The Island

Question philosophique du jour : que pouvait bien faire Michael Bay après avoir atteint une sorte de délire orgasmique et complètement barge tel que Bad Boys 2 (qui, faut-il encore le rappeler pour ceux ne l’ayant pas vu, est ce que le cinéma bis US 100% pétage de plomb et mauvais goût inside à fait de mieux ces dernières années) ?

Bad Boys 2 était comme un adieu de la part de Bay à un genre qui lui à donner ses lettres de noblesse : celui du no-brainer par excellence. Celui où l’explosion prévaut sur la réflexion et la vanne domine l’intellect. Une seule solution s’imposait donc, changer de style et mettre plus de substance que de style dans son œuvre. Une volonté qui n’allait pas sans changer de producteur, à savoir Tonton Spielberg à la place de Mr « je fais tout peter » Bruckheimer.

Commençons par le commencement. si vous voulez voir The Island pour l’action que vous avez l’espoir de trouver en stock inimaginable, dommage pour vous ça ne sera pas le cas. Il n’y a qu’une seule scène d’action en plein milieu du film, une dizaine de minutes de folie ressemblant plus à un best of de ce que Bay sait faire qu’à une réelle innovation. D’ailleurs le set up de la poursuite sur l’autoroute est quasi identique plan par plan à celle se déroulant dans Bad Boys 2. Cette séquence d’action est-elle décevante pour autant ? Non, pas vraiment, mais elle est loin d’être enthousiasmante tant elle a un goût de recyclage. Vous l’aurez donc compris, The Island ne mise pas tout sur l’action, Bay tente de s’y reposer sur l’HISTOIRE !!! Hannnnnn le truc impossible dans un Michael Bay. Le rythme du film d’ailleurs s’en ressent. Pendant près de 45 minutes rien ne se passe de très violent, on pose les bases. Le style se fait discret et pas outrancier. On en vient à s’inquiéter... sommes-nous dans la bonne salle ? Est-ce bien Michael qui se trouvait derrière la caméra ?

The Island ressemble à un vrai film. Pas un grand film certes mais un film, ce qui dans la filmo de Bay fait en effet la différence. Mais c’est aussi ce qui fait la plus grande faiblesse du film. Quand on va voir un film de Michael Bay on attend une dose de folie sans pareille, des angles de caméras nous retournant la tête, des dizaines de trucs techniques qui déchirent dans tous les sens... Il n’en sera presque rien ici. Michael a rangé une grande partie de sa folie pour devenir un réal comme les autres. Sans la séquence d’action au milieu, le film pourrait avoir été réalisé par n’importe qui tant il est générique. Malgré tout il y a du bon dans tout cela, l’histoire en elle-même avait du potentiel. Deux personnages sortent du lot, bien que malgré tout ils ne soient pas assez développés on s’attache à eux : Ewan McGregor et Djimon Hounsou, en gros le chasseur et la proie. Dans le rôle de la proie McGregor se débrouille plutôt bien pour rendre son personnage attachant. Né depuis seulement quelques années et héritant directement de la mémoire et du corps de son double de 30 ans, on croit à son perso sans trop de mal. La confrontation avec son acheteur (à savoir lui-même) n’en est que plus drôle tant dans le rôle de celui-ci il tend à se foutre de lui-même, de son côté charmeur et surtout de son accent. On regrette que le côté sombre de l’histoire ait été laissé un peu de côté, tout est bien propre aux encoignures, c’est gênant. Mais le sacro saint PG13 a sûrement dû passer par là.

Le personnage le plus frustrant est celui du chasseur incarné par Hounsou. Le potentiel était là mais l’exploitation de celui-ci reste très anecdotique, et le retournement montrant l’humanité du perso est inefficace au possible. La faute à qui ? Sûrement au fait qu’on ne lui a pas laissé assez de place pour évoluer dans l’histoire. Il est trop unidimensionnel. Vu le potentiel de fou que ce perso avait et ce qu’il aurait pu mettre sur la table contre McGregor, on reste gravement sur sa faim.

La plus mal lotie du film est cependant Scarlett Johansson. Là aussi le potentiel était là (l’histoire avec l’enfant de sa commanditaire aurait vraiment pu être un point passionnant) mais au lieu de cela, on hérite d’une pleureuse potiche qui passe son temps a courir. Elle ne sert à quasiment rien dans le film. Triste résultat pour une actrice ayant son potentiel.

Au final, que reste-t-il à la fin du générique ? Un bon moment de cinéma, certes. The Island est sans difficulté ce qui ressemble le plus à un vrai film dans la filmo de Bay. Mais pour son premieressai dans la catégorie des cinéastes « non Bruckheimerien », Bay est passé juste à côté de réussir un coup de maître. Il avait tout pour lui, un nouveau producteur, des acteurs valables, une histoire avec un gros potentiel, et au final on se retrouve avec un film correct. The Island est un bon moment de cinéma qui avait tout pour être capable de rester dans les mémoires. Ca ne sera pas le cas. Espérons pour la suite que Tranformers soit le Bad Boys 2 du film de robots géants... et surtout qu’il hérité d’une fin moins lamentable que celle de The Island... pitié !!!

Marcus Burnett | 23.08.2005 | Hors-Asie

The Island est sorti sur les écrans français le 17 août dernier.

USA | 2005 | Un film de Michael Bay | Avec Ewan McGregor, Scarlett Johansson, Djimon Hounsou, Sean Bean, Steve Buscemi, Michael Clarke Duncan
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