The Return of the Street Fighter

"Le karaté c’est tuer ou être tué."

Takuma Tsurugi est de retour. Son emploi du jour : rendre muet un témoin capital pouvant devenir très gênant pour une certaine “mafia occidentale”. Une fois quelques cordes vocales sectionnées, Takuma, assisté de Bécasse, une jeune fille à couettes, doit remplir une nouvelle mission : éliminer Masaoka, un karatéka bedonnant renommé et accessoirement un grand ami de son père défunt (au passage dans le premier Street Fighter les deux hommes ne sont censés que s’être rencontrés, mais bon passons !!).

Evidemment le fougueux Tsurugi refuse catégoriquement et doit maintenant se défendre contre les assauts répétés de l’organisation criminelle la plus puissante du Japon : la mafia italienne ( ??!!!). D’autant plus que le parrain s’est offert les services de l’ennemi juré de Takuma, revenu d’entre les morts...

"Beware the hippie."

Quand au bout de 60 minutes de métrage, le spectateur se rend compte qu’il s’est tapé au moins 15 à 20 minutes de flashback, il se pose des questions existentielles. Shigehiro Ozawa qui nous avait tant comblé dans le premier opus - un vrai film d’exploitation - s’est largement fourvoyé dans du grand n’importe quoi, du guignol même pas burlesque et carrément ennuyeux.

Les stock-shots sont légions et rendent le tout indigeste, surtout quand vous visionnez les deux films à la suite. En fait ce Satsujin ken 2 n’est qu’une gigantesque tromperie sur marchandise, une fumisterie ne surfant que sur le souvenir du Street Fighter, qui fleurait bon les 70’s, la violence, la misogynie, le machisme et les crachats gutturaux de Sonny Chiba.

Et puis parfois, parfois, Ozawa, artisan-tâcheron de la Toei, tente quelques petites choses qui malheureusement tombent entièrement à l’eau. La scène où Takuma est allongé sur un lit installé dans les égouts prouvant ainsi qu’il est bel et bien un Deros et que son vrai nom est Marebito Tsurugi, se voit désamorcée par un “mangeage” de banane (Dean Sheik où est ton orange ?!) suivi d’une “auto-aspersion” de vin blanc pour se mettre sur pied. Ou encore l’arrivée de la nouvelle recrue de Don Costello (ça on en parle juste après !!), un combattant du Moyen-Orient, ponctuée par la phrase : « C’est le meilleur karatéka arabe !! » ; sublimant ainsi l’idée du dialogue le plus original de la décennie, en attendant qu’un scénariste place enfin son : « C’est le meilleur maçon allemand !! »

" - Un pronostic, Clubber ?
- Une boucherie !!
" Rocky 3

Satsujin ken 2, en plus de n’être déjà qu’une resucée de Bruce Lee, n’est qu’un court-métrage fait par un assistant réalisateur de second ordre qui fut inspiré, un jour, et ne servit qu’à alimenter la gloire grandissante d’un Sonny Chiba qui joue comme il peut, par intermittence.

Et pourtant on regrette qu’il n’y ait pas de véritable histoire derrière tout ça. Ce n’est pas faute d’avoir mis deux scénaristes au boulot pour livrer cette invraisemblable fable d’une cabale envers un homme seul et trahi par ses proches, affrontant une troupe d’acrobates de cirque dirigée par un beatnik, devenu depuis peu synonyme de mafieux. Et puis qu’est-ce donc que cette mafia italienne qui a pignon sur rue et possède la main mise sur le crime ? Où est passée la pègre japonaise dans cet imbroglio ? Les oeillères n’avaient pas lieu d’exister à l’époque. En 1974 les yakuzas avaient été vulgarisés à maintes reprises au cinéma. Stupidement, l’impression majeure est que la Mafia est délibérément représentée de manière évasive : la menace vient d’ailleurs et surtout pas de chez nous. A moins que les producteurs, les scénaristes et/ou la Toei ne soient pas au courant de l’existence d’un crime organisé chez eux, accusant allégrement la pègre étrangère de tous leurs maux... Non vraiment, de qui se moque-t-on ?

Le morceau de choix du film serait vaguement la scène finale, éclairée à coup de lampes torches, qui nous égaye un peu. Il faut avouer que l’ennui était jusque là assez ferme, à part une séquence tournée dans un sauna, où l’on voit un Sonny Chiba hilare quand on lui demande si c’est la pratique conjuguée du ping-pong et du badminton qui lui a forgé ce corps d’athlète.

Takuma Tsurugi, bien qu’ayant l’œil du tigre, a au final perdu de sa superbe et ça c’est bien dommage. Satsujin ken 2 est une suite désespérée d’un chef-d’œuvre de l’exploitation sans concession, d’un portrait d’ordure de la pire espèce, qui maintenant est devenu justicier.... beuuuuuurrkkkk !!!

Takeuchi | 28.04.2006 | Japon

Edité en DVD zone 2 par HK Video dans le coffret comprenant les 3 Street Fighter ainsi que Sister Street Fighter. Le tout est sous-titré en français.

aka Satsujin ken 2 | Japon | 1974 | Un film de Shigehiro Ozawa | Avec Shinichi Chiba, Claude Gannyon, Yôko Ichiji, Masafumi Suzuki, Zulu Yachi, Masataka Iwao, Kô Tanaka
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