The Master of Ballantrae

Ecossais un jour, écossais toujours !!

Mea Culpa : Lorsque vous êtes petit, et là j’entends vraiment petit, les héros de vos films de chevet deviennent vos compagnons de jeux. Ainsi à 4 ou 5 ans, je comptais parmi mes partenaires de jeux, Scaramouche, Ivanhoé, Robin des Bois, ou si vous préférez Stewart Granger, Robert Taylor et Errol Flynn. Oui je sais vous pensez là, devant votre écran, mais quelle espèce de mytho ce Takeuchi !

Loin d’être rassasié d’amis illustres, j’ajoutais à ce déjà bien fourni tableau, un écossais en la personne de Sir James Durrisdeer, mais là je vais déjà trop vite.

James Durrisdeer est l’aîné d’un aristocrate écossais. En pleine invasion anglaise, il doit choisir son camp. En bon patriote, il choisit d’arborer la cocarde blanche, signe d’appartenance à l’Armée Ecossaise, mais aussi signe d’accointance à la rébellion contre les Anglais, l’odieux envahisseur. Malgré un patriotisme flagrant, l’homme est aussi volage. Car bien que promis à la radieuse Lady Alison, il entretient une relation au grand jour avec la non moins merveilleuse Jessie Burns, une jeune paysanne aux cheveux noir comme de l’ébène.

Mais l’heure n’est plus à la bagatelle, son jeune frère Henry revendique lui aussi le droit de porter cocarde. James désireux de sauvegarder le nom de son père, décide de jouer cette aventure à Pile ou Face, au grand désespoir de son père, qui lui serait bien allé au combat. Aah ces Ecossais alors !! C’est donc le fougueux James qui défendra l’honneur des Durrisdeer de Ballantrae, tandis qu’Henry fera des courbettes devant les Anglais, en cas de défaite des patriotes écossais.

Ecrasée par le nombre, l’armée écossaise moins bien entraînée aux techniques de combat est en déroute. James est maintenant devenu un rebelle à exécuter. C’est alors qu’il trouve refuge dans une maison en ruines, en plein milieu des Highlands. Attiré par l’odeur d’un poulet fraîchement rôti, il entre et manque de se faire couper la main. Le Colonel Francis Burke de l’Armée Irlandaise, venue prêter main forte à la meurtrie Ecosse, s’apprêtait à se restaurer lorsque ce malotru de James a voulu s’emparer de son déjeuner. Décidément très joueur, James propose un Pile ou Face ; Pile on se bat, Face on partage le repas. Ce sera face et le début d’une longue amitié.

"J’étais jaloux James, mais je ne t’ai pas trahi !!" - Henry Durrisdeer

Mais maintenant il leur faut quitter le pays, du moins pour un temps. James se tourne alors vers son frère, mais leur orgueil respectif les conduit à se battre. Poignardé par son propre frère et laissé pour mort derrière de hautes herbes, James ne doit son salut qu’à l’intervention de Burke, l’irlandais gastronome. Ils arrivent tant bien que mal à s’embarquer sur un navire marchand.

Bien qu’il soit payé une forte somme pour les faire traverser, le Capitaine du vaisseau ne perd pas une occasion de les humilier : Burke est préposé aux patates, James devient un simple matelot, plié aux plus basses besognes. Bien sûr en bon écossais qu’il est, James attend patiemment son heure. Heure qui arrive très vite, puisque le navire est attaqué par un vaisseau pirate commandé par un dandy français. James saute sur l’occasion pour défier l’infâme capitaine (pas le pirate, l’autre) en combat singulier.

"Un des matelots se bat contre son propre capitaine !!" - Arnaud, pirate et gentilhomme

D’emblée, le français remarque ce valeureux matelot qui bondit et pourfend son capitaine. Tant de combativité séduit le fringuant frenchy qui se lance dans un duel acrobatique avec le patriote écossais. Mais au moment où James va prendre le dessus sur son assaillant, Bull le bras droit du pirate, intervient de façon peu sportive.

C’est dans la cabine du Beau Brummel pirate, que James s’éveille. Décorée finement, la cabine semble issue d’un conte de fées. De plus le léger tangage du navire et la petite mélodie émanant d’une boîte à musique se mêlent aux cris d’effroi d’hommes jetés à la mer. Ce sont les hommes d’équipage du navire attaqué la veille, à qui on laisse le choix suivant : s’enrôler dans la piraterie ou périr.

"Il y avait un irlandais avec moi. Qu’est-il devenu ?" - James Durrisdeer

Le Colonel Francis Burke fait son entrée, affublé d’un tricorne à plumeau et tout sourire. Les trois hommes s’entendent immédiatement sur la bonne marche à suivre pendant cet échange de bons procédés : Burke et James aideront les pirates dans leurs viles tâches, en échange ils restent à bord sans que leurs vies soient mises en danger. C’est le début d’une grande aventure sur mer.

"Amenez la grand voile !!" - James Durrisdeer

Au fil du voyage, la belle assurance de James prend le pas sur la sournoiserie du pirate français, et la brutalité du quartier maître Bull (un bien joli nom, pour un bien joli métier !!). A l’horizon, l’homme de quart voit l’Ile de la Tortue, repère favori des pirates, des galions espagnols receleurs de fabuleux trésors, pouvant faire d’un vulgaire mendiant un roi. L’équipage ne voit que fortunes, James ne voit que des Highlands et une femme aux boucles rousses.

Formidable roman que celui de Stevenson. Prendre comme point de départ les hautes terres d’Ecosse pour verser ensuite dans la piraterie la plus légendaire était un tour de force de la part du romancier. Il fallait pour réussir le passage au grand écran, une folle équipe de techniciens et d’acteurs.

