Sparrow

Si vous souhaitez passer un bon moment au cinéma. Si vous pensez qu’un film ne doit pas forcément durer 2 heures 25 minutes. Qu’une heure et demie est amplement suffisante pour raconter une histoire simple. Surtout si ,coincé dans votre fauteuil, vous ne pouvez pas déplier vos jambes. Alors Sparrow est pour vous. Mon palais sucré me ferait comparer ce film de Johnnie To à une friandise à consommer sans sentiment de culpabilité. Bref, du cinoche.

Kei est à la tête d’une équipe de trois pickpockets qui s’attaquent aux clients des boutiques de luxe de Hong Kong, et aux passants négligents dont les portefeuilles constituent une proie trop tentante pour des doigts agiles. Le reste de son temps, le personnage joué par Simon Yam circule à bicyclette et réalise des clichés des scènes du quotidien. Jusqu’au jour où une charmante jeune femme, Chun Lei (Kelly Lin), apparaît par hasard dans son viseur. Il fait sortir l’oiseau plusieurs fois, fasciné par cette inconnue. Mais il n’est pas le seul à avoir été attiré dans ses rets, ses acolytes aussi. Cette femme en liberté surveillée voudrait s’envoler. Encore faudrait-il qu’elle récupère son passeport enfermé dans le coffre fort de son « protecteur ».

Dans sa note d’intention au sujet du film, Johnnie To annonce clairement la couleur : « Tout en suivant leurs aventures, le film décrit une chose, plus subtile et plus émouvante : la ville de Hong Kong ». Et il est vrai que l’un des charmes de Sparrow est l’immersion de l’action dans la vie cité. Parfois, la caméra observe de loin les acteurs mêlés à la foule. A vélo ou à pied, Kei nous promène dans Hong Kong, des quartiers où sont situés les magasins de luxe à proximité desquels nos compères plument des pigeons, à ceux, moins prestigieux, où ils résident et se retrouvent pour manger.

Un film de Johnnie To ne serait pas complet sans un morceau de bravoure, un climax digne de ce nom. Après plusieurs scènes finales où il faisait parler la poudre, et comment, il a changé son fusil d’épaule et nous a réservé une surprise. Dans cette dernière livraison, le pistolet a cédé la place aux fragments de lame de cutter utilisés par les pickpockets pour découper vestes et sacs, et soulager ainsi leurs victimes de leurs possessions. Le goût du réalisateur hongkongais pour le western est connu. Cette influence est une nouvelle fois présente à l’écran. Situation classique du genre reprise dans Sparrow : le héros doit traverser la ville surveillée par les sbires du caïd. Il s’inscrit dans une longue lignée de personnages de films de Johnnie To, tradition également toute hongkongaise, qui refusent de se laisser dicter leur conduite par plus puissant qu’eux. Il y a un honneur à défendre, qu’importe le prix à payer, noblesse oblige.

Mais c’est la comédie musicale qui constitue ici la principale source d’inspiration du hongkongais. Et pour que Simon Yam se prenne pour Fred Astaire, Johnnie To a fait appel aux Français Xavier Jamaux et Fred Avril qui ont composé un score très swing. Cette collaboration est une réussite, au même titre que l’était celle du premier avec Johnnie To pour Mad Detective. La musique contribue au ton léger de l’ensemble, même s’il ne s’agit pas véritablement d’une comédie comme le distributeur essaye de vendre le film.

Kizushii | 22.04.2008 | Hong Kong

Sparrow sortira sur les écrans le 4 juin 2008.

aka Man jeuk | Hong Kong | 2008 | Un film de Johnnie To | Avec Simon Yam, Kelly Lin, Lam Ka Tung, Lo Hoi Pang
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