Silent Hill

Pour beaucoup Silent Hill est ce que l’univers du jeu vidéo a fait de mieux dans le domaine de la peur, dans la façon de la traiter et de la rendre palpable. Silent Hill donne un visage à nos peurs en faisant appel à des sensations diverses et intelligement variées. Après les nombreuses et pitoyables adaptations (humm Resident Evil... euh non j’ai rien dit...) de jeux vidéos sur le grand écran, peu d’espoir résidait dans l’adaptation de ce joyau. La liste des prétendants était visiblement titanesque et j’ose à peine imaginer ce qu’aurait donner le projet d’un Uwe Boll, un OVNI de plus sans aucun doute. Heureusement rien de tout ça ne s’est passé. La franchise tomba dans les mains d’un frenchy, le Tarantino francais. Est-ce que cela se revèle un bon choix ? Un gros oui et un moyen non...

Est-ce que Gans a décidé de laisser tomber tout ses délires de réalisateur affichés en long et en large dans Le Pacte des loups ? Grand dieu oui. Silent Hill est sobre, très sobre, exactement ce que l’on attendait pour l’adaptation d’un tel titre. Pas question ici de partir en vrille caméra à l’épaule pour simuler des effets de terreur totalement vains. Fort d’une connaissance cinématographique capable d’en ridiculiser plus d’un, Gans réussit à tirer de Silent Hill un univers visuel cauchemardesque au dernier degré. Chaque retentissement des sirènes, annonciatrices de l’avènement des ténèbres sur Silent Hill, vous fera craindre le pire et vous avez sincèrement raison. L’aspect visuel est sans nul doute le point le plus fort de ce film, du décorateur au créateur des monstres jusqu’au réalisateur, on sent que chacun n’était là que pour servir le projet et non pas pour tirer la couverture vers soi. L’absence de crise d’égo sur un gros projet aboutit 9 fois sur 10 à un spectateur qui en prend plein les mirettes.

La ville de Silent Hill est le royaume de vos pires cauchemars. Chaque incursion dans ce patelin satanique avait de quoi coller au joueur des frousses en cascades. Qu’en est t-il de la transposition filmique ? Eh bien Gans joue sur un terrain légèrement différent de ce que l’on aurait put attendre. L’horreur purement atmospherique domine à plate couture sur celle purement graphique. Le jeu arrivait à tenir la balance entre les deux extrêmes. Gans quant à lui préfère changer legerement son fusil d’épaule. Est-ce un mal ? Pas du tout car ainsi le film gagne en intensité. La plongée dans les arcanes de la ville et par la même dans l’horreur la plus complète est progressive. Il en résulte donc une montée de tension et d’adrénaline plus que parfaite lors du final purement et simplement apocalyptique. En tant que réalisateur Gans réussit à créer une vraie tension dans son histoire. Le voir mettre de côté sa casquette de cinéaste referentiel au profit de celle d’un réalisateur tout court est un pur soulagement de cinéphile. L’horreur atmosphérique du jeu est bel et bien retranscrit, soit par le biais de jeux de caméra identiques a Silent Hill premier du nom, ou d’apparitions de personnages emblématiques.

Le premier et certainement le plus charismatique est celui qui provoquera la plus grosse frustration de par son « petit temps de présence » à l’écran, je veux parler de Pyramid Head. Monstre vedette de Silent Hill 2, ses apparitions ici sont synonymes de terreur intense. Il est l’une des cautions gore du film. A ce titre la scène de l’escalier devant l’église, bien que courte, restera mémorable. On regrette juste que ses interventions ne soient pas plus nombreuses. Heureusement le bestiaire de Silent Hill se voit gratifié de la présence d’hôtesses de charmes, les infirmières de Silent Hill 2. En une seule scène et de par la mise en scène brillante de cette dernière, Gans réussit un pur moment d’horreur visuelle, sensationel. La troupe de danseuses engagé pour incarner les infirmières a réussi avec brio à retranscrire les mouvements inhumains de ces monstres sexy ; un vrai bonheur visuel à ne pas manquer.

Mais alors après ces quelques louanges, où est donc le problème ? Dans les dialogues et dans la structure même de certaines parties de l’histoire. De nombreux moments dits de tunnels explicatifs ont de quoi donner l’envie de se taper la tête contre les murs. De plus par moments le film n’arrive pas à garder son simple statut de film, mais reprend le flambeau de jeux videos se donnant l’allure de films. La faute à des clins d’oeils trop fort aux gamers ou juste une mise en scène trop simplifiée, parfaite pour certains passage de jeux mais qui, transposée sur grand écran, montre rapidement ses carences. Malgré tout il ne faut pas nier son plaisir et plutôt admettre l’évidence : le Silent Hill de Gans reste une expérience intéressante et plus intelligente qu’il n’y paraît. Loin d’être parfaite cette adaptation des jeux Konami ne prend pas son public pour une bande d’abrutis. Le fond est peut-être un peu obscur sur le moment, mais quand on y revient on se rend compte que ce voyage au fond de l’horreur ne laisse pas indemne. Premier vrai pas de Gans en tant que vrai réalisateur et non plus rat de vidéoclub à la Tarantino, le voyage qu’il nous propose de faire dans les profondeurs de Silent Hill est un délice horrible dont il serait dommage de se priver.

Marcus Burnett | 12.05.2006 | Hors-Asie

Silent Hill est sorti sur les écrans le 26 avril 2006.

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