Shadowless Sword

Comment parler d’un grand n’importe quoi... je ne sais pas...

Peu avant le passage du premier millénaire, en Corée, un clan renégat décide de renverser le pouvoir en place, en supprimant tous les descendants mâles de la famille royale. C’est alors que les conseillers se souviennent d’un jeune prince exilé, qui, une fois installé sur le trône, pourrait fort bien ramener le calme olympien sur le pays.

La plus fougueuse des soldats du royaume, Yon So-Ha, est envoyée aux confins du territoire pour convaincre, forcer, sauver et... accessoirement tomber amoureuse de Sosam, ancien futur monarque de la région. Sur leur chemin semé d’embûches diverses et incongrues, ils devront affronter la milice des envahisseurs dirigée par Gunhwapyong, un assassin aux talents guerriers multiples...

S’il est des films que l’on pouvait attendre au tournant c’était la seconde réalisation de Kim Young-Jun, réalisateur du pourtant sympathique Bichunmoo. Malheureusement, dès les premières minutes, on saisit que l’on va passer un pénible et long, très long moment. La scène d’ouverture, censée nous faire frémir de cruauté et de violence gratuite, nous laisse de marbre, rabaissant au degré zéro la chorégraphie des combats et surtout la manière que Kim Young-Jun a de les filmer. Dès lors, un pan entier et quasi central du métrage (un wu xia pian !!??) tombe dans l’indifférence.

Pourtant la pauvreté de la seconde œuvre du réalisateur parvient à créer encore plus de surprises devant nos yeux déjà écarquillés d’effroi. Aux duels piteusement mis en scène s’ajoutent une pénurie catastrophique de dialogues (“L’épée n’est pas importante, c’est l’esprit de la personne qui s’en sert !!”) et une singulière façon de ne pas les jouer. Et oui vous l’aurez compris, les acteurs sont transparents, notamment Shin Hyun-Joon, qui redore le blason d’une génération d’endives toujours aussi présente. Il n’y a guère que le personnage de So-Ha qui tire son épingle quand elle le veut bien, ce qui est rare.

Mais alors me direz-vous que reste-t-il dans ce maelström du rien et du nulle part ? Peut-être, en mince filigrane, un certain élan héroïque, ou tout au moins quelque chose s’en approchant...

Les situations restent par trop tâtonnantes, voire inexplicables : Sosam l’exilé dirigeant une sorte de sérail byzantin, fumant au narguilé. Ahlala mélange des genres saugrenu, des coréens avec des dreadlocks semblant bel et bien sortis d’un autre film, ou encore des figurants aux moustaches/postiches/barbes factices les accompagnant, dans un désespérant hommage à Magnum. Sans parler de ces duels éclairs tout droits sortis des épisodes censurés de Ken « Allez Raoul » le Survivant. Bah voilà j’ai trouvé, Shadowless Sword est un tendre hommage à la télévision de notre enfance, et qui n’a aucune place dans le paysage audiovisuel coréen.

Car en définitive, Kim Young-Jun n’arrive pas à se dépêtrer de son film et, non sans tenter un brin d’émotion dans son final, décide de couper son générique de fin pour nous gratifier d’un flashback inutile et pompeux.

Shadowless Sword n’a pas de propos, représente une perte de temps sèche d’1h45, et reflète une programmation de cette 9ème édition du Festival du Film Asiatique de Deauville assez terne. Dans le monde du nawak, Shadowless Sword tient une place de choix.

Shadowless Sword a été diffusé au cours de la 9ème édition du Festival du film asiatique de Deauville, dans le cadre de la compétition Action Asia.

aka Muyeong Geom | Corée du Sud | 2005 | Un film de Kim Young-Jun | Avec Lee Seo-Jin, Yoon Soy, Shin Hyun-Joon, Lee Ki-Yong
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