The Spiral

À quelques jours de la sortie de The Ring 2 sur nos écrans, j’ai décidé de me replonger non sans une certaine appréhension dans les mystères qui entourent le personnage de Sadako en regardant The Spiral, adaptation cinématographique de Double Hélice. Pour les retardataires du fond, un bref rappel : Double Hélice est le deuxième volet de la tétralogie littéraire Ring que l’on doit à l’écrivain japonais Koji Suzuki. Dans les années 90, tandis que l’adaptation cinématographique du premier opus de la saga était confiée au réalisateur Hideo Nakata, c’est Joji Iida, co-scénariste de l’adaptation télévisée Ring : Kanzenban, qui héritait de sa suite, Double Hélice, pour une sortie simultanée au Japon. Au final, le film de Nakata a suscité la déferlante que nous connaissons aujourd’hui tandis que The Spiral est resté dans l’ombre.

Pour un film de commande, il faut bien avouer que l’angle d’attaque choisi par Joji Iida se prêtait beaucoup moins au succès que la terreur mécanique construite par Nakata et Kawaï. Certes, Double Hélice est une œuvre exceptionnelle, mais elle est aussi particulièrement dense, comporte de nombreux passages narratifs et nécessite d’avoir lu Ring pour en apprécier tout l’impact. Du coup, le travail d’adaptation nécessaire pour produire un scénario indépendant et efficace s’avère conséquent ; c’est sur ce premier point que The Spiral présente ses principaux défauts. Inégalité du rythme, raccourcis ambigus, confusion des personnages surnaturels...

Ayant été produits en parallèle, Ring et The Spiral comportent quelques similitudes dans leurs distributions : Hiroyuki Sanada reprend le rôle de Ryuji Takayama, Miki Nakatani (Ring, Ring 2, Chaos) reprend celui de Mai Takano... Ils arrivent à sauver quelques meubles mais on sent bien que la matière qui leur est offerte n’est pas vraiment actor-friendly. Par contre, la prestation de Koichi Sato (Gonin) dans le rôle d’Ando Mitsuo, principal protagoniste du film, contribue au poids de l’intrigue. Mention spéciale aux courtes apparitions de Hinako Saeki (Uzumaki, Misa the Dark Angel) qui incarne une variation sensuelle et malsaine de Sadako Yamamura, bien plus proche du personnage de la saga littéraire.

Passons à la réalisation. N’étant pas familier avec les autres œuvres de Joji Iida comme Night Head ou Another Heaven, je ne peux juger en connaissance de cause, mais son travail sur The Spiral laisse perplexe : entre transitions hasardeuses et séquences pesantes, la réalisation ne brille pas et peine même à s’effacer. Quant à la bande originale, loin de vouloir rivaliser avec le talent déployé sur Ring par Kenji Kawaï, elle nous sert des thèmes synthétiques, proches de ceux des productions HK, sur un mixage effectué à la va-vite.

Sur les cendres de cet article, je vais perpétuer l’esprit de Sancho et trouver un point positif qui mériterait (presque) que l’on s’attarde sur The Spiral. En effet, le film comporte une scène qui n’est autre que le contre-champ de la scène finale de Ring ; celle-ci faisant involontairement appel à notre mémoire inconsciente, elle provoque une légère terreur en écho, et peut-on trouver plus délicieusement atroce que de laisser à notre imagination le travail représentatif de Sadako sur les réminiscences de sa première apparition ?

En dépit de ce moment particulier, je ne m’aventurerai pas à encourager la vision de The Spiral. C’est dit. En revanche, consacrer le même temps à commencer la lecture de Double Hélice me semble être une option bien plus agréable qui devrait marquer tout(e) inconditionnel(le) de la saga. Bonne lecture !

J-Me | 30.03.2005 | Japon

The Spiral est disponible en DVD zone 2 PAL en Angleterre ; copie anamorphique, bande son 2.0 et sous-titres anglais.

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