The Losers’ Club

Après trois longues années de vide cinématographique, Patrick Yau, ex-futur espoir du cinéma hong kongais désavoué par son Pygmalion, nous revient seul aux commandes de son quatrième film...

Nam (Tsang), un producteur/réalisateur de shows télévisés sur la chaîne numéro un, se retrouve dans une impasse professionnelle ; si les chiffres de son émission n’augmentent pas dans les quinze jours, il sera mis définitivement à la porte... C’est alors qu’une idée lui vient à l’esprit ; se servir de Kenny (Ng), un chanteur de seconde zone totalement barré, crossover vivant de Dali et Boy George, et de sa "folie", pour attirer un large public. Le succès ne se fait pas attendre, et la chaîne propose à Nam le plus gros show de l’histoire du petit écran de l’ex-colonie. Malheureusement, les choses se compliquent lorsqu’à quelques heures du direct sa productrice lui demande d’annuler la prestation de Kenny ; dans le cas contraire, Nam se verra remercié sur le champ...

C’est avec une impatience non dissimulée que certains d’entre nous attendaient le retour de Patrick Yau, l’ancien poulain de Johnnie To au sein de la Milky Way, à la réalisation. Evincé comme un malpropre par l’homme qui le porta aux nues quelques années auparavant, Yau a traversé un désert artistique de trois ans... une éternité à Hong Kong, où il n’en faut pas plus pour tomber aux oubliettes, et ce malgré trois premiers films fort remarqués à l’époque (The Odd One Dies, The Longest Nite et Expect the Unexpected)...

...bref, pas si étrange que ça si le quatrième opus de Yau parle allègrement de trahison, de loyauté, mais également de manipulations diverses, et surtout du "milieu du spectacle" et de ses dérives ; Yau connaît son sujet et il va nous le prouver de manière plus ou moins adroite durant l’heure vingt-cinq que dure ce Losers’ Club, film underground-mainstream, un produit étrange, tout comme pouvaient l’être chacune dans leur genre ses trois premières réalisations, malgré tout parfois conventionnelles.

Yau va donc régler ses comptes dans ce premier film synonyme de sa renaissance artistique ; naissance tout court d’ailleurs, le joug de son producteur-créateur-tyran étant désormais bien loin... malheureusement, s’il parvient à se débarrasser de son - excellent - passé au sein de la Milky, force est de constater que Yau a du mal à trouver ses repères ; si son film est plein de bonnes intentions, son propos est parfois mal servi par un côté un peu trop convenu, et un goût parfois douteux, surtout lorsque l’on compare The Losers’ Club à la richesse visuelle que possédaient ses précédentes œuvres. Vous allez me dire : "pourquoi comparer avec d’autres films, qui plus est, qui n’ont rien à voir avec celui-ci ?!"... et vous aurez parfaitement raison ; cet article va donc connaître un revirement total dès que cette phrase sera terminée.

Servi par un casting sans faille, allant du toujours excellent Eric Tsang à l’incommensurable Francis Ng, en passant par Maggie Shaw (ou ’Siu’, as you wish) - vue dans 92’ Legendary La Rose Noire ou The Longest Nite -, Ruby Wong, une habituée de la Milky Way (Lifeline, Too Many Ways To Be No. 1, Expect the Unexpected, Running Out of Time) - que l’on a pu voir également dans le très bon Double Tap et dans le non moins excellent Runaway -, The Losers’ Club est un film avant tout sur l’amitié improbable de deux êtres, finalement destinés à se rencontrer ; ces deux has been en puissance ne peuvent compter que l’un sur l’autre pour pouvoir espérer renouer avec un semblant de gloire... inutile de préciser le caractère autobiographique de l’histoire ; même si To n’a jamais été un ’ringard’, sa reconnaissance mondiale démarra grâce à la vague de polars sombres et sans concessions (le final de Expect... en est la preuve !) dont l’une des pièces maîtresses du succès fut Yau. Ce dernier en profite au passage pour allègrement égratigner les batailles que se livrent les chaînes télévisées, qui manipulent à tour de bras public, artistes, dirigeants, presse...

The Losers’ Club est un film difficilement classable ; OVNI incompris ? Pétard mouillé retentissant ? En tous cas, le flop qu’il fit lors de son exploitation en salles prouve que les films un peu différents auront toujours le même sort dans l’industrie cinématographique mondiale... Même s’il est imparfait sur bien des points, The Losers’ Club n’en demeure pas moins un film qui possède une poésie indéniable qui frôle parfois la beauté pure. A vous de voir, mais le plan final en dit long sur la détresse qui pousse certains artistes à agir de telle ou telle manière...

Kuro | 4.02.2002 | Hong Kong

DVD | China Star Entertainment Group | NTSC | All Zone | Format : 1:1:85 - 16/9 | Images : Parfaites ! Un pressage anamorphique sans le moindre défaut. | Son : Très bon... pas grand chose à dire, le film ne se prêtant pas forcément à une profusion d’effets sonores. | Version originale en cantonais ou version doublée en mandarin. | Sous-titres chinois ou anglais au choix.

Suppléments : là en revanche, China Star nous avait habitué à mieux, puisqu’au menu on ne retrouve que le trailer du film, le synopsis (un résumé de sept lignes) et les habituelles mini bios/filmos de Eric Tsang, Francis Ng et Patrick Yau.

Existe également en VCD (1:85 / Mono / sous-titres chinois et anglais imposés).

aka Fai Chaai Tung Mang | Hong Kong | 2001 | Un film de Patrick Yau Tat-Chi | Avec Eric Tsang Chi-Wai, Francis Ng Chun-Yu, Maggie Shaw (Siu Mei-Kei), Ruby Wong Cheuk-Ling, Michael Tse Tin-Wah, Chun Wong, Lam Wai-Kin, Tong Hoi-Lung, Chan Ho-Ming, Lo Hoi-Pang
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