The Mighty Peking Man

Danny Lee joue les archéologues et rencontre le cousin chinois de King Kong...

Akatomy a parfaitement raison, je ne résiste pas aux soirées bis de la Cinémathèque. C’est effectivement le moyen de voir des films qui ont enchanté le public des cinémas de quartier il y a quelques années, des films souvent un peu fous, voir barrés, un peu ridicules aussi (là je suis gentil), qui se permettent des scènes proprement impensables de nos jours. Des films, il faut bien l’avouer, qui nous font beaucoup rire (c’est un plaisir coupable, mais on est aussi là pour ça) mais qui finalement finissent avec le temps par devenir cultes. Ca tombe bien, The Mighty Peking Man est tout cela à la fois.

Un promoteur (véreux évidemment) décide de monter une expédition afin de capturer un singe géant qui serait apparu dans l’Himalaya quelques années auparavant. Pour mener l’expédition, il fait appelle à Johnny (Danny Lee - The Killer, The Untold Story ; mais aussi Dr Lamb en tant que réalisateur), archéologue qui vient de rompre avec sa copine ( !!!) et qui noie son chagrin dans l’alcool. L’expédition tourne très vite à la catastrophe, plusieurs membres sont tués et le promoteur décide de renoncer, et s’enfuit dans la nuit en laissant Johnny seul. Alors qu’il cherche un moyen de retrouver la civilisation, il est attaqué par le singe géant. Il est alors sauvé par une jeune sauvage occidentale prénommée Samantha (Evelyne Kraft - une actrice suédoise ???), qui vit dans la jungle depuis qu’elle est toute petite, et possède un lien affectif avec le singe...

Réalisé par Ho Meng-Hua (Les Griffes de Jade est son film le plus connu), Mighty Peking Man est tout simplement une version chinoise du film King Kong, mais aussi la seule et unique tentative de "kaiju eiga" (film de monstres dont le Japon est le meilleur représentant) produite à Hong Kong (ce qui en fait déjà une vraie curiosité, n’est ce pas !!!).

L’histoire est très fidèle à celle de King Kong, et reprend donc tous les éléments classiques que nous connaissons déjà : l’expédition à la recherche du monstre, le monstre ramené dans le monde dit civilisé, son évasion et sa mort au sommet de la plus grande tour de la ville...
La plus grande différence se situe surtout au niveau des rapports qu’entretiennent le singe et l’héroïne. Dans The Mighty Peking Man, le monstre éprouve un amour paternel et même plus pour la jeune femme, puisque Samantha a été recueillie toute jeune par Woo Tan (le nom du Singe) - après un accident d’avion dont elle fut la seule survivante - et que le singe l’a élevée comme son enfant.
L’amour est même le moteur principale de l’action et dicte chaque acte important de l’histoire. Ainsi, l’amour de Sanantha pour Wotan va être parasité par l’arrivée du personnage de Danny Lee, puisque Samantha en tombe amoureuse et accepte de le suivre. Elle arrive même à convaincre Woo Tan de les accompagner (c’est la première fois que le singe n’est pas capturé de force).
De même, un peu plus tard dans le film, le singe entrera dans une colère monstre (trop facile) et finira par s’échapper non pas à cause de l’excitation des gens autour de lui, mais parce qu’il verra Samantha être victime d’une tentative de viol de la part du promoteur (décidément pourri jusqu’à la moëlle). Cet "amour" est omniprésent jusqu’au final du film, qui montre Danny Lee et Woo Tan essayant tous deux de sauver Samantha à leur manière face aux hélicoptères et aux bombes de l’armée.

Mais évidemment ce qui rend The Mighty Peking Man si attractif, vous vous en doutez, c’est son côté bis assumé et son lot de scènes improbables. Cela commence très fort dès le début du film avec notre pauvre Danny Lee qui accepte la mission alors qu’il est à moitié bourré. Suivent des scènes de jungle bien classes comme on les aime, un primitif qui se bat avec un tigre pour de vrai, le même indigène qui d’un coup de dent se fait arracher la jambe. Nos aventuriers qui tombent d’une montagne - enfin ce sont surtout des mannequins (les pauvres). Notre Samantha chérie qui vit dans la jungle (dans une petite tenue qui montre le bout d’un de ses seins), mais qui est maquillée comme un top model... Sans parler des animaux qui sont tous ses amis (un léopard n’hésitera pas à tuer un serpent qui a mordu sa maîtresse), des flash-backs sur la plage suivis d’une bonne scène de Vaudeville - "Ciel ma copine dans un lit avec mon propre frère". Cette même copine, qui avouera plus tard qu’elle a fait cela pour un job à la TV (mais où vont-ils chercher tout cela ?). Puisque l’on parle amour, n’oublions pas Johnny et Samantha faisant l’amour sous les regards du singe, qui finit par bouder dans son coin ; de la joie des deux même d’être ensembles (au ralenti, bien sûr) exprimée par Samantha qui prend sa panthère sur ses épaules tout en tournant sur elle-même.

Ajoutez une chanson canto pop en plein du milieu du film, des dialogues en français des plus réjouissants (Danny Lee à son frère "Je te présente Samantha, je l’ai ramenée de la jungle") et plein d’autres choses que je vous laisse découvrir par vous même - et vous comprendrez tout le charme qu’un film comme The Mighty Peking Man possède.

Je ne peux finir cet article sans vous parler des effets spéciaux. Le singe est une déception, puisque l’on devine l’homme sous le masque, en particulier au niveau des yeux. Par ailleurs, certains caches et autres rétro-projections paraissent datés. Il faut par contre signaler le travail admirable apporté aux maquettes. Dues à plusieurs équipes japonaises qui ont travaillé pour la Toho, et notamment sur Godzilla, les scènes où Woo Tan attaque Hong Kong et détruit les immeubles qui lui barrent le chemin sont réellement impressionnantes. Elles sont d’ailleurs le clou du film avec bien sûr l’arrivée des tanks, puis des hélicoptères qui criblent le singe de missiles et font de The Mighty Peking Man un véritable "kaiju eiga" qui rappelle les meilleures productions nippones.

Film d’aventure, film de monstre, film d’amour, ou tout cela à la fois, The Mighty Peking Man est surtout un film fou comme on n’en fait plus aujourd’hui. Une bonne occasion pour ne pas le rater.

PS : Je tiens à remercier le magazine HK pour les informations qui m’ont permis d’écrire cet article.

Torrente Wong | 3.04.2003 | Hong Kong

Le destin fait parfois bien les choses, The Mighty Peking Man vient juste de sortir dans la collection Shaw Brothers de Celestial Pictures (format respecté, image remasterisée). Malheureusement sans la superbe version française. (Il est aussi disponible en zone 1 grâce à Tarantino et Rolling Thunder Pictures.)

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