The Legend of the Evil Lake

Alors que le règne des temps anciens s’achève, le roi Park Hyokkose fondateur du royaume de Shilla affronte la secte de Auta, un terrible sorcier maléfique. En possession d’une épée magique, Hyokkose défait Auta et emprisonne son âme dans les profondeurs d’un lac grâce à son épée plantée dans le sol.
1000 ans après, la dynastie de Shilla gouvernée par la reine Chinsong vit ses heures les plus sombres. En proie à des guerres incessantes, le royaume sur le point d’être détruit ne doit son salut qu’à la bravoure de son chef des armées, le général Biharang dont la reine est amoureuse.
Mais le cœur de ce dernier est déjà acquis à une jeune paysanne, Jahunbie. Inquiets des sentiments qu’éprouve la reine à l’égard de Biharang, ses conseillers éloignent le général et profitent de son absence pour faire exécuter Jahunbie.
Afin d’échapper aux tueurs qui sont à ses trousses, Jahunbie est obligé de se jeter dans le lac qui renferme l’esprit maléfique d’Auta.
De retour du front, Biharang persuadé que sa fiancée est morte, confronte la reine Chinsong convaincu qu’elle a ordonné le meurtre de sa fiancée. Au même instant, Jahunbie possédée par l’esprit maléfique d’Auta investit le château. Devenue une sorcière aux pouvoirs redoutables, elle vient se venger de ses agresseurs et détruire le royaume de Shilla...

Pour sa sixième édition, le festival de Deauville inaugurait cette année la section "Action Asia", composée en grande majorité de productions coréennes. Abordant différents genres, de l’actionner avec Tube (peut-être le plus américain des films présentés) à la SF avec Yesterday, en passant par l’espionnage avec Double Agent (deux films dont nous reparlerons prochainement), c’est pourtant The Legend of the Evil Lake qui suscitait du moins pour moi, le plus vif intérêt.
En effet, alors que les cinéma de Hong Kong et du Japon puisent régulièrement leur inspiration dans les contes et légendes traditionnels, peu de films coréens jusqu’à présent (à l’exception notable de Bichunmoo et The Legend of Gingko) ont abordé l’univers du film médiéval fantastique, et encore moins tenté de retranscrire sur grand écran le folklore du pays du matin calme.

Autant l’avouer, The Legend of the Evil Lake est malheureusement un nouveau coup d’épée dans l’eau. Ouvertement inspiré des meilleurs productions de fantasy du cinéma de Hong Kong (cf interview du réalisateur - prochaînement en ligne), et recyclant les éléments les plus emblématiques du wu xia pian fantastique (romance tragique, sorcellerie, chevalerie), le film se place d’emblée comme une copie sans âme de nombreux films qui l’ont précédé dans le genre. La première séquence qui voit l’affrontement entre le roi Park Hyokkose et la secte d’Auta, est à ce titre un condensé de chefs-d’œuvre de l’ex-colonie tels que The Bride with White Hair et A Chinese Ghost Story.

La suite est à l’avenant. Incapable de s’affranchir des nombreux emprunts qui parsèment son film, mais surtout d’y insuffler une touche d’originalité, Lee Kwang-Hoon condamne rapidement son film à n’être qu’un bel écrin vide qui se regarde sans réel ennui mais sans réelle passion non plus.
L’histoire d’amour tragique entre Biharang et Jahunbie, pourtant le nœud du film, est d’une telle platitude, que jamais le spectateur ne se sent concerné et encore moins ému par la relation qui unit les deux amants. L’aspect purement fantastique se réduit aux clichés du genre, une frêle jeune femme possédée par un démon devient un ange exterminateur aux pouvoirs dévastateurs, à la voix inhumaine et dont la peau a la fâcheuse tendance à changer de couleur quand l’esprit du mal prend le contrôle de son corps. Quant aux nombreuses scènes de combats qui parsèment le film, bien que correctement chorégraphiées, elles donnent l’impression d’avoir déjà été vues ailleurs et en mieux.
Seule originalité au tableau : le temps d’une brève séquence, le film se permet un détour par le cinéma d’horreur et nous offre quelques morts sanglantes assez réjouissantes. Pour les amateurs que nous sommes, c’est déjà ça de pris.

Ceci est d’autant plus dommage, que d’un point du vue technique le film est une franche réussite. Photo soignée, décors naturels grandioses (le tournage s’est effectué en Chine), costumes de toute beauté et effets spéciaux réussis : tout était réuni pour faire de The Legend of the Evil Lake un grand film épique, capable de redonner un nouveau souffle à un genre pratiquement disparu à Hong Kong.
En l’état, sans un être un mauvais film, The Legend of the Evil Lake est une oeuvre convenue et sans surprise, à laquelle seuls les novices en matière de fantasy chinoise trouveront un certain intérêt.

Diffusé dans le cadre du 6ème festival asiatique de Deauville, The Legend of the Evil Lake existe en DVD coréen chez Bitwin.

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