The Iceman Cometh

Et si les visiteurs venaient de Hong Kong...

Fung San (Yuen Wah) et Fong Sau Ching (Yuen Biao) font partie de la garde royale de l’Empereur sous la dynastie Ming. Mais Fung San qui en a assez de sa vie chaste, viole et tue la princesse Nan Chang pour son plaisir (jamais de demie mesure à Hong Kong). Ching a alors vingt jours pour ramener Fung San sous peine d’être exécuter. La mission s’avère des plus difficile, car Fung San a trouvé le moyen de traverser le temps grâce à la "Great Wheel", une machine vaguement en forme de lotus, et le "Black Jade Buddha" qui permet de l’actionner. Alors que Fung San enclenche la machine, Ching le rejoint et les deux hommes sont projetés 300 ans dans le futur.
Ils se retrouvent en pleine montagne, et lors de leur affrontement font une chute de plusieurs centaines de mètres. Retrouvés congelés dans la glace par une expédition scientifique, ils sont ramenés incognito à Hong Kong. A cause d’une bande de voleurs pour le moins incompétents, un court circuit se produit et Ching ne tarde pas à se réveiller. Complètement déstabilisé dans cette ville moderne qu’il ne comprend pas, Ching se retrouve à sauver une jeune femme, Paula (Maggie Cheung) qui est en fait une prostituée. Cette dernière le ramène chez lui et ne tarde pas à en faire son garde du corps et son homme à tout faire.
Mais ce que Ching ignore c’est que Fung San qui s’est aussi réveillé, est devenu un redoutable gangster qui a décidé de profiter des joies du monde moderne (en gros toujours violer des filles et tuer ceux qui se mettent sur la route, tout en finesse quoi !!!)...

Je tiens à rassurer tout de suite les lecteurs de Sancho, malgré mon accroche The Iceman Cometh n’est pas un remake des Visiteurs (le film a été réalisé quelques années auparavant, mais curieusement on retrouve certains gags à l’identique dans le film de Jean Marie Poiré), donc point de Christian Clavier et de "Okay" si drôle dans le film de Clarence Fok.
The Iceman Cometh plutôt, rappelle beaucoup l’excellent C’était demain de Nicolas Meyer (H.G. Wells, grâce à sa machine, se lance à la poursuite de Jack l’éventreur dans le New York des années 70), et à certains moments Highlander.

Après un début très Chinese Ghost Story mâtiné de violence un brin sadique, de fantastique et d’action à l’épée (Hong Kong forever), le scénario prend une tournure très classique mais pas désagréable, partagé entre comédie et action.

Comme toute histoire de voyage dans le futur qui se respecte, la première moitié du métrage se concentre sur la découverte du monde moderne par Ching, et Clarence Fok ne rate aucune scène découlant de cette situation : Ching sur l’autoroute face aux voitures qui lui foncent dessus, Ching qui prend deux types déguisés en Père Noël pour des gardes impériaux, ou encore qui prend peur devant les interrupteurs électriques, qui attaque la télé quand il voit une femme se faire agresser sur l’écran - sans oublier son nettoyage dans la cuvette des toilettes (j’ai l’impression d’avoir déjà vu cela quelque part). Certes ce n’est pas follement original, mais au moins on évite la plupart du temps un humour raz des pâquerettes qui nous fait parfois nous demander si on n’est pas en train d’halluciner devant ce que l’on voit. Clarence Fok en profite même pour réussir une jolie séquence chargée d’émotion, quand Ching découvre, au travers d’un film, la mort de son Empereur et la fin de la dynastie Ming.
Et puis il faut bien l’avouer cette première partie ne serait pas aussi fun sans l’abattage monstrueux de Maggie Cheung dans un rôle de prostituée grande gueule, reine de l’embrouille, ici à cent lieux des rôles qu’elle a tenu par la suite chez Wong Kar-Wai (à l’époque elle venait juste de tourner As Tears Go By), et dont le jeu d’actrice se rapproche de tout, sauf de la sobriété.

Hong Kong oblige, la seconde partie du métrage met le turbo et passe en mode action. Yuen Biao (Zu, Once Upon a Time in China, Project A, entre autres) et Yueh Wah (Police Story 3, Swordsman, Eastern Condors) s’en donnent alors à cœur joie avec une poursuite voiture/cheval (c’est bien connu un cheval va aussi vite qu’une voiture) qui se termine par une scène de kung-fu où les deux hommes s’affrontent dans la voiture perchée à plusieurs mètres au dessus de l’eau ; mais surtout lors du final qui commence par un duel à l’épée sur les toits (tiens, cela me rappelle quelque chose), pour se poursuivre à l’intérieur du musée avec un combat sec et brutal (on n’hésite pas à se balancer gentiment dans les vitrines du musée), plutôt bien chorégraphié même si la réalisation sans grande inspiration a tendance à nous montrer trois fois de suite la même action sous des angles opposés (ça fait toujours moins de boulot pour le monteur).

Film typique de la production hongkongaise des années 80, The Iceman Cometh est un divertissement (certains diraient même un classique) réjouissant, qui vous fera passer un agréable moment.

Torrente Wong | 6.07.2003 | Hong Kong

Iceman Cometh existe en DVD chez Universe (pas vu), en zone 2 sous le titre Time Warriors mais coupé de 40 minutes (pas vu) et en VHS UK chez Made in Hong Kong.

aka Les Guerriers du temps - Time Warriors | Hong Kong | 1989 | Un film de Clarence Fok (Clarence Ford) | Avec Yuen Biao, Maggie Cheung, Yuen Wah, Stanley Fung, Elvis Tsui
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