ça ne se refuse pas !

Kuro | 16.12.2002 | Japon

DVD - HK | Panorama Entertainment | NTSC | Zone 3 | Format : 1:1:85 - 4/3 | Images : Correctes...dans l’ensemble. | Son : Un 5.1 un peu trop discret. | Suppléments : Pas grand’ chose à vrai dire, uniquement 3 pseudos trailers (en fait des extraits d’à peine 30 secondes) des films Beat, Pinch Runner (Morning Musume) et Dream Maker.

Attention, ce DVD ne comporte que des sous-titres chinois.

DVD - Japon | Toei video (pas vu) | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:85 - 16/9 | Suppléments : Trailers, TV Spots, interviews de Miki Mizuno et Manabu Asô, bio/filmo cast & staff.

Ce DVD ne comporte pas le moindre sous-titre.

Site Officiel de Keisuke Matsuoka: http://www.senrigan.net

[1Cf. article Koibito wa Sunaipâ.

[2Hormis Shinya Tsukamoto, Takashi Miike, Ryuichi Hiroki, Sabu, et un ou deux autres...

[3Et je le prouve tout de suite : Too Many Ways to be No.1 est un de mes films cultes !

aka At the End of Century | Japon | 2000 | Un film de Manabu Asô | D’après le roman Senrigan - Midori no Saru de Keisuke Matsuoka | Avec Miki Mizuno, Hitomi Kuroki, Toshirô Yanagiba, Jinpachi Nezu, Tomorowo Taguchi, Yûko Oshima, Emiko Yamamoto, Hôka Kinoshita, Ryuichi Yajima, Wayne Doster, Matt Lagan, Samuel Pop Aning, Anthony Whiting
The Bodyguard
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Dernier train pour Busan
Hôtel Singapura
Les Garçons de Fengkuei
Green Green Grass of Home
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