The Agent

Berlin. Une tractation entre les services secrets nord-coréens et des terroristes arabes « anti-impérialistes », surveillée par les sud-coréens dans la seule intention de récupérer les numéros de comptes en banque utilisés par leurs homologues voisins, échoue suite à l’intervention d’un quatrième parti. Pyo Jong-seong, agent nord-coréen « fantôme » chargé de l’opération, réussit à s ’échapper et dès lors cherche à trouver les raisons de l’échec de cette opération, et de la compromission de sa présence à Berlin. Il a sur ses talons Jeong Jin-soo, agent sud-coréen. Dans le même temps, Pyongyang envoie un autre agent, Dong Myeong-soo, enquêter sur l’incident.

Autant mettre les pieds dans le plat tout de suite : The Agent est un navet vraiment navrant ! Pas grand chose à sauver ; à commencer tout d’abord par un scénario inutilement compliqué, qui laisse à croire que l’espionnage serait l’affaire d’agents naïfs et décérébrés, manipulés par des pleutres et/ou des incompétents. Bref, on serait plutôt dans le schéma suivant : les agents secrets, bien qu’étant censés être la crème de la crème de leur profession, font boulette sur boulette. Ensuite, une fois les yeux grand ouverts sur le pourquoi du comment de leur interrogation du moment, ils en viennent à bout à grand coup de technologie, de flingues, de lattes, et un peu en utilisant leurs méninges. Les gentils sud-coréens sont pas si gentils que ça, et les nord-coréens, bien que très méchants, peuvent aussi être attachants - comme dirait Didier Super : « y’en a des biens  ». On nage dans le subtil.

On est en plein dans la caricature ; ce que vient confirmer la façon dont sont représentés tous les protagonistes autres que coréens, à tel point que cela frise le racisme. Parangon du procédé, les terroristes arabes, compléments stupides et faciles à manipuler... A un certain point de The Agent, l’action prenant place à Berlin, on ne sait plus si ils sont arabes ou turcs, mais a priori c’est considéré comme du pareil au même. Et histoire de finir en beauté, le film leur a attribué une arme secrète de tout premier plan, le « téléphone arabe » ! De jolis clichés en somme, au service d’une narration non maîtrisée dans laquelle on finit par se perdre, pour ne plus s’attacher qu’à l’action proprement dite.

L’interprétation est également au niveau du reste, nulle. Ha Jung-woo (The Murderer, The ChaserTime) est endivesque au possible. Han Suk-kyu (The President’s Last Bang, Shiri, Tell Me Something) fait le cabotin au minimum syndical, un véritable gâchis. Ryoo Seung-bum (Crying Fist), frère du réalisateur, surjoue le méchant narquois et cynique.
Quant à Gianna Jun (Windstruck, My Sassy Girl) c’est l’encéphalogramme plat en terme de jeu.

On en vient à se dire que c’est du côté de l’action ou de la réalisation qu’il faut chercher quelque chose de substantiel. Et là, c’est le drame ! Même si les acteurs sont crédibles au cours des scènes d’action. Dommage que les séquences où les protagoniste se tirent dessus, ainsi que celles où ils en viennent aux mains, aux pieds, et plus si affinités, soient la plupart du temps illisibles, inutilement étirées dans le temps, et absolument pas époustouflantes. Seules deux séquences réussissent à extirper un sourire plutôt navré. La première, lorsque Pyo Jong-seong, après être passé à travers une verrière suite à une chute, continue à se cogner partout. La seconde, lors de l’affrontement final, qui voit Pyo Jong-seong et Dong Myeong-soo se jetter sur des gros cailloux, et par manque de munitions, se bourrer réciproquement la face à coup de crosse de pistolet. C’est outrancier, mais sans saveur.

La réalisation use d’effets intempestifs qui ne soutiennent en rien l’histoire, voire ajoutent encore plus de confusion dans le déroulement de la trame, comme au cours du démarrage du film, ou l’on voit Pyo Jong-seong rentrer de sa transaction ratée, suivi du flashback racontant la transaction. La sobriété aurait été plus payante. On a également droit à un soupçon de 3D fort visible, et à des explosions ridicules. A noter la tension artificiellement entretenue au cours du film grâce à une musique pompière insipide et, comme l’usage le veut, trop forte.

Que The Agent ait pu être comparé à Joint Security Area pour ce qui est des rapport entre les deux Corée me laisse bouche bée et les bras ballants. Ryoo Seung-wan nous livre là un navet pur jus, sans même le petit quelque chose qui aurait pu en faire un nanar sympathique. Il s’adresse au spectateur lambda, dévoreur de blockbuster, au moyen de grosses ficelles éculées, sans même nous gratifier d’une prestation correcte de la part des acteurs, pour nous expliquer la géopolitique façon Journal de Mickey. Et histoire d’enfoncer le clou, The Agent s’achève un twist final, du niveau tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc, qui nous laisse exhaler un « tout ça pour ça ? » et qui, comble de malchance, laisse entrevoir une suite. Le pire est-il encore à venir ?

Diffusé lors de la soirée d’ouverture de la XIXème édition de l’Etrange Festival (Paris, 2013), The Agent est par ailleurs disponible, en DVD, Blu-ray & co sous-titrés anglais, aussi bien en Corée du Sud qu’à Hong Kong.
Remerciements à Xavier Fayet.

aka The Berlin File - 베를린 | Corée du Sud | 2013 | Un film de Ryoo Seung-wan | Avec Ha Jung-woo, Han Suk-kyu, Ryoo Seung-bum, Gianna Jun
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