Sins of Sister Lucia

Rumiko n’est pas vraiment une enfant modèle, puisqu’elle couche avec son prof d’anglais à domicile, dérobe à son père de l’argent destiné à un pot de vin, et tente de convaincre son amant de partir avec elle, ailleurs... seulement voilà, le paternel les prend sur le fait, et lâche son homme de main sur le malheureux bonhomme. Rumiko, peu passive, se saisit d’un couteau et attaque l’agresseur. Sur le point de se livrer elle-même à la police, la donzelle se voit pourtant infligée un autre châtiment : rentrer au couvent Sainte Marianna pour retrouver le droit chemin. D’abord exaspérée, Rumiko découvre rapidement que ses sœurs – Freda, Helena, Maria, Gloria, et même les serviles Sonia et Dorothea, chouchoutes de la Mère supérieure – sont victimes de pulsions sexuelles débordantes, qu’elles assouvissent entre elles ou avec l’aide d’un Père pour le moins dévoué. L’évasion de deux prisonniers qui échouent au couvent, va donner à Rumiko matière à jouer de cette luxure blasphématoire...

Sins of Sister Lucia est de ces petits riens, qui recèlent le secret d’un réveil réussi. Quel meilleur lieu pour commencer une journée en effet, qu’un couvent où les sœurs partagent leur habit non seulement dans la prière, mais surtout pour étouffer leur jouissance ? Loin du Couvent de la bête sacrée, de sa trame de vengeance et de son incroyable esthétisme, le film de Koyu Ohara joue la carte de l’exploitation primaire, sans objectif autre que celui, déjà très noble, de faire céder ses sœurs aux basses délicatesses de la chair. Si ressorts scénaristiques il y a, ceux-ci ne servent qu’à multiplier les accouplements et non à transcender le métrage : simple et efficace nunsploitation.

Son rythme de croisière, Sins of Sister Lucia le trouve très rapidement, au terme d’un générique somptueux en forme de poursuite dans les couloirs du couvent. Au son d’une litanie religieuse, notre Rumiko, fraîchement intégrée, est forcée, à coups de fessées cul nu, d’étaler les frasques qui l’ont conduites ici. La curiosité de la Mère supérieure fleure déjà bon l’opportunité et le lesbianisme latent, tout comme les regards libidineux de la belle Maria, qui provoquent la jalousie, implicite, de sœur Freda. Lorsque Lucia – le nom chrétien de Rumiko – rejoint ses quartiers, ses consœurs sont affairées à se goûter de moult façons. Rumiko s’énerve de ces attouchements, et c’est en tentant de quitter les lieux qu’elle surprend la Mère supérieure en pleine « bénédiction », plus en accord avec ses propres penchants hétérosexuels. Punie pour ses accusations, elle se retrouve en isolement, en pâture inespérée au désir de deux prisonniers en cavale. Alors que les deux hommes abusent d’elles, ils découvrent chez la jeune femme un plaisir évident qui les surprend ; d’autant que Rumiko leur propose de jouir de toutes les robes de l’établissement.

Les loups lâchés dans la bergerie, Sins of Sister Lucia se conforte dans une succession de scènes de sexe assez osées, si possible à trois, qui évoluent de la force - parfois - au consentement - toujours - sous le regard espiègle de Rumiko, constamment en train de croquer dans une pomme... Eve un tantinet évidente d’un paradis déjà noyauté, qu’elle se contente de précipiter un peu plus rapidement dans une débauche collectivement assumée. L’inventivité du second outrage fait à Lucia – prise dans une toile d’araignée improvisée par le fil à tisser des religieuses, manipulée par Maria – s’efface rapidement au profit d’une vulgarité mesurée, de langues exposées et autres dégustations suggérées, dans une efficacité presque syndicale. Le cadrage est impeccable – Koyu Ohara se laisse porter par la symétrie dès qu’il délaisse les poitrines et fessiers de ses actrices (soit jamais trop longtemps) – mais jamais vraiment remarquable, la perversion simple blasphème, en dépit de la crucifixion symbolique de la Mère supérieure... bref, Sins of Sister Lucia est un nunsploitation sans écueil ni éclat, sans véritable ambiguïté ni ambition, jouant avec hédonisme d’un fantasme des plus agréables. Yuki Nohira, l’interprète de Rumiko/Lucia, bien prude au delà de l’introduction, porte sur les femmes du film et leurs égarements le même regard que nous : elle s’en lasserait bien, si ce spectacle érotico-blasphématoire n’était pas, somme toute, si agréable et divertissant.

Akatomy | 21.04.2009 | Japon

Sins of Sister Lucia est disponible en DVD zone all, sous titré anglais, grâce au travail irréprochable (la copie est magnifique) de Mondo Macabro.

aka Sudojo Lucia : Kegasu | Japon | 1978 | Un film de Koyu Ohara | Avec Yuki Nohira, Rumi Tama, Tamaki Katsura, Rei Okamoto
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