Le choix des producteurs s’est posé sur la personne de William Keighley, formidable réalisateur anglais dont le chef-d’oeuvre incontesté est sa version de Robin des Bois. Revoyez la scène où Errol Flynn se baffre devant Olivia de Havilland (Marianne) en souriant et en lui proposant un bout. Ou encore Robin arrivant pendant la soirée organisée par Sir Guy de Gisbourne (Basil Rathbone), un cerf sur les épaules. Le pauvre animal fut chassé par Robin dans l’unique but de mettre à mal l’édit qui proclame que le braconnage est interdit sur les terres de Messire Guy. Co-réalisé par Michael Curtiz, cette version des Aventures de Robin des Bois est somme toute la plus flamboyante mais reste loin derrière celle de Giorgio Ferroni avec l’immense Giuliano Gemma. Mais bon, là n’est pas le sujet de l’article.

The Master of Ballantrae est le chant du signe de William Keighley, puisqu’il ne dirigera plus aucun film jusqu’à sa mort 31 ans plus tard ??!! Pour parfaire la réalisation de cette épopée, il s’alloue les services du mythique [1] Jack Cardiff, chef opérateur de Michael Powell et d’Emeric Pressburger. Le budget bouclé, maintenant il ne restait plus qu’à réunir un casting digne de ce nom. Keighley fait appel à son vieil ami Errol Flynn qu’il a déjà dirigé dans Robin des Bois et The Prince and the Pauper.

Le visage et les mains gonflés par l’alcool (il faut bien l’avouer, il mourut 7 ans plus tard à l’âge de 50 ans d’une crise cardiaque - 50 ans !!!???), Errol Flynn reste le numéro un de film de pirates, c’est lui le Capitaine Blood, c’est lui qui se jette d’un pont à l’autre, le sabre à la main pour sauver l’honneur des femmes et des orphelins. Bref Errol c’est la Mega STAR !!

A ses côtés, un autre mythe anglais celui là, en la personne de Roger Livesey. Véritable boute en train en toutes occasions et tous rôles. Médecin dans A Matter of Life and Death de Powell, pour qui il avait déjà joué dans Colonel Blimp. Ici c’est un officier irlandais, plus désireux de mener la grande aventure que de sauver la veuve du coin. Il ne pensait pas tomber sur un fou furieux d’écossais. Il en sera pour son compte et vivra les plus folles aventures de sa vie, qui le conduiront d’un champ de bataille aux caraïbes, aux bras de créoles, à la potence et enfin...

The Master of Ballantrae est fait pour tout amoureux de rebondissements en tous genres, d’honneur bafoué, de cœurs reconquis, de jeunes danseuses (Gillian Lynne, waaachaa !!) avec un chti haut turquoise et transparent avec rien en dessous, de galions chargés de trésors... et tellement d’autres choses dont a besoin tout enfant pour rêver !!

The Master of Ballantrae c’est de la bravoure à l’état pur, de la romance à l’état de fragrance, du rêve de jeunesse à tout jamais !!!

Takeuchi | 19.07.2003 | Hors-Asie

LaserDisc Warner sorti en 1992. Le film est en plein cadre (format d’origine). Encodage correct mais absence notoire de close caption (sous-titres pour malentendants).

DVD Warner sorti tout récemment. Remasterisé par un Monsieur Warner en petite forme, mais les couleurs sont fort belles. Le mono d’origine reste écoutable. En fait le problème c’est l’objet. Moi je suis un inconditionnel du LD qui je trouve enterre sans grand mal le DVD - surtout quand il s’agit de ce type d’édition.

Suppléments :
- Galerie de photos ;
- Affiches et autres goodies ;
- Trailers du Master of Ballantrae, de Robin des Bois, du Captain Blood et de The Sea Hawk.

VHS en français, enregistrée sur FR3 un soir par mon père.

Sites officiels :
- http://www.errolflynn.net
- http://www.inlikeflynn.com
- http://www.powell-pressburger.org

[1] Presque aussi mythique que Freddie Francis, chef op. de David Lean. (Une version télé datant de 1984 et réunissant Michael York et Timothy Dalton a aussi vu le jour.)

aka Le Vagabond des Mers, en France à l’époque bénie de La Dernière Séance !! Merci Monsieur Eddy Mitchell | UK | 1953 | Un film de William Keighley | D’après le roman de Robert Louis Stevenson | Avec Errol Flynn, Roger Livesey, Anthony Steele, Beatrice Campbell, Yvonne Furneaux, Felix Aylmer, Mervyn Johns, Charles Goldner, Jacques Berthier, Francis De Wolff, Charles Carlson, Ralph Truman, Moultrie Kelsall, Gillian Lynne
Justice
Flapping in the Middle of Nowhere
Los Hongos
L’homme des foules
Hill of Freedom
Une vie simple
Dream Maker
Red Room 2
Sahara
The Matrimony
Land of the Dead
Amer Béton
Akame Shijûyataki Shinjûmisui
Love Song for a Rapper
Himalaya, le chemin du ciel
A la dérive
Cannes 2003 - Asie du sud-est : le sous-continent perdu ?
13 Assassins
The Haunted Cop Shop 2
Aruthimetto Kuraishisu - Kaneda Ichiko no A.BU.NA.I Shigoto
Secret Tears
Le cheval de Turin
Alleycat Rock : Sex Hunter
Shura
Danny the Dog
Ryû ga gotoku : gekijô-ban
Say Yes
U-Man
Le Lézard noir
Ju-on