The Sniper

SDU returns !

En patrouille avec son coéquipier, OJ, simple flic, intervient par inadvertance dans une opération de surveillance des snipers du SDU. Arme au poing, il déclenche une violente altercation où il brille par l’exécution précise d’un tir dicté par l’un des snipers, prouvant qu’il a ce qu’il faut pour rejoindre les meilleurs joueurs de Counter Strike : la capacité à livrer un head shot mortel sur commande. OJ donc, tombe le t-shirt et, d’un simple pantalon treillis vêtu, fait reluire son torse en maniant le fusil de précision, travaille sa respiration pour aspirer au niveau de Hartmann, seul sniper capable d’exécuter un tir à la tête en vent contraire à 500 mètres de distance. Si Hartmann squatte la première place toutefois, c’est uniquement parce que Lincoln, son ancien partenaire – d’armes, nous sommes d’accord, en dépit de l’esthétique très homo-militaire du film – s’est retrouvé en taule suite à une insubordination ayant coûté la vie à un civil. Seulement voilà : Lincoln sort de prison, il estime avoir été condamné à tort, et il entend bien faire payer au SDU dommages, intérêts et même quelques bénéfices pour son temps au trou et sa radiation de l’ordre des torses huilés.

Il peut ressortir du résumé ci-dessus un ton quelque peu second degré ; ne doutez pas toutefois, que d’une certaine façon The Sniper a su conquérir mon affection. Peut-être parce que, éternel hédoniste que je suis, je serai ravi de revoir Michael Wong pénétrer dans une pièce tout en SWAT vêtu, hurlant ces trois lettres caractéristiques du sitcom d’action de l’ex-colonie : SDU.

The Sniper en effet, est une petite machine à remonter le temps qui nous renvoie à l’époque où Gordon Chan notamment – qui se voit désormais refuser la paternité intégrale de Beast Cops au profit partagé de Dante Lam – s’intéressait à des groupes d’individus, membres de la police ou autres troupes d’élite, leurs relations et leur dose quotidienne de drames plus ou moins anodins, se nourrissait de leur contexte socio-relationnel pour transcender des trames simples et converger vers des scènes d’action explosives. Une construction que l’on retrouve ici quasiment à l’identique, qui fait de son héros annoncé un rouage secondaire d’un triangle dont il est exclus, de son bad guy une opposition justifiée, de son meneur une entité trouble.

Le film de Dante Lam, noyé dans l’après Edison Chen – un scandale people qui fera date dans l’industrie cinématographique de la HKSAR – depuis plus d’un an, appartient donc à un genre révolu, qui fera sourire les nostalgiques sans pour autant les ravir (le caractère humain du film, souffrant de nombreuses zones d’ombre, est moins bien géré que dans Final Option ou Beast Cops), et laissera certainement les néophytes perplexes. Ceux-là se demanderont certainement si l’esthétique homo-métallique à la 300 du film est réellement premier degré, si la bande son n’est pas ridicule, et, du coup, si le retrait d’OJ, le sniper underdog incarné par Edison Chen, est réellement volontaire, comme l’affirme Dante Lam, ou conséquence des frasques sexuelles de l’acteur.

La construction du film, et le déséquilibre de la gestion de ses protagonistes, est cependant certainement l’une de ses caractéristiques les plus intéressantes, plaçant le jeune prodige en observateur de maîtres tout en justifiant, par l’aptitude, son insolence fougueuse. Certes, la trame est cousue de fil blanc – comme la folie affective de Lincoln – mais elle fonctionne, pour peu que l’on joue le jeu du côté Calibre Mag de The Sniper. D’autant que les scènes d’action sont efficaces – l’altercation dans l’ascenseur, le final dans l’entrepôt – même si l’on s’attendait à ce qu’OJ ait l’occasion de réaliser le tir à 600 mètres qu’il convoite, et que le réalisateur exploite un peu plus la topographie HK, notamment sa verticalité. Vous l’aurez compris : c’est donc une affection particulière - sachez que mon ami Julien Sévéon la qualifie de déviance - qui m’encourage à vous recommander The Sniper, toute de subjectivité teintée. Reste que derrière cet édifice quelque peu instable, la démarche de Dante Lam, visant à retourner à un cinéma HK doté d’une véritable identité locale, est aussi louable qu’elle respire l’honnêteté, rétrograde et maladroite.

The Sniper a été diffusé en exclusivité mondiale lors de la 11ème édition du Festival du film asiatique de Deauville (2009), dans le cadre de la compétition Action Asia.
Disponible chez Wild Side Video en DVD et Blu-ray à partir du 7 avril 2010.

N’hésitez pas à aller lire notre interview du réalisateur Dante Lam ! !

aka Snipers, Tireurs d’élite - Sun Cheung Sau | Hong Kong | 2009 | Un film de Dante Lam | Avec Richie Jen, Huang Xiaoming, Edison Chen, Wilfred Lau
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