The Japanese Wife Next Door : Part 2
Japon | 2004 | Un film de Yutaka Ikejima | Avec Akane Yazaki, Reiko Yamaguchi, Azusa Sakai, Lemon Hanazawa, Naohiro Hirakawa, Kôji Makimura, Kikujirô Honda
The Japanese Wife Next Door : Part 2

Comme je vous le disais il y a peu, c’est après quatre ans de relation que ce cher Takashi Ichinose s’est retrouvé bien seul, au point d’accepter de se rendre dans un mixer pour tenter d’y trouver demoiselle à côtoyer. Cela ne vous dit rien ? Retournez jeter un œil alors, à notre article sur The Japanese Wife Next Door, dans lequel j’expliquais comment, aguiché par deux femmes lors de cette soirée de rencontres, Takashi s’était laissé embarqué par la gironde Sakura (Reiko Yamaguchi) et ses facéties mammaires. Ce compagnon de salles au premier opus, variation sur le même thème, se propose de partager ses cinq premières minutes. Sauf qu’ici, lorsque Sakura prétexte l’ivresse pour s’enfuir avec le supposé bellâtre, son adversaire Ryoko (Akane Yazaki), pas dupe, s’interpose et l’emporte. Plutôt que de se retrouver la tête dans le décolleté de Sakura, Takashi s’en va donc explorer la plastique d’Akane Yazaki, plus raisonnée et courante dans l’univers du pinku eiga.

Six mois après cette rencontre, les tourtereaux ont convolé en noce et, dans cette alternative, c’est monsieur qui rejoint sa belle famille : Yamazaki, père richissime à la tête de quelques traders ; Masumi, sa troisième femme aguicheuse ; et Mina, la sœur de Ryoko, hikikomori à la mode Lolita, sévèrement frappée du ciboulot... Pendant que le premier encourage notre héros à se la couler douce en attendant d’hériter du business familial, la seconde se déplace en lévitant (véridique) et la troisième berce des bébés en plastique dans une piscine vide. Mais surtout, une fois les portes closes, la mijaurée et geignarde Ryoko se transforme, aux côtés de son père et sa belle-mère, en vile dominatrice, perverse et bi-sexuée...

Je ne peux m’empêcher d’être admiratif face à cette trouvaille, pourtant simple, du couple Yutaka Ikejima / Kyōko Godai, pour réaliser le double programme The Japanese Wife Next Door en cinq jours à peine avec force économies : cette étude de choix, entre deux féminités et sexualités opposées, constitue un régal à double tranchant, entre l’érotisme enthousiaste et la perversité appuyée, dans lequel les symétries de structure – l’introduction, le premier ébat, l’aventure extra-conjugale avec l’ « autre » femme – et les acteurs réemployés n’empêchent nullement la diversité. Le moins que l’on puisse dire en effet, c’est que cette alternative à l’appétit démesurée de Reiko Yamaguchi, principalement empli de sourires réminiscents de Russ Meyer, ne lui est en rien redondante. Exit le sourire désarmant de Miss Yamaguchi pendant l’amour et les frottements de poitrine ; Akane Yazaki elle, renvoie dans un premier temps au tout venant, plein de gémissements retenus, de l’érotisme nippon. Tellement d’ailleurs, qu’on pourrait penser ce second opus dénué d’intérêt. C’est sans compter sur le traitement décalé de Mister Pink, et la sexualité tordue de Ryoko et les siens.

En alternant lavement à base de lait et aberrations de mise en scène – les protagonistes qui se déplacent en lévitant, donc, sur bruit de soucoupe volante sixties – Yutaka Ikejima crée un espace de contradiction, entre des fétichismes assez exclusifs, vous en conviendrez, et une gaudriole relativement grand public. Il appâte le spectateur commun avec la beauté certaine d’Akane Yazaki - qu’il érotise à merveille dans une séance de douche, au cours de laquelle les gouttes qui perlent dans une flaque, prisme sur la scène, viennent sans cesse troubler la réflexion convoitée de sa nudité -, employée dans un certain syndicalisme du pinku, avant de nous balancer ses extrêmes avec insolence. Et la contradiction fonctionne : le rire s’installe dès lors que Yamazaki expose sa théorie sur les pigeons et corbeaux, responsables de la criminalité au Japon, ou quand Mina se caresse en pensant que Takashi n’est autre que son Leo(nardo DiCaprio). On rit plutôt jaune par contre, quand l’homme de main du même Yamazaki subit la récompense d’un trafic de drogue réussi, dans un masochisme rectal et laiteux des plus craspecs...

The Japanese Wife Next Door : Part 2 est à la fois plus varié – dans ses émotions, dans ses géométries sexuelles – et moins recommandable que son prédécesseur. Certes plus exotique, il lui manque, un peu, cette sexualité positive que Reiko Yamaguchi transpire avec bonheur, en faveur d’une opposition très fétichiste, entre la timidité et la débauche. L’avantage étant tout de même, que chacun devrait trouver son compte, dans l’une ou l’autre des aventures de Takashi !

Akatomy, le 9.12.2010 | Japon

Comme son compagnon, The Japanese Wife Next Door : Part 2 est disponible en DVD au Japon, sans sous-titres, mais aussi et surtout aux USA, sous-titré anglais, chez Pink Eiga. Image toujours pas jolie, et pas mal de suppléments. Par contre, on retrouve une autre interview de Reiko Yamaguchi, alors qu’Akane Yazaki elle, est absente. Il faut dire aussi que la contribution au pinku de la miss, stripteaseuse célèbre et ex-actrice AV, se résume à sa participation aux deux opus de la série : peut-être avait elle donc d’autres chats, ou trafiquants, à fouetter.

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