The Razor 3 : Who’s got the Gold ?

Un film dur pour les hommes qui en ont une grosse...

Onibi et Mamushi, les deux fidèles serviteurs/adjoints d’Itami Hanzo, font une rencontre effrayante : un fantôme les a chassé de leur lieu de pêche habituel. Apeurés comme de frêles fillettes, ils rapportent les faits au plus grand flic du Japon, leur maître. Incrédule, Hanzo ne tarde pas à découvrir le pot aux roses, le fantôme n’est en fait que la femme de l’un des gardes de l’or du Shogun, censée éloigner les curieux pendant que le trésor de l’Etat est dérobé. Muni de sa gigantesque volonté, Hanzo remonte la piste jusqu’à Ishiyama, virtuose du koto, et son maître d’armes Bansaku. Mais en fouillant, en grattant un peu plus la corruption prend une autre dimension, quand le conseiller Hotta, le numéro 2 du shogunat, et sa femme sont mis en cause.

« I am the Law !!! » Judge Dredd.

Zatoichi était un personnage des plus intransigeants, mais il faut avouer qu’Hanzo reste à la limite de l’abject, n’obéissant qu’au texte de loi écrit pas ses soins. Faisant fi de toute autorité : celle du Haut Commissaire Magohei (qu’il surnomme serpent), celle du Ministre des Finances dans Hanzo 2 ; de tout respect : les liens intimes qu’il entretient avec la femme du conseiller Hotta ; de toute moralité : interrogatoire par violente pénétration et supplice de la toupie ; Hanzo Itami est tout puissant et reste le seul défenseur du peuple, celui qui le comprend le mieux et qui est mieux au fait de savoir ce dont il a besoin pour vivre en toute sécurité. Ainsi quand il est sommé d’arrêter Sugino Genan, ancien médecin devenu paria depuis qu’il est adepte de l’occidentalisation militaire, Hanzo préfère l’écouter plutôt que de l’incarcérer, et ce malgré les ordres émanant directement de sa hiérarchie.

« Mais que va faire le patron avec ce canon, il a déjà son gros machin ?! »

Au dire de Genan, si le Japon ne prend pas le train en marche de la révolution industrielle du 17ème Siècle [1], il s’enlisera et devra faire face à de multiples envahisseurs. Hanzo le pense aussi, et décide de cacher le militant scientifique tout en obtenant de lui la construction d’un canon, capable d’envoyer non plus de simples boulets mais des charges explosives, et accessoirement objet pouvant convaincre les hautes instances du pouvoir de sa bonne foi. Bravant une nouvelle fois les autorités il promet de livrer le fuyard Genan d’ici un mois et si jamais il faillit, il se suicidera selon le rituel qui lui a valut de perdre son père.

« Le grand film du nouvel an. » [2]

Itami Hanzo apparaît pourtant un rien assagi à maintes reprises dans ce troisième opus des aventures du joyeusement bien membré policier d’Edo. La relation qu’il entretient avec Serpent Magohei est devenu plus un jeu qu’un véritable combat de coqs. Hanzo se sait plus fort et plus vertueux que cet animal rampant, tandis que ce dernier, n’arrivant toujours pas à brider son meilleur élément, lui laisse appliquer la loi comme il l’entend. Cette relation mêlée de peur et de domination s’est maintenant muée en taquinerie quasi amicale. De même que Mamushi et Onibi ( ??!!), les deux suivants d’Hanzo, sont devenus complètement admiratifs devant la satiété de leur sauveur et ne parviennent même pas à le quitter, se permettant d’ailleurs de le singer par leurs mimiques et leurs gentilles attaques verbales.

Alors Hanzo est-il finalement devenu un ramolli ? Est-il enfin apaisé ? Ou bien sommeille-t-il quelque part en lui une fougue exceptionnelle, que seule l’injustice et le vice des plus hauts dignitaires de la ville pourra réveiller ? Car au bout du trajet spirituel et complexe d’Hanzo, se trouve bel et bien la voie du nouveau Samouraï, celle des justes, celle des redresseurs de torts, celle des assoiffés de justice, celle du bien, celle d’Itami Hanzo.

Takeuchi | 3.05.2006 | Japon

VHS et LD édités par Animeigo dans la collection Samurai Cinema.

Hanzo 2 et 3 viennent tout juste de sortir chez Wild Side, dans des copies magnifiques au format respecté et sous-titrées en français. Quelques suppléments : des entretiens, un petit doc sur les productions Katsu, et un autre sur les jidai-geki.

[1Denis Papin et sa machine à vapeur en devinrent le symbole principal.

[2Phrase inscrite en premier et en énorme dans le trailer.

aka Goyôkiba : Oni no Hanzô yawahada koban - Haunted Gold - Hanzo The Razor : La chair et l’or | Japon | 1974 | Un film de Yoshio Inoue | Avec Shintarô Katsu, Kô Nishimura, Mako Midori, Mikio Narita, Asao Koike, Daigo Kusano, Keizo Kanie, Hiroshi Nawa
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