The Most Terrible Time in my Life

The coolest detective in the world is Japanese ; his name is Hama. Maiku Hama...

Maiku Hama (oui, oui...), un ex-délinquant reconverti en détective privé, exerce au dessus d’une vieille salle de cinéma de quartier. Il vit sa vie "pépère", lorsqu’un serveur taïwanais répondant au nom de Hai-Ting, rencontré dans un "café" à Mah-jong, lui demande son aide afin de retrouver son frère disparu. Maiku flaire alors un moyen qu’il pense facile et rapide pour se faire de l’argent, et ainsi payer les études de sa petite sœur... Oui mais tout ceci était sans compter l’arrivée des yakuza et des triades, qui vont compliquer la tâche de notre anti-héros embrigadé malgré lui dans des histoires de vengeances fratricides...

Waga Jinsei Saiaku no Toki, connu aussi sous le titre The Most Terrible Time in My Life, est le premier volet que compte la trilogie des aventures du détective de Yokohama, Maiku Hama. Hommage non dissimulé aux films noirs américains, WJSnT n’hésite pas à lorgner également du côté de l’univers de Seijun Suzuki, la présence de l’immense Jo Shishido ne venant que confirmer cette idée.

Alors voilà le type même de film auquel l’adjectif jubilatoire se doit d’être associé ; personnages tout droits sortis d’une bande-dessinée, tous plus barrés les uns que les autres, on ne peut que très vite s’attacher à Maiku et ses "amis", des gens très pittoresques et finalement assez déconnectés de la vie réelle... Cet univers culte, nous le devons au génial Kaizo Hayashi ; né en 1957, le réalisateur de l’immense Zipang (1990), à qui l’on doit également Yume Miruyoni Nemuritai (1986), Ni Ju Seiki Shonen Dokuhon (Circus Boy /1989), Umihôzuki (The Breath /1995), ou plus récemment l’adaptation du manga de Tsukasa Hojo, Cat’s Eye (1997). Expatrié à Los Angeles, il y travaille sur un projet entièrement tourné en anglais... étrangement, la dernière chose qu’il ait réalisé sont des épisodes de la série TV Power Rangers Time Force (2001). Sous couvert d’hommage au cinéma d’une époque lointaine, Hayashi parvient à créer un univers à la fois anachronique et ancré dans son époque en mêlant son humour décalé et une mise en scène parfois à la limite de la syncope... très efficace. Quelques "expérimentations" graphiques sont également de mise, comme par exemple lors de cette séquence de bagarre dans laquelle chaque coup reçu par un personnage se traduit par une déformation de l’image, grâce à l’emploi de lentilles anamorphiques. Et puis l’utilisation du noir et blanc nous transporte dans un monde de fiction, comme je le disais plus haut, très proche de l’imagerie manga.

C’est l’excellent Masatoshi Nagase qui prête ses traits à Maiku Hama ; acteur apprécié à l’étranger (Mystery Train de Jim Jarmusch, Cold Fever de Fridrik Thor Fridriksson), mais également par ses congénères nippons (Shinde Mo ii, Gojoe, Party 7, Stereo Future). A noter parmi le casting du film, Shinya Tsukamoto - réalisateur des Tetsuo, Tokyo Fist, Gemini,... - dans le rôle d’un yakuza psychopathe, et le rôle récurrent dans la serie Hama Maiku de Joe Shishido (Yaju no Seishun /La Jeunesse de la bête, Koroshi no Rakuin /Branded to Kill) en sensei, ou en mentor si vous préférez, de notre héros.

Maiku Hama est donc le héros d’un triptyque [1] dont chaque partie fut réalisée par Kaizo Hayashi. Il agit plus souvent sur des coups de têtes que de manière réfléchie, mais c’est ce qui fait son "charme", d’autant plus que les ennuis qu’il s’attire ne partent jamais de lui, mais de sa sale habitude de vouloir aider les plus faibles et de son profond mépris de l’injustice... philanthrope forcené ? Bipède primaire décervelé ? Maiku Hama est peut être tout simplement le héros du XXIème siècle...

Kuro | 29.11.2001 | Japon

DVD | For Life | NTSC | Zone 2 | Format : 2:35 - 4/3 | Images : Un pressage honnête, qui avait tout à gagner d’un pressage anamorphique... "honnête", c’est moins bien que "bon"... | Son : Une excellente stereo ! | Suppléments : le trailer du film... rien d’autre ! Ah si, le film se clôt sur le trailer du second épisode. | Malheureusement, ce DVD ne contient pas le moindre sous-titre anglais.

La génialissime bande originale du film est disponible sur CD chez For Life (réf. FLCF-28235).

[1Les deux autres volets de la trilogie, Harukana Jidai no Kaidan o (Stairway to the Distant Past) et Wana (The Trap), furent réalisés respectivement en 1994 et 1996. Contrairement au premier, ces deux films sont en couleur.

aka Waga Jinsei Saiaku no Toki | Japon | 1993 | Un film de Kaizo Hayashi | Avec Masatoshi Nagase, Kiyotaka Nanbara, Shirô Sano, Yang Hai-Tin, Hou De-Jian, Kaho Minami, Shinya Tsukamoto, Akaji Maro, Jo Shishido, Haruko Wanibuchi, Kaho Minami, Mika Ômine, Hôsei Kondo, Masako Miyachi, Kenjin Anan, Zen Kajiwara
Désirs volés
The Bodyguard
Antiporno
Dernier train pour Busan
Hôtel Singapura
Les Garçons de Fengkuei
Electric Dragon 80 000 V
Dracula, pages tirées du journal d’une vierge
Chalte Chalte
Visible Secret
Initial D
Juvenile
Assassination
Talk to Her
I Not Stupid
Lady Snowblood
Address Unknown
Beast Detective
Taal
Monsterz
The Agent
Robot Palta
The Tracey Fragments
Throw Down
Elektra
Wolf Creek
Yôichi Higashi
Eros : The Hand
Dante Lam
A Woman’s Work