The Arena

N’étant pas familier avec l’œuvre complète de Roger Corman et mon expérience du sous-genre des "films de prison de femmes" se limitant pour le moment à quelques spécimens comme Showgirls, Reform School Girls ou encore la série des Ilsa, c’est avec une relative candeur que j’ai abordé The Arena de Steve Carver et Joe D’Amato, flamboyante production péplum du duo Corman/Damon. Dans les rôles principaux, nous retrouvons le non moins célèbre duo Grier/Markov que l’on avait déjà pu apprécier dans Black Mama, White Mama, film d’exploitation et fier de l’être.

Si l’on peut relever certaines similitudes entre The Arena, renommé Gladiatrices en français, et Gladiator de Ridley Scott, nous préférons les attribuer au hasard et à une convergence des thèmes traités plutôt qu’à une véritable inspiration ; bien s’en faut, puisqu’en dépit de son volume mammaire, reconnaissons que Pam Grier n’a pas l’aura d’un Russel Crowe.

The Arena débute dans une forêt où Bodicia, une prêtresse blanche interprétée par la blonde Margaret Markov, et Mamawi, une danseuse noire (vous l’aurez deviné, il s’agit de Pam Grier), sont capturées puis vendues sur le marché aux esclaves à un romain aux manières efféminées. Ce dernier s’avère être l’équivalent de Proximo dans Gladiator : il est responsable des gladiateurs et des services qui s’y rattachent.

Après avoir été nettoyées à la serpillière, nues dans la cour (pourquoi s’en priver...), ces demoiselles rejoignent les autres esclaves féminines dont les obligations consistent notamment à "détendre" les gladiateurs qui doivent combattre le lendemain. Comme dans tout W.I.P, l’effectif féminin comporte sa victime innocente, sa geôlière sadique (elle abuse ici du fouet), sa garce dominatrice... La tension du climat aboutit tout naturellement à une scène de catfighting dans les cuisines de l’arène où les légumes volent et les têtes sont plongées dans les cuves de crème. Devant ce spectacle, le tenancier des lieux décide d’organiser des combats féminins lors des jeux afin de raviver l’enthousiasme déclinant du public.

Les premiers combats se déroulent dans une ambiance bon enfant, mais le public réclame rapidement du sang ; devinant qu’au final, elles vont toutes y passer, il ne faudra pas attendre longtemps avant que notre tandem de gladiatrices ne se révolte et tente de s’échapper à travers les catacombes...

La philosophie de Roger Corman qui revient à optimiser l’utilisation du budget d’un film s’illustre parfaitement dans The Arena. Un exemple ? Au lieu de faire appel à des effets spéciaux dynamiques, lorsqu’un romain doit être abattu de plusieurs flèches dans les tribunes de l’arène, ce dernier est filmé en plan rapproché, puis l’acteur mime l’impact des flèches sur son corps avant qu’un zoom arrière ne nous les dévoile déjà plantées. Un effet sonore en sus et le tour est joué. Un autre exemple ? Lors d’une scène de "relaxation" des gladiateurs, l’utilisation du montage alterné entre deux chambres permet de montrer deux fois plus de sexe tout en réduisant l’utilisation de pellicule. Fallait y penser.

Certes, si vous n’êtes pas un habitué du genre, le film vous fera probablement penser à un softcore du dimanche soir, avec son lot de bon goût (une scène de viol précédée d’un "I’ll teach you, bitch"), mais je reste persuadé de sa valeur pédagogique pour tout autodidacte qui se respecte. Par contre, si vous recherchez uniquement le divertissement, à moins d’être fan de Pam Grier, il est fort possible que vous vous ennuyiez un peu devant The Arena, en dépit de sa courte durée. Vous voilà prévenu(e)s.

The Arena est disponible aussi bien en DVD zone 1 NTSC qu’en DVD zone 2 PAL (UK), et a été diffusé lors de la onzième édition de l’Etrange Festival dans le cadre de la thématique Wonder Women.

aka Gladiatrices - Naked Warriors - La Rivolta delle gladiatrici | Italie / USA | 1973 | Un film de Steve Carver & Joe D’Amato | Avec Margaret Markov, Pam Grier, Lucretia Love, Paul Müller, Daniele Vargas, Marie Louise, Mary Count, Rosalba Neri, Vassili Karis, Sid Lawrence
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